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Upside Down - Quand la double gravité nous est contée

Upside Down est un conte, un conte pour petits et grands qui aurait très bien pu finir en production Disney à grand succès, si cette idée n'avait pas germé dans l'esprit de Juan Solanas, réalisateur peu connu. Auteur, avec ses équipes, du court métrage L'Homme sans Tête et de Nordeste, tout son mérite dans Upside Down est d'être le concepteur à lui tout seul de l'idée géniale du film. À l'heure des remakes et des adaptations diverses et variées, les oeuvres originelles nous paraissent soudain comme un fruit rare, particulièrement savoureux à déguster.


Deux mondes juxtaposés avec une gravité opposée.

Les histoires d'amour entre deux êtres que tout sépare, cela est certes classique. L'amour "impossible" a traversé l'histoire de l'humanité et cela bien avant Shakespeare. Jusque là, donc, rien d'extraordinaire. Sauf que Upside Down nous conte ce schéma éternel dans un univers jamais-vu. Il fallait y penser à deux planètes jumelles tournant, sur presque le même axe, autour d'une étoile. Il fallait y penser à deux mondes juxtaposés l'un à l'autre, avec une gravité opposée. Il fallait y penser que deux êtres puissent se trouver à quelques mètres l'un de l'autre, tout en étant à l'envers l'un(e) de l'autre.

Le résultat en est particulièrement saisissant. Les images et prises de vue hypnotisent le spectateur. On ne se lasse pas de ces visions incroyables et féeriques où, au lieu du ciel, on voit un paysage, fait de montagnes ou de gratte-ciels de la planète d'en face. On rit de ces situations ubuesques où les gens se parlent à l'envers et boivent des cocktails dans un verre renversé. On vous laisse réfléchir aux difficultés de réalisation que cela a pu engendrer pour Juan Solonas et son équipe, et a fortiori, à tout le talent dont ils ont dû faire preuve pour aboutir à ce résultat. Les défis d'un exercice visuel aussi complexe étaient en effet innombrables. C'est dans ces moments-là qu'on se dit que le cinéma est véritablement le 7ème art.


Des images toujours saisissantes !

Quant à l'histoire, malgré son classicisme de principe, elle prend une ampleur véritablement nouvelle par le défi incroyable qui sépare les amoureux. Savoir comment ils surmonteront l'obstacle gigantesque suffit à nous tenir en haleine tant le défi semble impossible : comment vont-ils se voir alors que l'accès d'un monde est interdit aux habitants de l'autre par la loi ? Comment passer du temps ensemble alors qu'on est à l'envers l'un de l'autre ? En mettant des poids ? Mais les lois physiques font que toute matière s'enflamme quand elle reste trop longtemps dans le monde d'où elle ne vient pas... La narration est de plus bien menée. Les moments d'émotions fortes alternent ainsi suffisamment avec l'action et les dialogues pour capter l'attention. Les allégories sur les maux actuels ou passés de l'humanité sont en outre multiples, et si certaines sont très "téléphonées", d'autres sont bien plus subtiles. Certes, on reprochera au film de passer trop vite sur certains aspects du scénario ou d'être très elliptique sur quelques scènes, mais l'intensité reste intacte, probablement parce que le film se veut avant tout être un conte poétique qui touche notre âme d'enfant. Alors, en effet, 2H au lieu d'1H35 (j'enlève le temps du générique) auraient certainement donné à l'oeuvre une assise encore plus forte, mais tant pis.

Les acteurs, particulièrement enthousiasmés par le projet (à tel point que Timothy Spall a refusé d'autres propositions), portent parfaitement le film et nous transmettent l'intensité émotionnelle impeccablement. Il y a juste Jim Sturgess qui apparaît trop jeune par rapport à l'âge qu'il est censé avoir. La fin tout aussi conventionnelle que l'histoire a également le mérite de laisser une ouverture intéressante que, là encore, les images plus que la narration ou les dialogues, viennent illustrer de bien poétique manière, à tel point qu'on la savoure largement. 


Le cinéma est vraiment le 7ème art.

