8/10

Vague (La)

Inspiré d'une histoire vraie et d'un livre américain, le film est allemand et s'emploie à démontrer comme il est facile de prendre goût au fascisme... Une petite sueur froide pertinente.

Parmi les critiques les plus vues de Krinein cinéma, on trouve depuis longtemps celle de Girls & sex, un obscur teen-movie allemand sans intérêt, ce qui en dit long sur les recherches que les internautes ont l'habitude de taper dans Google. La chose date de 2001, et nul ne s'attendait à voir son réalisateur ressurgir ailleurs que dans un énième ersatz d'American Pie 8. C'est pourtant bien le même Dennis Gansel, aujourd'hui âgé de 35 ans, qu'on retrouve aux commandes de La Vague après un film consacré au nazisme en 2004 (NaPolA, inédit en France). La jeunesse, le nazisme : les deux thèmes l'amènent naturellement à l'adaptation du livre de Todd Strasser The Wave, inspiré d'un fait réel survenu dans les années 60 aux USA.

Qu'il s'agisse du protagoniste impliqué dans l'histoire vraie (Ron Jones), de celui du livre (Ben Ross) ou de celui du film (Rainer Wenger, interprété par Jürgen Vogel), les évènements sont sensiblement les mêmes : chargé d'instruire une classe de lycéens sur le fonctionnement d'un régime autocratique, un professeur Sale Rouge !
Sale Rouge !
suggère aux élèves d'en faire eux-mêmes l'expérience. Il se positionne comme leader, leur donne les clés d'un sentiment communautaire rassurant, impose un uniforme... Et le fascisme se met à pousser sur un terrain qui se croyait à l'abri des mauvaises herbes depuis longtemps.

Si le livre s'était vu adapté dès sa sortie en 1981 sous forme d'un moyen métrage télévisé (avec Bruce Davison dans le rôle principal), la version 2008 de Gansel a l'immense mérite de transposer l'action de l'Amérique des années 60 à l'Allemagne des années 2000. L'effet n'en est que plus marquant : bassinés depuis toujours par le rappel de leur héritage nazi, les jeunes Allemands jurent bien volontiers qu'ils sont le peuple le moins susceptible de retomber dans les errances du totalitarisme. Une bonne piqûre de rappel semble nécessaire pour démontrer que nul pays n'est immunisé contre une dérive qui naît d'un mouvement sécurisant.

Agissant d'une manière comparable au personnage de Robin Williams dans Le cercle des poètes disparus, le prof charismatique de La Vague joue un jeu bien plus dangereux en incitant délibérément ses élèves à se réfugier dans un système qu'il est le premier à condamner (au départ, il essaie même d'éviter la corvée d'enseigner cette matière dans son cours de politique). Inconscient des conséquences de ses actes, il oublie momentanément à quel point un lycéen peut être sensible à la dynamique de groupe, particulièrement quand il manque de repères. On notera tout de même au passage que sur le chemin qui mène à
"Est-ce que vous êtes blancs ce soir ?!
- OUIIIIIIIII !!!!!!"
l'autocratie, la première étape du changement ressemble... au système scolaire français ! Vouvoyer le professeur, l'appeler par son nom de famille, respecter une discipline scolaire stricte, tous ces paramètres que nous prenons pour acquis sont en réalité absents du système allemand, plus axé sur l'épanouissement individuel que sur l'uniformisation et la rigidité.

Porté par une mise en scène efficace qui suit sans discrimination une large palette de personnages, le film parvient à faire passer son propos sans lourdeur excessive, malgré les inévitables caricatures que constituent certains élèves (le paria, le blagueur, la princesse, le sportif...). Le final appartient clairement au domaine de la fiction, et même s'il aurait été possible de l'imaginer plus extrême, il permet de se laisser couler une bonne sueur froide le long de l'épine dorsale. Traité sur un mode suffisamment divertissant pour ne pas rendre austère son côté didactique, La Vague interroge le spectateur sur ses propres faiblesses : comment auriez-vous agi à leur âge ? comment agiriez-vous aujourd'hui ?...

La sortie du film en France s'accompagne de celle du livre de Todd Strasser (au bout de 28 ans, il était temps), ainsi que d'une bande dessinée.

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7 commentaires

  • Anonyme

    01/02/2009 à 00h28

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    très beau film, meilleur en version originale sous titré.

  • Veterini

    06/03/2009 à 17h18

    Répondre

    American Pie 8 peut-être pas, mais German beer 8 sans doute.



