7/10

Woodsman (The)

Walter (Kevin Bacon) cache un terrible secret. Alors qu'il travaille dans une scierie, il est confronté aux démons de son passé...

The Woodsman est un film d'ambiances. Une oeuvre pesante, toute en gestes, regards et non-dits. Traiter du thème de la pédophilie montre de l'ambition et du courage. La scénariste-réalisatrice Nicole Kassell, qui signe ici son premier film, a choisi de ne pas jouer la carte du mystère. Le passé pédophile est rapidement révélé par les attitudes suspectes de Walter. L'adaptation de la pièce de théâtre homonyme écrite par Steven Fechter plonge le spectateur dans les troubles d'un homme déchiré entre son désir de tourner la page et ses pulsions. Kevin Bacon (Mystic River) livre une interprétation torturée où chaque expression, larme ou sourire possède un poids considérable. Le personnage de Walter déclenche une dérangeante fascination qui trouve son équilibre dans les excès de violence que lui renvoi un monde dégoûté par des actes abominables.

L'univers déprimant, dur et sombre que met en scène la réalisatrice a de quoi en refroidir plus d'un. The Woodsman reste constamment dans une atmosphère oppressante et perturbante. Avec un talent remarquable, le film parvient à exprimer la complexité de la situation de Walter. La haine que l'on ressent envers le pédophile rejoint une certaine compassion lorsque l'on s'aperçoit qu'il veut s'en sortir. A travers trois scènes percutantes, le long métrage concrétise ses montées de tension. La rencontre de Walter avec l'une de ses victimes expose la difficulté du pardon. Celle avec une victime potentielle montre une cruelle prise de conscience. La dernière avec un autre pédophile marque le début d'une avancée positive vers le regain d'une humanité morale.

The Woodsman affiche au final une lumière réjouissante. Il indique que le changement de comportement ne peut se faire qu'à plusieurs. Il montre que les actes pédophiles sont impardonnables et qu'ils marquent abominablement des victimes à jamais. Un film utile.

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12 commentaires

  • Dara

    27/03/2006 à 18h06

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    Belle critique d'un très beau film, qui, malheureusement, comme la plupart des bons films, ne passe que dans très peu de salles (12 en france je crois bien).
    On m'avait reproché sa lenteur, mais je trouve celle-ci nécessaire, car il faut encaisser un pareil sujet, certaines phrases lourdes de signification et certaines scènes particulièrement dérangeantes.
    On ne sort pas du cinéma indemne.
    Premier malaise : on se prend d'affection pour ce personnage "pédophile" et on vient à être énervé par la réaction des autres autour qui lui en veulent ou le rejettent, mais qu'on comprend.
    Deuxième malaise : on a envie de croire à une possible réinsertion, mais le film nous laisse perplexe à ce sujet, puisque même un homme qui souhaiterait s'en sortir ("Quand deviendrais-je normal, docteur ?" reste hanté par ses démons douze ans après.
    Par contre, je m'interroge encore sur le sens du titre : je vois bien à quel passage du film il fait référence, mais la réalisatrice considère-t-elle Walter comme un "bûcheron" à cause de la fin ? ou est-ce justement en référence à un personnage qui n'existe pas ? bref, j'aimerai bien avoir votre avis sans dévoiler le film...
    Reste à saluer la performance de Kévin Bacon, aussi impressionnant qu'à son habitude, et particulièrement dans des rôles d'homme torturé. Mos Def et Kyra Sedgwick sont également excellents.

    NB :

    La rencontre de Walter avec l'une de ses victimes expose la difficulté du pardon.
    Je ne vois pas du tout à quel passage il est fait référence...

  • Cineman

    27/03/2006 à 19h27

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    Totalement d'accord avec ta critique ce film est vraiment bouleversant.
    Il est principalement basé effectivement sur une atmosphère très pesante renforcée par le fantastique jeu d'acteur de Kevin Bacon , qui transcende son rôle d'homme torturé par ses pulsions pédophiles .
    Cette atmosphère nous reste longtemps après le film et c'est vrai qu' il est perturbant d'arriver à ressentir de la compassion pour cette homme .
    Mais biensur ce film n'a pas pour but d'escuser les actes pédophiles ou même de les expliquer , mais de montrer toute en finesse et en grand renfort de silences , de regards intenses , la réinsertion d'un homme qui cherche à redevenir normal .
    C'est un film ''utile '' comme l'a dit Vincent car il est rare qu'un film aborde ce thème et cela montre une grande preuve d'audace de la réalisatrice surtout pour un premier film , mais c'est avant tout un film intense , marquant , qui arrive sans artifices ni fioritures à nous prendre aux trippes de bien belle manière .
    Un véritable coup de coeur , je vous le conseille fortement !!

    Dara a dit :
    NB :
    La rencontre de Walter avec l'une de ses victimes expose la difficulté du pardon.
    Je ne vois pas du tout à quel passage il est fait référence...


    Comme Dara je ne me rappel pas non plus de cette scène , serait-ce une amnésie collective ?

  • Vincent.L

    29/03/2006 à 21h23

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    Le héros a pratiqué des attouchements sur l'un des membres de sa famille (sa nièce je crois) et ils se rencontrent au parc. La scène est filmée à distance et l'entretien ne dure pas car la fille ne peut pas oublier le passé. On comprend que ses actes ne pourront jamais être oubliés

    Maintenant, j'ai pu me tromper et tout mal comprendre mais j'espère pas...

