5.5/10

You kill me

Le manque d'abus nuit au cinéma

Certains réalisateurs ont des spécialités. John Dahl, dont la filmographie contient des titres comme Last seduction, Red Rock West et Kill me again, est clairement porté sur le polar. Ce nouveau film n'échappe pas à la règle, si ce n'est qu'il combine le film de gangs à la comédie romantique, avec un bonheur finalement assez discutable...

Frank Falenczyk (Ben Kingsley) est tueur à gages pour le clan polonais de Buffalo. Mais il est tellement porté sur la bouteille qu'il lui arrive de s'endormir dans sa voiture au lieu d'exécuter ses contrats... On l'envoie donc à San Francisco suivre un programme d'Alcooliques Anonymes. Pendant ce temps, à Buffalo, la situation se dégrade...

Ben Kingsley et Téa Leoni
Ben Kingsley et Téa Leoni
En soi, l'intrigue pouvait prêter au meilleur comme au pire. Les scénaristes tentent depuis huit ans de porter leur bébé à l'écran, on peut donc supposer qu'ils croyaient à son potentiel. En tant que spectateur, on pense vite à Mafia Blues (premier du nom, pas son horrible suite), avec son truand impitoyable en pleine crise d'identité. La plongée dans l'univers des Alcooliques Anonymes, et le scepticisme cynique du personnage de Ben Kingsley, renvoient directement à l'attitude d'un De Niro dans le cabinet de psy de Billy Crystal. Mais si Harold Ramis est un habitué de la comédie, capable d'y verser des éléments fantastiques ou policiers, John Dahl de son côté se révèle studieux et maladroit dans ce domaine, oubliant du même coup de ficeler sérieusement l'aspect policier.
Le casting est de qualité, bien que Dahl ne sache pas trop comment l'utiliser (voir le rôle totalement inutile de Luke Wilson, qui aurait pu disparaître au montage sans que personne ne s'en rende compte). On retrouve notamment Bill Pullman dans un rôle vaguement odieux ; pour la petite histoire, Pullman a été le professeur d'art dramatique de John Dahl dans les années 80.

Sans être vraiment désagréable, le film est gentillet et mou du genou, s'interdisant tous les excès qui auraient pu le rendre divertissant. La romance entre Kingsley et Téa Leoni, bien qu'improbable, parvient toutefois à convaincre suffisamment pour qu'on s'attache à leur destin.
Au final, on retiendra surtout cette scène où Frank déclare à un parterre d'Alcooliques Anonymes qu'il est tueur à gages, sans susciter de réaction particulière de leur part. Il y avait sans doute pas mal à dire sur un pays où il est interdit de fumer dans les lieux publics et de boire avant 21 ans, mais où la détention d'armes à feu ne choque que Michael Moore. You kill me passe peut-être à côté de son sujet, mais au vu de la consensualité du film, on peut douter de la position que John Dahl aurait adopté...

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