    Le plus gros problème a mon sens (qui fait que je considère le film comme franchement raté), c’est que dans un monde où les gens font du crash test sur des buildings, où les sectes pullulent, et où Le Pen arrive au deuxième tour et on admettra sans mal qu’un prof un tant soi peu charismatique puisse fanatiser un groupe de jeune sans trop de  problème.



    Et ben, après avoir vu le film on se dit que c’est n’importe quoi quand même.



    Nan, parce que les personnages, n’ont rien d’humain se sont de simple caricature écrit sur le script : Là le jeune en manque de repère qui trouve une vocation dans le groupe, là, la fille rebelle, même le prof : un anti-conformiste anarchisant, contraint de faire un cours sur l’autocratie et qui cherche à explorer de nouvelles méthodes d'apprentisage –ouais, dit comme ça c’est pas franchement caricatural, mais bon suffit de penser au prof du cercle des poètes disparus ou le gros type qui faisait du rock dans l’autre film là pour faire apprendre la musique ou celui qui faisait du kung-fu pour heu,  faire apprendre le chinois ? enfin bref….



    Et pas un seul des personnages ne semble conscient qu’il n’est pas régit pas un ensemble de réaction pavlovienne quoi.



    A coté de ça, bah la réalisation est pas trop mal – même si une photo dans les tons gris dans un film allemand on se demande toujours si c’est auto-parodique ou pas – mais on se demande si Gansel n’est pas régit par des réactions pavlovienne lui aussi. Des jeunes qui font du graffiti ? Hop une mise en scène clipesque ; Des jeunes qui font du water-polo ? Hop une mise en scène propagandiste.



    Bref on n’y croit pas. Et vu que le seul intérêt du film repose dans le message ben ça tombe mal.  



    23/100



    On est en 100 lieus en dessous de Das Experiment quoi.

  • Anonyme

    10/03/2009 à 16h56

    Répondre

    veterini il est trop fort.


    Il arrive à donner des note au poil près.


    C'est pas 24, c'est pas 22, c'est 23% ce film


     


     

  • KaSuGayZ

    13/03/2009 à 16h31

    Répondre

    En même temps Vet a raison, le film est tout de même bien décevant malgré un gros sujet bien porteur... Je m'étonne que riff ait été si tendre dans la notation.

  • Anonyme

    19/04/2009 à 12h03

    Répondre

    Personnelmnt jai trouV le film interessant et si tu ne trouve pas sa très réaliste que des jeunes se fasse prendre comme ça dans la vague sache que c vbasé dune histoire vrai qui a u=eu lieu en avril1967 au usa et que si dennis gansel a changer la fin du film c que après sa première projection test les jeunes était fan de la vague ( le mouvement et pas le film) ce film au contraire je trouve nous montre la fragilté de notrre démocratie dans un pays jumeau au notre on pourrai penser que les allemand on apris de leur ereeur mais dennis gansel nous montre qu'il est bien facile de controlé des jeunes. la france nest pas non plus complètement exclus qune pareil situation se produise mm si nous espéron stous le contraire (élection de 2002) en plus dans un contexte de crise economique je pense au contaire que la vague nous fait réfléchir et nous met face a une réalité qui fait peur.

  • Anonyme

    04/10/2009 à 19h07

    Répondre

    Ce n'est pas assez expliqué, après le match de foot il se passe des choses importantes & le professeur décide d'un plan pour arrêter la Vague.


    En gros après le match de foot c'est à revoir & à expliqué !


     

  • Anonyme

    24/11/2009 à 16h50

    Répondre

    Ouais alors en reponse à Bibi: Tout d'abord si le film etait mal expliqué pour toi c'est alors que tu devras te resoudre à regarder des films un peu profont intellectuellement. Et de plus ce n'est pas du foot mais du Waterpolo.


                        En reponse à Veterini: Dis moi en quoi un anti-conformiste anarchisant est un stereotype. question que je renvois pour la fille rebelle et du jeune sans repere.


    Je ne vois pas en quoi un anti-conformiste anarchisant qui ecoute du rock et qui vit sur un bateau est le stereotype d'un prof qui propose à ses eleves une amorce de dictateur. Donc si j'ai bien compris tes dires c'est conditions ne peuvent être remplies par une personne repondant à un stereotype.


    Alors tiens toi bien toi aussi tu dois etre un stereotype tout le monde si on cherche est un stereotype. Comme le dis tia c'est inspiré d'une histoire vraie. Mais tant que j'y pense tu me fais penser au gars dans le film qui retorque à la question "est ce que vous croyait qu'une nouvelle dictature est possible ?" et où il repond "Non, on a ete trop prevenus".

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