  • Dara

    29/03/2006 à 21h29

    Répondre

    Euhhh nous n'avons pas du tout compris la même chose...

    Il n'a jamais touché sa nièce. C'était quelque peu ambigü avec sa soeur et elle lui en veut beaucoup d'être ce qu'il est puisqu'elle est maman et qu'elle n'accepte pas sa déviance. Celle-ci refuse d'abord de le voir et finit par accepter. C'est elle qu'il rencontre à la fin du film.

  • Cineman

    29/03/2006 à 22h56

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    Oui j'ai compris pareil que toi Dara
    Ce qui s'est passé avec sa soeur reste bien vague ( il nous dit juste qu'il lui sentait les cheveux ) et c'est effectivement parce qu'elle a peur pour sa fille et ne peut supporter l'idée que son frère soit pédophile qu'elle refuse de le voir . Cette magnifique scène finale ou les deux protagonistes se retrouvent enfin symbolise pour moi une notion d'espoir , une possibilité d'évolution ( tant au niveau relationnel qu'au niveau de son état mental ) , même si l'on comprend par le départ précipité de la soeur que le chemin vers la paix est encore long !

    En tout cas je le redis encore une fois c'est un TRES beau film !

  • Dara

    29/03/2006 à 23h10

    Répondre

    Je vais me répéter, mais ça m'intrigue... Comment comprenez-vous le titre ?

  • Cineman

    29/03/2006 à 23h36

    Répondre

    bah moi je l'ai compris dans le sens ou Walter bosse dans une usine spécialisée dans le bois ...on le voit à plusieurs reprises couper et travailler cet élément Il construit même une table pour sa soeur , que son beau-frère lui ramène aussitôt , si c'est pas de l'ingratitude ça quand même ) Le bois représente quelque chose de fondamental pour Walter : il symbolise son travail , sa capacité de réinsertion , il l'empêche de trop penser à ces pulsions ( comparé aux moments d'angoisses et de terreurs lorsqu'il se trouve tout seul chez lui ) et finalement lui permet de se reconnecter un peu avec la réalité et de se sentir normal , encré dans la société , comme tout travailleur et même comme tout homme en général !
    Alors le bois étant un élément tellement important dans ce film , la réalisatrice a peut-être choisis de le faire transparaitre dans le titre et donc de qualifier Walter de bucheron , afin de rendre ce symbole encore plus fort . Voila c'est peut-être à coté de la plaque mais c'est comme ça que je l'ai ressentit !

  • Anonyme

    30/03/2006 à 13h24

    Répondre

    Parait que le titre prend toute sa signification à la fin du film ... enfin c'est ce que j'ai lu...

    Par contre comme disait dara, encore un film que je ne pourraisp as voir bu le nombre limité de salles ou il est diffusé...

  • Dara

    30/03/2006 à 18h26

    Répondre

    C'est une façon de voir, cineman... J'avoue que je pense que ça a surtout un rapport avec les commentaires du flic au sujet du bûcheron des frères grimm qui sauve le petit chaperon rouge:
    "Les bûcherons, ça n'existe pas" il n'y a personne pour sauver la petite fille du loup...

    Je me demande donc si elle considère Walter comme un bûcheron, à cause de la fin :
    le fait qu'il se comporte plus ou moins en bûcheron face à l'autre loup, bonbon

  • Cineman

    30/03/2006 à 19h09

    Répondre

    Dara a dit :
    C'est une façon de voir, cineman... J'avoue que je pense que ça a surtout un rapport avec les commentaires du flic au sujet du bûcheron des frères grimm qui sauve le petit chaperon rouge:
    "Les bûcherons, ça n'existe pas" il n'y a personne pour sauver la petite fille du loup...

    Je me demande donc si elle considère Walter comme un bûcheron, à cause de la fin :
    le fait qu'il se comporte plus ou moins en bûcheron face à l'autre loup, bonbon


    C'est vrai tu as certainement raison ( dommage j'aimais assez mon analyse )
    Je suis passé complètement à coté de cette phrase prononcée par le policier ( mon esprit devait être ailleurs ) et donc je n'avais pas fait le rapprochement avec la scène ou Walter agresse '' Bonbon '' !
    Merci pour cet éclaircissement

  • Dara

    30/03/2006 à 19h15

    Répondre

    Ton analyse reste très jolie et pertinente, je trouvais juste qu'il manquait ce point. Cela dit, la question reste ouverte, puisque j'ai toujours du mal à comprendre, avec ma façon de voir les choses, qu'elle puisse faire de lui un "bûcheron" alors que son côté loup prend tout de même plus de place et qu'au final, le petit chaperon rouge n'a pas été sauvé (il a simplement été vengé). Je trouve même que faire de son héros un bûcheron est presque provocateur (si je ne me trompe pas sur le sens du titre).

  • Vincent.L

    30/03/2006 à 19h29

    Répondre

    Voilà c'était la soeur oui pardon Pour moi, Walter lui a fait des attouchements ou pire et donc ça expose la difficulté du pardon d'un proche. Maintenant faudrait demander à la réalisatrice pour être sûrs

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