4/10

Wishmaster

Wes Craven présente un film d'horreur de seconde catégorie où un mauvais génie exauce les souhaits un peu comme il l'entend. On ne frémit même pas.

Les génies, c'est pas des gens cools. Oubliez le barbu bizarrement gaulé de la lampe d'Aladdin, celui de Wes Craven (ici producteur) se présente comme un Djinn foncièrement mauvais, dont le principal but dans la vie (éternelle, cela va de soi) est de libérer ses potes machiavéliques sur Terre pour mettre le souk. Un « génie du mal », si vous me permettez l'expression, qui se nourrit d'âmes humaines et surtout de leurs vœux : un par tête de pipe qu'il croise, et trois pour la personne qui l'a réveillé. Une fois les trois vœux accomplis, c'est la salsa du démon à tous les étages, autant être bien informé.

Djinn Tonique
Djinn Tonique
Le pire dans tout ça, c'est que la contrepartie n'existe pas. Le Djinn, doué d'une imagination débordante, va se faire un plaisir d'interpréter les vœux de travers pour les transformer en meurtres macabres et violents. Voici donc le concept du film ! Il faut avouer que, même si le gore n'est pas notre tasse de thé, le concept est plaisant et assez amusant. Voilà, c'est dit. Maintenant, il faut justifier notre attention pendant 90 minutes de film, et là, ça tourne plutôt au vinaigre.
Deux scènes précisément sont à retenir pour tout bon fan de film d'horreur : le début et la fin. L'introduction présente une fête cauchemardesque du XIIème siècle, où le vilain Djinn fait étalage de ses pouvoirs en transformant chaque convive en monstruosité ambulante et assoiffée de sang. Les maquillages datent un peu, mais le tableau est horrible à souhait et gore jusqu'à plus soif. La dernière partie du film en est un peu le reflet, et recèle quelques petites merveilles d'atrocités également. Entre les deux, c'est du petit lait. Le Djinn exauce quelques souhaits, tandis que la blondasse règlementaire fait dans sa culotte en se demandant ce qui pourrait bien arrêter le mal. Rien d'original, et rien de trépidant, surtout quand on commence à considérer sérieusement le casting.

Bon déjà, on a le Djinn, interprété à moitié par Andrew Divoff normal, et à moitié par Andrew Divoff horriblement grimé. Reconnaissons que l'acteur possède une Divoff, l'origine du Djinn
Divoff, l'origine du Djinn
tronche à faire flipper, et que son choix émane d'un bon sens incontestable, ce qui ne sera pas forcément le cas de son déguisement. L'homme est plus inquiétant, un véritable comble. Andrew est donc le Wishmaster, et également le principal (seul ?) intérêt du film. Le voir roucouler des paroles apaisantes pour obtenir un vœu, puis grimacer d'un sourire mauvais « vœu exaucé. », est un véritable plaisir morbide. Le bât qui blesse, c'est que les vœux sont inégaux. Certains sont plutôt imaginatifs, d'autre tellement alambiqués que la tension retombe d'un coup.
Si Andrew Divoff se hisse sans peine en haut du casting, ce n'est pas seulement parce qu'il le mérite, c'est aussi parce que le reste se montre parfaitement insipide. Tammy Lauren est sa victime, mais également la victime du réalisateur. Pour bien faire, elle a amené dans ses valises une tonne de ses expressions les plus crispantes et les plus horrifiques, un véritable jeu de masques assez amusant à découvrir. Du coup, avec sa tonne, elle en fait des tonnes, et sa prestation nous amuse plus qu'elle nous horrifie. On ouvre des yeux ronds à la voir s'étrangler d'effroi, victime d'hallucinations machiavéliques, si bien que l'on a l'impression d'être également victimes d'hallucinations.
Le casting secondaire, plutôt prestigieux pour tout bon fan d'horreur qui se respecte, figure plus qu'il ne participe : Robert Englund (Monsieur Freddy Krueger en personne) écope d'un rôle calme et posé, et obtient le droit de ramper en bavant des horreurs sur la moquette ; Tony Todd (Candyman) et Kane Hodder (Jason) tiennent tête autant qu'ils peuvent au Djinn et finissent par obtenir ce qu'ils souhaitent ; quant à Angus Scrimm (le Tall Man dans la série des Phantasm) et Ted Raimi (le frère de Sam Raimi), le premier récite scrupuleusement le texte du générique, tandis que le second souffle deux ou trois répliques avant de passer dans les dommages collatéraux.

Si votre Halloween idéal est un moment de pure horreur, à grelotter d'effroi à quatre sur un canapé pendant qu'un cinquième vomit son dégoût aux toilettes, Wishmaster n'est clairement pas le film de la situation. En revanche, pour rigoler un bon coup, nul doute qu'il fera bien l'affaire. A voir pour Andrew Divoff, les guest-stars prestigieuses, les scènes d'intro et de conclusion, et Tammy Lauren en train de hurler. Vous ne perdrez pas trop votre temps, surtout que le film  est loin de s'éterniser (90 minutes).

P.S. : La loi des séries s'applique également, puisque le Wishmaster fera l'objet de quatre films. L'horreur cinématographique croît à chaque opus, vous serez prévenus.

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Marine (The)

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