3.5/10

Ze Film

Mise en abyme : Des jeunes qui font un film sur des jeunes qui font un film. Les américains étaient déjà passés dans le registre des « fondus sans pognon lancés dans le cinéma », pour Bowfinger Roi d'Hollywood. Et naïvement, on s'imaginait déjà avoir une alternative à la française, avec la petite touche « banlieue » qui aurait pu faire la différence. Oui, raté, je sais, pas la peine de me le rappeler. Mais dans tous les cas, on peut dire que ça clôture ‘achement bien un mois de février vraiment déglingué...

Par un faste concours de circonstances, Toxic parvient le plus naturellement du monde à subtiliser une camionnette remplie de matériel professionnel destiné au tournage d'un film. Une aubaine pour Kubrick de Bobigny, qui rêve depuis ses premières couches à faire « The Film », le métrage qui prouvera à la face du monde qu'il a du talent. Peut-être aussi un moyen de conclure avec la jolie Soraya, qui sait...

Pas compliqué pour faire un film de ouf, suffit d'avoir le matos. Une caméra en 35mm, les bobines qui vont avec, un micro, une perche, un clap, une dolly, Soraya, sa mère, son frère, et c'est le bonheur ! Ah j'oubliais, il faut quand même un scénario. Pas d'embrouilles, le problème est résolu en deux coups de stylo : Roméo & Juliette à Bobigny, degré light pour l'intrigue, degré hard pour les dialogues. Rigolez pas, l'histoire est nettement plus crédible que Ze Film en lui-même. « O pauvre crédibilité, toi qui nous regarde de si haut, pourquoi ne t'attardes tu point sur nous autres, pauvres mortels sans idées ? » La vie de ma mère, je me demande encore où sont passés les une heure quarante minutes de métrage. Comme un trou noir, avec plein de petites idées complètement dilatées, donc plus volumineuses ; tellement dilatées qu'il n'y avait même plus besoin de justifier les points névralgiques du scénario. L'histoire d'amour avec Soraya ? Le montage du film ? Le fameux matériel volé dont manifestement tout le monde se fout ? Dominique Pinon ? Flou tout ça, tellement flou que l'on aimerait avoir un personnage du calibre de Clément Sibony à côté de soi en permanence, un de ces types qui entravent grave tout à tout, et principalement aux films un peu abstraits. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on évite plutôt proprement le stéréotype de la Battlefield Cité et des policiers ultra-crétins des productions Besson (bin ouais, z'aviez pas vu le EuropaCorp ?). En lieu et place, une comédie pas drôle, inutile de dire qu'on y gagne au change.

Des jeunes graves motivés qui se font un film avec du matériel volé, sans peur du lendemain. Ca vole pas très haut, ça véhicule pas grand-chose, et ça ne déride pas non plus. Mention tout de même à Dan Herzberg, interprète de Toxic, irréprochable dans le registre « tête d'attardé » qui séduit les mains dans les poches.

P.S. : Je remercie Paul Runner, il se reconnaîtra, d'avoir assisté à cette séance en ma compagnie, après moult insistances.

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