7.5/10

Woochi : la magie est au rendez-vous

Action, fantaisie, humour, la Corée du sud nous montre qu'elle a des idées et des moyens.

Sept millions est un chiffre conséquent. Ce n'est certes pas un Avatar (14 millions d'entrées rien qu'en France), mais la tête de liste du box office français 2010 (Harry Potter, septième du nom) en aurait bien rêvé, avec ses "seulement" six millions). Bref, sept millions de tickets, ce n'est pas rien, mais pour relativiser, en Corée, Woochi ne se place que 18ème de son box office global (il n'est même pas premier de l'année 2009).
Vous en avez soupé de ses considérations chiffrées ? Ca tombe bien, moi aussi. Tout ce qu'il y a finalement à retenir, c'est que Woochi a été un succès dans son pays, et qu'il débarque timidement en France ce 15 mars via le direct-to-video. Essayons maintenant de comprendre pourquoi sept millions de Coréens sont allés se planter dans des salles obscures pour le voir.

En 1509, trois divinités taoïstes perturbent le grand Dieu Arc et libèrent malencontreusement les diaboliques gobelins. Ceux-ci se mettent immédiatement à la recherche de la flûte du Dieu Arc, l'objet qui pourra les emprisonner de nouveau. L'instrument se retrouve entre les mains de Woochi, un jeune magicien insolent et arrogant, tandis qu'un autre mage parvient à écarter temporairement la menace. Accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, Woochi se retrouve alors emprisonné dans une peinture par les trois divinités. Mais 500 ans plus tard, les gobelins menacent de nouveau l'équilibre du monde, et il n'y a nulle autre alternative que de libérer Woochi dans le Séoul du 21ème siècle...


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Avec ses allures de film fantastique contemporain et décalé, Woochi donne envie, il n'y a pas de doute là-dessus. Et très vite, on saisit pleinement ce que va être le film, quels seront ses défauts et ses qualités, tous mis en exergue par une première partie de 45 minutes pas très facile à suivre. Celle-ci se déroule en 1509, et nous présente la plupart des personnages qui vont œuvrer pour l'intrigue, d'une part, et les aspirations des créateurs, d'autre part : Woochi sera un film à effets spéciaux, une curiosité sévèrement agitée du bulbe où régneront le pixel et le câble invisible. Graphiquement, c'est assez joli à voir, plutôt bien animé pour ce qui concerne les créatures numériques, et rempli de petites idées visuelles. Quelques incrustations font tâche, mais sur le point du rendu, le film pourrait largement rivaliser avec la plupart des productions récentes.
En parallèle se développe l'intrigue, complexe sans être inaccessible. On note ici et là quelques petits problèmes narratifs qui semblent provoquer des ralentissements. Le rythme en prend un sérieux coup, et l'on se retrouve finalement avec un film de plus de deux heures. Bien heureusement, l'intérêt est constamment relancé par l'intrusion de quelques joutes magiques assez réussies, qui nous amènera même à un affrontement type Matrix Reloaded où une vingtaine de Woochi feront des misères à deux gobelins.
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On notera également que dans certains cas, ces affrontements affichent un certain manquent de punch, et subissent le symptôme « dents de scie » du film : des gros pics de rythme, suivi d'une baisse flagrante.
Et puis, il y a les personnages. Woochi en est évidemment le leader, tout en arrogance et en suffisance, et ces quelques tours de passe-passe prêteront à sourire plusieurs fois. Le film se baigne d'ailleurs dans un humour typiquement asiatique qui pourra déplaire à certains, au mieux ne pas les faire rire, mais qui confère une certaine légèreté à l'ensemble. Chaque protagoniste à son petit grain de folie qui va conférer à Woochi une double classification action / comédie. Lorsque que l'on écrit « divinité taoïste », nous sommes tentés d'adopter une posture respectueuse, mais comment prendre au sérieux ces trois moines à l'intelligence limitée ? Et comment ne pas se prendre d'affection pour Chorangyi, le compagnon canin de Woochi transformé en humain par ses soins ?

Il faut certes avoir un petit intérêt pour le style asiatique si l'on veut apprécier Woochi, mais en admettant cela, le film est un bon moment, pas mal réalisé et assez rigolo dans son ensemble. On essuie quelques temps morts, quelques problèmes de narration, mais globalement, le temps passe vite et l'on s'en souvient comme d'un bon moment cinématographique.

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