3.5/10

War of the planets

1977. Un petit quelque chose du nom de Star Wars bouscule le cinéma de Science Fiction. Proposant tant une révolution en terme d'effets spéciaux qu'une imagerie inoubliable, le premier volet de la future Trilogie marque au point de fouetter la production SF ou de Space Opera. C'est ainsi qu'en Italie, toujours prompte à réagir aux nouveaux courants, Alfonso Brescia va livrer entre 1977 et 1979 cinq films forgés plus ou moins du même moule avec casting recyclable : War of the Planets donc, à ne pas confondre avec un film éponyme d'Antonio Marghereti, La Bataille des Etoiles (!), Beast in Space, La Guerre des Robots et Sette Uomini d'Oro Nello Spazio, alias Space Odyssey. En 1979, ce sera au tour de Luigi Cozzi de donner dans le sous-Star Wars avec Starcrash, et sa suite en 1981, soit un an après la sortie de l'Empire Contre Attaque. Alfonso Brescia, ici sous son pseudo habituel d'Al Bradley, n'est pas à proprement parler un nom reconnu du cinéma transalpin. Disons les choses comme elles sont, Brescia fait davantage office de tâcheron du bis accumulant les tentatives ratées. Péplum, polar, film de guerre, sous-Conan, ses films de Science Fiction sont, en outre, généralement reconnus comme étant ce qu'il tourna de plus indéfendable.

Résumer l'intrigue profonde de War of the Planets - La guerre des Planètes pour nos amis anglophobes, Battaglie negli spazi stellari pour nos amis puristes-, étant une entreprise de haute volée, nous dirons simplement que le film traite d'une bande de spationautes qui, dans un coin de cosmos, découvrent une planète inhospitalière peuplée d'extraterrestres en slip, eux-même menacés par une sorte de super-robot. Louchant fortement vers la Planète des Vampires, surtout lors de son dernier acte, gageons que Mario Bava dû faire une drôle de tête devant le vibrant hommage que lui rend Brescia. Car outre son sujet, War of the Planets adopte une forme dont les errances visuelles bariolées lorgnent incontestablement vers le géniteur du giallo. Il y'a pire référence, mais c'est sans compter le budget, la technique et les choix discutables de Brescia, qui pour le coup accouche d'un monument de ringardise fauché comme les blés. Ce n'est pourtant pas tant les costumes ridicules ou les vaisseaux en plastique qui posent problèmes dans War of the Planets, ni même ses références à "l'ancienne" faisant que le film fait dix ans de plus que son âge, mais un aspect outrageusement kitsch, clinquant et coloré, qui, surplombé par d'insupportables mélopées de synthétiseur, transforme le tout en objet autant complètement désuet qu'involontairement...funky. Des gros boutons, des oscilloscopes, des couleurs vives, des lumières, des loupiottes qui clignotent, des robots en cartons qui parlent avec sons et lumières...Improbable mix sauce Fisher Price de Planète des Vampires, de Star Trek, de Star Wars et d'un poil de Planète Interdite, War of the Planets ressemble à un délire de mauvais goût à la sauce disco, un cataclysme de filtres colorés, d'effets spéciaux pourris, de stroboscope et d'orgue électronique infâme dont les parties les plus gratinées font entrer dans une sorte de transe digne des pires trips enfumés. War of the Planets n'est même pas conceptuel, il est hallucinogène. Personnellement, je n'avais rien vu d'aussi tétanisant depuis la série Perdu dans l'Espace.

On ne peut toutefois pas dire que War of the Planets est un ratage complet. Le casting ne se débrouille pas trop mal, quelques passages sur la planète mystérieuse ne sont pas spécialement honteux et la fin, assez sombre, rehausse un peu l'ensemble, en plus de préfigurer celle d'Alien avec deux ans d'avance -c'est à voir pour le croire-. Drôle d'énigme que de deviner si ce nanar fut précurseur de quelque chose, mais signalons également la présence d'une euh...machine à faire l'amour pour de faux, boule à facette déguisée qui en creusant peut rappeler, par sa fonction, le simulateur de sexe de Demolition Man. Film de conception insensée qui provoque avant tout le rire, War of the Planets a tout de même l'immense avantage de ne pas ennuyer son spectateur et de s'imposer comme une tranche de cinéma populaire d'un rétro irrésistible. C'est aussi ça, Brescia. Il a beau s'emmêler les pédales, on ne peut pas vraiment lui en vouloir...

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crypte (La)

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