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Wu Ji, la légende des cavaliers du vent

Le wu xia pian est véritablement un style cinématographique à part entière avec sa réalisation exubérante, ses couleurs vives, ses drames amoureux, ses phrases philosophiques à deux sous et ses combats d'art martiaux qui ont oublié le théorème de Newton. Wu Ji, la légende des cavaliers du vent n'échappe pas aux règles du genre en offrant tout cela, voire plus pour les amateurs d'absurde. En effet, comparé à Hero et au Secret des poignards volants de Yang Zhimou qui se révélaient très sérieux et parfaitement maîtrisés, Wu Ji part rapidement dans le grand guignolesque et devient par la même occasion beaucoup plus rigolo, même si ce n'était pas l'effet recherché. Quand on voit un mec qui dépasse en marchant à quatre pattes un troupeau de gnous lancé à toute allure, on ne peut qu'exploser de rire et penser aux parodies de Stephen Chow. Rien que pour penser à ça, le réalisateur n'a peur de rien et d'aucune honte.

On sent que Chen Kaige n'a pas envie de se cantonner au wu xia pan classique et cherche à moderniser le genre en proposant des scènes d'action très hollywoodienne. Seulement, il ne dispose pas du même budget et cela se ressent fortement lors de la fameuse course de gnous ou d'une grande bagarre en plan large à la Seigneur des anneaux. Cela ne vaut toutefois que pour la première moitié du film et les effets spéciaux grandiloquents sont mis à la trappe avec le temps. Avec son esthétisme travaillé et son action too much, Wu Ji possède un rendu intéressant et fait souvent penser à du Final Fantasy avec acteurs. Ce mélange entre wu xia pian classique et effets dernier cri est suffisamment étonnant pour que la mayonnaise prenne et le film, aux forts accents de série B, séduit par son rythme endiablé et ses chinoiseries amusantes. Toutefois, la mécanique se bloque peu avant l'heure et il faudra attendre les dix dernières minutes avant de retrouver un peu de tonus. C'est dommage que le film tombe à ce moment dans le piège des clichés du genre avec une histoire qui tourne sur elle-même et qui a du mal à prendre une autre dimension que la trame classique des amours et des combats entre trois hommes et une femme.

Au final, il ne faut pas voir avec Wu Ji autre chose qu'un joli film divertissant. Loin du lyrisme d'un Hero qu'il cherche pourtant à imiter, le film séduit davantage par son côté série B que par le drame raconté. Le mauvais jeu des acteurs et le nombre de scènes involontairement comiques y sont sûrement pour beaucoup. A apprécier au deuxième degré.

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