Ne reste plus qu'aux astro-physiciens, amateurs ou professionnels, de s'amuser à dénicher les erreurs, paradoxes, ou impossibilités qui résident dans Upside Down. Quoi qu'il en soit, l'introduction majestueuse les subjuguera autant que nos esprits néophytes, car l'espace et les étoiles, ça fait toujours son petit effet. Il était une fois, dans une galaxie très lointaine..

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9 commentaires

  • Loïc Massaïa

    30/04/2013 à 15h37

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    tiens c'est la première fois que j'en lis une bonne critique... Toutes celles que j'ai lu trouvais tout celà très jouli mais vraiment artificiel. Si le film ne vaut que pour son visuel, ca reste dommage, non?

  • Islara

    30/04/2013 à 17h40

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    Loïc Massaïa a dit :
    tiens c'est la première fois que j'en lis une bonne critique... Toutes celles que j'ai lu trouvais tout celà très jouli mais vraiment artificiel. Si le film ne vaut que pour son visuel, ca reste dommage, non?

    Ils ont aussi fait une assez bonne critique sur Ciné Live, quoique plus mitigée.

    Le film n'a rien d'artificiel, je l'ai ressenti comme un conte, et après, en lisant un peu l'historique du film, je me suis aperçue que c'est exactement ce que voulaient le réalisateur et son équipe. Il n'y a pas que du visuel. Il y a une atmosphère, il y a la nouveauté du concept, il y a l'émotion.

    Mais que veux-tu, bcp de gens ont perdu leur âme d'enfant alors des films comme ça, ils n'y ressentent rien.

    PS : et en plus, je ne te cache pas que je me suis posée des tas de questions physiques, notamment à la fin.

  • Loïc Massaïa

    30/04/2013 à 20h45

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    arrete tu vas me donner envie alors que je suis déjà frustré de pas avoir pu aller voir les 7 films qui m'interessaient ce mois-ci...
    rhââ

  • dark_magician

    04/05/2013 à 15h36

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    J'ai prévu de voir ce film pendant un jour férié. J'aime bien l'idée de 2 êtres vivant l'un dans le monde a l'endroit et l'autre dans le monde a l'envers.

  • naweug

    09/05/2013 à 16h06

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    Graphiquement, ça a l'air intéressant, mais lorsque j'ai vu la bande annonce, mon enthousiasme est retombé devant l'apparente niaiserie qui semble baigner le film... mais j'irais bien le voir rien que pour la prouesse technique.

  • Islara

    09/05/2013 à 19h17

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    C'est sûr que si on est allergique aux films romantiques, il faut passer ce film. ^^'

  • Anonyme

    02/06/2013 à 20h55

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    Le concept est intéressant avec de belles trouvailles l'exploitant. Le probleme vient du scénario et du visuel. La romance est niaise, sans intéret, niveau "plus belle la vie". Le film est typé SF par son concept mais ne développe pas les deux sociétés. Du coup c'est superficiel et sans enjeux. Visuellement j'ai trouvé le choix de couleur et les effets de lumiere assez grossiers. Enfin le jeu de Jim Sturgess ne m'a vraiment pas emballé. Ça mérite un 4 pour le gachi du concept mais je donne un 5,5 pour le moment sympatique quand même.

  • Anonyme

    01/07/2013 à 09h14

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    les barres d'aciers qui le retiennent sur la planètes d'en haut viennent de cette même planète. Donc pour quoi elles chauffent et brules puisque c'est lui qui vient de l'autre planète. C'est lui qui devrait bruler car il est l'étranger, et non pas les barres d'acier qui sont dans leur propre monde... Petite erreur de logique dans le film! Lol - Fred

  • Islara

    03/07/2013 à 12h35

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    Je ne sais pas exactement à quelle scène tu fais référence, mais ce que tu dis est l'illustration parfaite d'un des plaisirs de ce film : dénicher les éventuelles erreurs et se poser des tas de questions de logique.
    De mémoire en tout cas, les humains ne sont pas censés brûler, il n'y a que la matière qui le devrait. Il y a d'ailleurs une autre possible erreur dans le film : pourquoi ses "plombs" dans ses chaussures et sur lui brûlent et pas ses vêtements ?  Les vêtements c'est aussi de la matière. On va dire que peut-être que cette matière-là brûle moins vite compte tenu de sa plus faible densité...

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