6.5/10

TRON l'héritage : un univers sans âme

A l'image de son Jeff Bridges jeune, TRON l'héritage est un film extrêmement synthétique, pour le plaisir des yeux et des oreilles uniquement.

Au beau milieu des années 80, le grand PDG de l'entreprise informatique ENCOM, Kevin Flynn, disparaît mystérieusement, laissant son film Sam sans parent. 25 ans plus tard, Sam Flynn est un marginal, loin des affaires de l'entreprise familiale même s'il détient toujours la majorité des actions. Un jour, l'ancien associé de son père, Alan Bradley, reçoit un message émis par un téléphone désaffecté de l'ancienne salle de jeux de Kevin Flynn. Il n'en faut pas plus pour Sam d'y voir un espoir de retrouver son père, mais sa quête va l'amener à poser les pieds dans le monde cybernétique de la Grille…


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Dès l'introduction du film, un message nous prévient : certaines scènes seront diffusées en 2D, et c'est volontaire. Dans les faits, tous les plans se déroulant en-dehors de l'espace numérique ne bénéficieront pas du relief, un procédé qui avait déjà été expérimenté avec des films de qualité moindre (notamment le Spy Kids 3D de Rodriguez) et qui s'applique ici avec une réelle pertinence. Quoi de mieux pour souligner le changement d'univers et le passage à la bio-numérisation ? Que les futurs usagers se rassurent, ils en auront pour leur argent, les trois-quarts du film nécessitent l'usage des lunettes et peuvent être félicités d'afficher une 3D exemplaire à bien des égards – le minimum pour un film qui se revendique comme la suite de l'avant-gardiste TRON, même si ce dernier a mal supporté le poids des années. Sans avoir vu le film, effectivement, on pouvait déjà se convaincre que l'accent serait davantage mis sur la forme plutôt que sur le fond, une conviction diablement renforcée pendant la séance. Visuellement, donc, le film tient la route, et se dote d'une réelle identité physique.
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Il y a beaucoup d'idées graphiques et une réelle volonté de créer un nouvel univers, même si celui répond à certains codes esthétiques mais néanmoins formatés du cyber-punk. Les personnages se débarrassent donc de leurs horribles casques de chantier pour laisser leur tignasse s'agiter aux vents (numériques), et s'habillent désormais dans des justaucorps très moulants – mais soyez confiants, les deux ou trois filles qui apparaitront à l'écran ont suffisamment de sex-appeal pour que le résultat soit agréable à l'œil. TRON l'héritage complète son joli portrait avec une musique originale signée Daft Punk, pas désagréable à l'oreille malgré des accents musicaux plutôt étranges. Ce décalage sonore suffit à conférer au film des allures d'OVNIs cinématographiques, à la fois simple à approcher et difficile à pleinement saisir.
Le fond, on pouvait s'en douter, TRON l'héritage le néglige. A l'inverse de son enveloppe visuelle de très belle facture, la prose des scénaristes ne nous destine pas à un voyage intellectuel. Le propos est cohérent, certes, mais manque d'originalité et de saveur au point de ne susciter aucune émotion particulière.
Pas de rires, pas de pleurs, pas de pitié, rien du tout, le spectateur restera neutre et ne s'inquiètera que très mollement du sort des personnages principaux, eux-mêmes plutôt survolés. Il y a un bien un début de réflexion avec le personnage de Jeff Bridges, devenu une sorte de moine cybernétique, mais le reste des acteurs ne seront que des satellites gravitant autour d'une planète vaguement hospitalière. On gardera à l'esprit le sourire enjôleur de Garrett Hedlund et les jambes sculptées d'Olivia Wilde, chacun profitant de la moindre occasion pour les placer à l'écran.
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Le plus étonnant reste encore la version « jeune » de Jeff Bridges, positionnée en grand méchant du film ; et pour cause, son visage est un trucage numérique qui peine à reproduire le jeu de l'acteur. Sur une photo, aucun problème, on y croit, mais en mouvement, il affiche quelque chose de trop synthétique pour être crédible. Dommage.
TRON devient une franchise, et se destine à devenir un nouveau produit culturel de l'envergure de Star Wars. En a-t-il les épaules ? La question reste ouverte, mais le film se dote d'une identité visuelle assez forte pour devenir un classique de la science-fiction, où les sabre-lasers sont remplacés par des disques lumineux servant à la fois d'armes et de matérialisation existentielle. De là à imaginer que Sam Flynn devienne le nouveau héros des temps modernes, il y a un pas de géant à franchir, mais les plus affutés iront jusqu'à voir des pistes de réflexion pas désagréables, qui avaient déjà été abordées pour la plupart dans le premier volet.

