4.5/10

Windtalkers, les messagers du vent

Quand je disais que le film de guerre revenait à la mode, je ne pensais être véritablement sérieux. Mais le constat est là : les réalisateurs et les scénaristes s'emboîtent le pas dans un gouffre manquant singulièrement d'imagination. Le principe : faire la guerre avec une teinte de réflexion sur le rôle d'untel ou untel. Les messagers du vent, ce sont ici les indiens Navajo, dont la langue fut utilisé à des moyens militaires en pleine guerre du pacifique.

Juin 1944. Tout juste sorti de l'hôpital militaire, après une mission désastreuse lui ayant fait perdre tympan, sens de l'équilibre, et la totalité de son escouade, Joe Enders (Nicolas Cage) désire plus que tout retourner au front et en finir avec ses chimères. Il se voit alors confier une mission délicate : l'escorte d'un indien Navajo, transformé en préposé aux communications, seul apte à émettre le code de transmission basé sur son langage. Prochaine destination : L'île japonaise de Sanpaï...

Dans les films de John Woo, on peut s'attendre à trois choses : Un spectacle visuel (explosions, gunfight élégantes), un spectacle lyrique (des images fortes tels les colombes, les héros baignées de lumière), et un spectacle sentimentaliste (personnages déchirés par le destin, etc.). Pourtant, bien que ces trois caractéristiques soient bien présentes, Windtalkers ne ressemblent pas à un John Woo. Si l'on excepte quelques plans impressionnants, chers à son esthétique, Woo cherche à lorgner du côté de Spielberg et son Ryan de soldat. Si bien que les scènes de bataille (nombreuses et longues) sont filmées caméra au point, comme si on y était, mais avec une fâcheuse tendance à zoomer n'importe comment. Très vite, on est largués de ce côté là. Puis le propos principal du film, les deux indiens Navajos protégés par deux sergents des marines (Cage et Christian Slater), passe très vite au second plan, pour laisser la vedette aux penchants suicidaires du héros Joe Enders. Leurs relations tantôt amicales tantôt froides font office de réflexion, et remplissent les petits vides entre deux batailles (généralement centrés sur les états d'âmes de Cage). De plus, si Woo s'efface indéniablement, Nicolas Cage n'est pas en reste. Personnalisation simpliste de son personnage, cris de damnés pendant les batailles, avec une petite amie (Frances O'Connor) loin de la guerre, loin du coeur, n'existant que par lettres et dont le soldat Enders n'a visiblement rien à cirer (alors qu'on voudrait nous faire croire le contraire).

On pouvait espérer beaucoup de Windtalkers, avec un John Woo aux commandes. Si les scènes de batailles sont très réussies (à part quelques figurants un peu en retard, et les escouades de japs arrivant par paquets de 4 tel un jeu vidéo), elles prennent largement le dessus sur le fond de l'histoire, c'est à dire les Navajos (sans, c'aurait été pareil) et la déprime suicidaire de son personnage principal. Au bout de 2h14, on est ravis de se dégourdir les jambes.

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ensorceleuses (Les)

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1 commentaires

  • seb

    03/04/2003 à 00h00

    Répondre

    12 ans après "une balle dans la tête" John Woo remet ça avec un scénario plutôt bon mais cela devient vite un second rôle c'est dommage.
    Ce n'est que le début car les thèmes de john woo sont ici superbement représentés:
    - le spectacle lyrique
    - le visuel grâce a des scènes de guerre longues, spectaculaires et superbement filmées.
    - spectacle dramatique: lien d'amitié entre nicolas cage, christian slater et leurs indiens.

    De ce côte là pas de problème et c'est bien ce qui fait la force de windtalkers: du John Woo et dans ce type de film on l'adore.

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