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Vidocq - 2001

Vidocq, agrippé au rebord d'un puits de flammes, supplie son agresseur de lui montrer le visage qui se cache sous son mystérieux masque. Chose faite, Vidocq pousse un cri d'horreur avant de disparaître dans l'abîme.

Le biographe de Vidocq est bien déterminé à reprendre l'enquête du héros, et en particulier à démasquer l'assassin. Au coeur du Paris de 1830, de bordels en fumeries d'opium et de sombres ruelles en cabinets secrets, il va traquer la vérité aux côtés de Nimier, l'associé de Vidocq, et de Préah, sa maîtresse.

Vidocq est avant tout un film qui se veut ambitieux, sur le plan esthétique, technique et artistique. Et aux premiers abords, il est clair que le film innove à bien des égards. Nous vivons une aventure au coeur d'une toile, où visages, costumes et décors sont saisissants de beauté -une oeuvre de Gustave Moreau était, paraît-il, la référence principale du réalisateur-. La haute définition numérique a donné l'occasion aux techniciens de pouvoir jouer à merveille avec les angles de vue et les jeux de lumière et a, bien entendu, permis l'introduction d'effets spéciaux déroutants.

Les critiques ont été pris du même engouement qu'à l'époque du Pacte des Loups et voyaient en Vidocq LA superproduction qui ravirait tout le monde et qui saurait nous faire oublier que l'année 2001 a en fait été une très mauvaise année pour le cinéma. Ces critiques, à nouveau aveuglés par le coût effarant d'un film français, ont simplement participé à donner un nom à Vidocq et à pousser bien du monde dans les salles obscures.

Car Vidocq ne brille vraiment que par son esthétisme. Le scénario, signé Jean-Christophe Grangé -auteur du scénario des Rivières Pourpres, une autre surproduction sans intérêt, car irréelle et bâclée- ne brille pas. Le défilement de l'histoire est particulièrement linéaire, et le coup de théâtre final ne participe qu'à rendre béantes les nombreuses incohérences accumulées en cours de route. Les acteurs font de leur mieux, mais l'on est trop dérouté au final pour garder un bon souvenir du film. Et la bande musicale ne se distingue guère -mis à part peut-être lors de l'entrée en matière de Vidocq, au cours des toutes premières minutes-.

Vidocq se laisse regarder car on est forcément satisfait de se plonger au coeur d'un univers aussi impressionnant, un univers de beauté esthétique, de mystère, de magie. Et en filigrane, il y a une enquête policière troublante et toujours inexpliquée... mais lorsqu'on recule de quelques pas, on s'aperçoit que rien ne tient debout. On est alors déçu. Ou plutôt dépité de voir un espoir s'envoler, l'espoir d'avoir enfin connu une colossale -niveau budget- ET passionnante production française.

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4 commentaires

  • dragmaniac

    28/03/2003 à 00h00

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    Au secours !!!! Des plans à vomir, des mouvements de caméra à en avoir le mal de mer (même dans titanic c'est plus stable), des acteurs pitoyables dans ces rôles, Dussolier : trop théatral, Guillaume Canet : sans consistance. Une histoire floue (contrairement aux images qui en auraient gagnées en crédibilité) et un dénouement lamentable. une véritable perte de temps et d'argent pour les spectateurs, et un homme heureux: le réalisateur qui a pu faire mumuse avec son jouet numérique en se moquant complètement de son public et du rendu à l'écran.

  • Anonyme

    17/10/2003 à 00h01

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    Dragmaniac tu ne sais pas quel est le véritable intéret du ciné. Je trouve génial qu'il puisse exister différentes façons de tourner. Ce film est magnifique. Les images sont superbes et il y a de l'intrigue.

  • Anonyme

    29/11/2003 à 00h02

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    Je suis tout à fait d'accord avec le dernier commentaire. La technique cinématographique de ce film est caractéristique des oeuvres françaises à gros budget ( Pacte de loup... ), avec ce côté à la fois théatral est tourné action. J'apprécie particuliérement les jeux de lumières saisissants, qui donnent toute la dimension fantastique de ce film. Pour le scénario, le contexte de Paris au XIXe permet de plonger dans l'histoire très facilement, et d'apprécier à juste titre ce chef d'oeuvre. Pour sûr, les amateurs de Terminator, Matrix et Cie, passez votre chemin ! Le cinéma français est un art plus subtil.

  • nazonfly

    14/10/2004 à 00h03

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    Après avoir entendu les premières critiques de Vidocq, je m'attendais à voir un film totalement dénué d'intérêt.
    Or je me suis aperçu qu'il n'en est rien.
    Le fait de tourner directement en numérique apporte un très bon cachet au film, d'éviter cet aspect "granuleux" qui semble cher au cinéma français. Il fallait un précurseur et Pitof est celui-ci.
    Certes tout n'est pas parfait dans ce film. Les acteurs notamment sont parfois un peu limites (je me suis même demandé pourquoi Guillaume Canet était aussi transparent dans son rôle de biographe de Vidocq). Et comme le disent Figo et Nicolas, les combats sont parfois touffus.
    Mais j'ai beaucoup aimé les couleurs surréalistes du film : l'ocre et le rouge pour les intérieurs, et le vert et le violet pour les extérieurs.
    Et le film se laisse bien regarder, même si quelques baillements peuvent se faire entendre de temps à autre.

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