Effets numériques à la pointe de la technologie, 3D relief d'une qualité estimable, et musique inhabituelle, voilà tous les éléments qui font de TRON l'héritage une œuvre décalée, porteuse d'une réelle identité à défaut d'avoir une âme. Aucune surprise à avoir côté scénario, le film utilise des ressorts scénaristiques archi-connus servant de prétexte à la création de cet univers cybernétique destiné à être le terrain d'un bon nombre de jeux vidéo futurs, on l'imagine déjà.


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19 commentaires

  • riffhifi

    11/09/2007 à 18h04

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    Moi je propose "Jack du Tron" (mais il faut que le héros, l'acteur, le réalisateur ou l'assistant monteur s'appelle Jack )

  • Guillaume

    11/09/2007 à 18h21

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    Tron d'âme, si ya un rendu bd...

  • Anonyme

    11/09/2007 à 19h16

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    En tout cas, va falloir vous magner le Tron.

  • Anonyme

    11/09/2007 à 19h20

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    Wolalalala ils sont Tron mortel vos jeux de mots...

  • protoss

    11/09/2007 à 21h00

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    Comme disait mon oncle le poète, "Faut toujours r'garder le tron de l'arbre qui tombe si tu veux pas qu'i t'crase la tronche". 


     


     


     

  • Vincent.L

    11/09/2007 à 21h09

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    Les Tron voulais-tu dire Nico ?

  • Anonyme

    17/09/2010 à 11h30

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    "on se far­cit le jeu­not tête à claque (Gar­rett Hed­lund)" pardon ?


    C'est un très bon acteur! un jeune talent très prometteur, avez vous au moins prit la peine de voir les films dans lesquels il a tourné avant de le qualifier de tête à claque? bravo belle objectivité sur ce site! L'objectivité c'est pourtant important dans le travail d'un journaliste non ?


    Lamentable !

  • riffhifi

    17/09/2010 à 11h41

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    J'ai vu les extraits de TRON. Et Garrett Hedlund y joue (objectivement) un jeunot (subjectivement) tête à claque. Il n'y a pas d'objectivité possible quand on exprime un avis sur un film, seulement quand on expose des faits.

  • Anonyme

    17/09/2010 à 11h54

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    Tu te base donc sur 8 minutes de film pour te faire un "avis"


    moi c'est sur 6 films que je me base, et Garrett même s'il est jeune n'a rien d'une tête à claque ou autre.


    C'est un acteur prometteur, rien à voir avec certains jeunes acteurs actuels. Capable de jouer des rôles différents. Ne ce contentant pas de jouer les jeunes premiers beaux-gosses


    Mais tu le reconnais toi même, tu n'es pas objectif, qui n'a rien vu de ce qu'il est capable, donc ta remarque "on se far­cit le jeu­not tête à claque" n'a pas lieu d'être dans un article qui est cencé être objectif, mais peut être a tu des problèmes avec les acteurs de la jeune génération vu ta remarque insultante sur Olivia Wilde


     

  • Guillaume

    17/09/2010 à 13h27

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    C'est moi où il n'est question que du rôle de l'acteur dans Tron ? Et pas de son caractère dans la vie ?


    Après, pour l'objectivité, c'est un autre débat, et si on y réfléchit quelques temps, on se rend qu'un article un peu critique se doit d'être un mélange d'objectivité et de subjectivité, notamment pour éviter l'ennui et la répétition (imaginez un monde où tous les magazines cinéma proposeraient le même texte...).


