5/10

Valentine's Day

Du flan sentimental, avec un taux de sucre très élevé, et un nombre de cuisiniers absolument sidérant. Pour pas grand chose, bien évidemment.

Presque sept ans après, voici la riposte hollywoodienne au tout à fait respectable Love Actually de l'anglais Richard Curtis. Ce dernier avait su nous gagner à sa cause par son casting pluriel aguichant, son humour plaisant, et sa douce positivité, Valentine's Day semble vouloir essayer la même recette, avec évidemment la démesure américaine habituelle.
Ainsi, l'artillerie lourde a été déployée, à travers une escouade, que dis-je, une armée d'acteurs de popularité inégale mais néanmoins valable. Tout le monde y passe : le jeune culturiste en début de carrière (Taylor Lautner, Jacob dans Twilight), les bombasses reconnues (Jessica Alba, Jessica Biel, Jennifer Garner), la relève des beaux gosses (Patrick Dempsey, Bradley Cooper), et de la tête d'abruti complet (Ashton Kutcher). Je pourrais encore vous citer Julia Roberts, Anne Hathaway, Jamie Foxx, Kathy Bates, Queen Latifah, mais je vous sens déjà ployer sous la monstrueuse masse de dollars qu'a probablement coûté le film. Ou bien sont-ils vraiment là pour l'amour ?

Car, faisons fleurir une rose ouverte, Valentine's Day va parler d'amour, avec un grand A, un grand M, un grand O, et tous les autres lettres également en majuscules. La comparaison avec Love Actually s'impose, encore et toujours : le film est « chorale », chaque personnage aura sa propre histoire en relation avec quelques autres, pour former une sorte de gros méli-mélo affectif se déroulant un certain 14 février.
Bien sûr, la plupart des acteurs seront sous-employés et ramenés à la plus simple expression de leur talent, car même en 120 minutes, développer une vingtaine de personnages n'appartient pas au domaine du possible. Du coup, chaque petite histoire sera frivole, simpliste, carrément inintéressante parfois, mais aura le mérite de faire partie d'un tout qui se veut quasiment exhaustif (et puritain) : septuagénaires amoureux envers et contre tout, amour d'enfance, demande en mariage, rupture, tromperie, homosexualité, etc. Pas grand chose à sortir du lot, chaque « rebondissement » pouvant être deviné très rapidement ; à l'exception d'un ou deux twists finaux qui relèvent un peu le niveau d'un scénario, certes multiple, qui ne présente rien de neuf et qui se révèle au final assez brouillon. Pas de problème de rythme néanmoins, Gary Marshall (réalisateur de Pretty Woman, notamment) jongle constamment avec ses personnages pour donner l'illusion qu'il se passe effectivement quelque chose d'intéressant, ce qui ne sera pas forcément vrai. Surtout si vous n'êtes pas amateur de sucreries, car Valentine‘s Day tape évidemment dans le rose bonbon des plus caloriques, à l'image de son personnage principal constamment habillé en rose. Film pour filles ? Certainement.

De l'avalanche de bons sentiments, pas trop désagréable à regarder mais qui s'oubliera bien vite. Le film, malgré un casting cinq étoiles, se montre moins sympathique que son homologue anglais, sur tous les aspects de sa production, et surtout moins ambitieux en fin de compte. Valentine's Day n'est évidemment pas à mettre devant tous les regards, le taux de sucre étant diablement élevé. Diabète sentimental, me voici !

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