    Ceci dit, c'est toi, Alassea qui veut de l'objectivité, on n'a jamais prétendu t'en proposer, alors inutile de nous assassiner.

  • Anonyme

    17/09/2010 à 13h51

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    Dans le "on se far­cit le jeu­not tête à claque" ce n'est pas le personnage qui semble attaqué, mais l'acteur, ou alors la personne qui a écrit cet article c'est mal exprimer.


    Qualifier quelqu'un de tête à claque ou bonnasse sort de tout cadre "informatif" surtout basé sur 8 minutes d'un film


    Hors peut on ce faire un avis et une bonne critique sur si peu? Je ne pense pas. D'autres sites on parler des effets spéciaux remettant à plus tard un jugement sur la performance des acteurs, je trouve ça bien plus logique, hors ici, d'entré de jeux, sans base solide, vous attaquez a coup  d'insultes ou presque les jeunes acteurs. C'est ça que je conteste pas le fait que vous ayez fait une remarque sur un acteur que j'aime beaucoup.

  • Nicolas

    17/09/2010 à 14h15

    Répondre

    Pareillement, je vais probablement pas être objectif sur l'article de Riffhifi, mais j'ai plutôt l'impression que le "tête à claques" s'applique au personnage plutôt qu'à l'acteur. Il y a quantité d'acteurs et d'actrices de très grand talent qui ont joué des têtes à claques ou des "bonnasses", ça ne remet pas en cause leur talent

  • el viking

    17/09/2010 à 14h19

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    ou alors c'est une question de delit de faciès... si c'est ça, moi j'ai rien à dire, parceque celà m'arrive plus que souvent...

  • riffhifi

    17/09/2010 à 14h31

    Répondre

    "Jeu­not tête à claque", c'est un emploi. Johnny Depp a joué les jeunots tête à claque à ses débuts. De même que le rôle de "bonnasse athlétique". Par exemple, Angelina Jolie joue les "bonnasses athlétiques" dans Lara Croft et Salt, mais pas dans L'échange. Comme toute catégorisation, ça se discute. Il n'y a aucune insulte là-dedans (et le texte ci-dessus n'est pas une critique, mais une présentation basée sur les éléments disponibles à l'heure actuelle).

  • kou4k

    17/09/2010 à 17h37

    Répondre

    "Jeunot" et "tête à claques" sont des informations physiques sur le personnage... Je trouve ça objectif, moi.


     


    Par contre, la bonnasse en latex est quand même super bonne !

    Avis subjectif...

  • Anonyme

    17/09/2010 à 18h36

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    Alors j'ai mal compris, autant pour moi, merci d'avoir expliquer le pourquoi des tes remarques.


     kou4k : Les in­for­ma­tions phy­siques du perso rejoingnent celle de l'acteur ça revient donc au même


    Car si on suis ton raisonnement,  la bon­nasse en latex c'est le perso, pas Olivia, c'est du pareil au même

  • kou4k

    17/09/2010 à 19h39

    Répondre

    Ben c'est valable pour les deux...


     Quitte à avoir une tête à claque et une bonnasse crédibles, autant prendre un acteur avec une tête à claque et une vraie bonnasse.

  • Anonyme

    22/12/2010 à 23h01

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    Sinon au lieu de vous battre il y a l'avant première du film le 6 janvier à Paris.. et il y a même un ptit concours pour gagner des places: http://tronlegacy.fr/informations/concours-5x-2-places-a-gagner-pour-lavant-premiere-de-tron-lheritage-a-paris/ bonnes fêtes à tous. 

  • naweug

    30/10/2011 à 23h43

    Répondre

    Totalement d'accord avec ta critique. Visuellement gratifiant (et pourtant je ne l'ai pas vu en 3D), avec une BO qui capte bien l'attention, avec des accents d'Inception et de Social Network, à la sauce Daft Punk.. avec un scénario bateau et des personnages complètement fades.
    Je me demande si la 3D apporte réellement quelque chose au film ? Une certaine profondeur.. ? >)http://cinema.krinein.com/tron-heritage ... 15118.html

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