3/10

Transporteur 3 (Le)

Boire ou conduire, faut-il choisir ? En tout cas, après avoir vu Le transporteur 3, on a envie de boire. Beaucoup. Et pas de l'eau. Espérons que Luc Besson ne passe pas la quatrième sur cette franchise-là.

Parti tourner L'incroyable Hulk pour Marvel, Louis Leterrier abandonne la réalisation du troisième Transporteur à l'excité Olivier Megaton (un nom dur à porter pour les femmes de la famille), qui hérite du colosse Jason Statham, du flic décoratif François Berléand et du scénario signé des duettistes Luc Besson et La roulette russe, c'est moins drôle à deux
La roulette russe, c'est moins drôle à deux
Robert Mark Kamen. Youpi ?

L'intrigue-prétexte, d'habitude, affiche un semblant de cohérence qui permet de s'intéresser aux séquences d'action avec l'attention qu'elles méritent. Ici, sans doute à la suite d'un problème de délais, le script prend la forme d'un amas de lieux communs assemblés entre eux avec du gros scotch marron, masqués par la couverture du mystère que constitue la mission de Frank Martin (Jason Statham) : menacé par un vilain Américain (Robert Knepper), il doit conduire une bagnole avec une passagère dont il ne veut pas, pour transporter un colis inconnu à un endroit qu'il ne connaît pas. Pendant ce temps, un ministre russe (Jeroen Krabbe, tombé bien bas depuis les premiers films de Paul Verhoeven) se fait mettre la pression pour signer des contrats dégueu. A mesure que le jour se fait sur les rouages de l'histoire, on prend la mesure de sa bêtise phénoménale, le genre de bêtise qui donne envie de se cogner la tête contre un escalier en marbre, de s'arracher les yeux pour les bouffer avec du tabasco ou d'aller lacérer l'écran du cinéma pour envoyer les morceaux à Luc Besson en promettant le même sort à la peau de son dos. Pour supporter la vision du film, il convient donc de faire totalement abstraction de son scénario, ainsi que de ses dialogues empruntés aux pires romans de gare et aux derniers des torchons à l'eau de rose de la collection Harlequin, pour se concentrer exclusivement sur le tatanage. Après tout, c'est bien ce qu'on est venu voir : Jason Statham en costard qui marave de l'affreux sans jamais verser une goutte de sueur. On vous a recommandé de laisser tomber l'intrigue, donc vous ne remarquerez pas à quel point les scènes d'action tombent Cet homme peut casser des noix avec ses omoplates.
Cet homme peut casser
des noix avec ses omoplates.
dans le film comme une perruque dans un bouillon (en gros, les commanditaires de Frank passent leur temps à vouloir le dérouiller, sans logique apparente)... Les deux premières bastons remplissent leur contrat, le chorégraphe Cory Yuen ayant décidé de confier à son héros la maîtrise de la veste et de la chemise comme armes de poing : Statham en profite pour exhiber à qui veut les voir ses biscotos impressionnants et ses tablettes de chocolat que même chez Nestlé ils en ont pas d'aussi grosses. Problème : la fréquence des dites séquences d'action baisse à mesure que le film progresse (c'est pas l'inverse en principe ?). Après la scène de vélo marrante que promettait la bande-annonce, on n'a plus droit qu'à un interminable road-movie ponctué de musique ipope au cours de laquelle la mignonne Natalya Rudakova se débat dans un rôle insupportable qui donne plus envie de la tartiner de beignes que de confiture. Jason Statham, de son côté, n'a pas plus de bol avec son Frank Martin désespérant (pas de drogue, pas d'alcool, pas un mot plus haut que l'autre) et voit son charisme naturel complètement sous-exploité par le réalisateur.

A l'issue d'un dernier quart d'heure qui tente de sauver les meubles en réinjectant la fantaisie qui avait rendu les deux premiers opus supportables, le film s'éteint dans une scène bucolique qui ne permet pas d'oublier l'esthétique laborieusement clippesque du reste (Megaton vient du clip), ni surtout l'indigence d'une production qui marque les dix ans de forfait d'Europacorp dans le genre (Taxi, 1998).

Partager cet article

A propos de l'auteur

12 commentaires

  • Anonyme

    27/11/2008 à 10h14

    Répondre

    "à mesure que le film progresse" ?


    ce terme a une connotation positive qui ne sied pas à la filmographie générale de Besson...


    Encore une bouse quoi...

  • riffhifi

    27/11/2008 à 11h01

    Répondre

    Je parlais bien sûr de la progression temporelle, contre laquelle même le pire des scénarios ne peut rien...

  • Anonyme

    27/11/2008 à 12h42

    Répondre

    Non, je ne suis pas d'accord avec toi.


    Je prend DaVinci Code comme exemple : la progression temporelle s'est arrêtée nette dès que Morphée a eu raison du film. En 20 minutes !


    Bel étron cinématographique aussi celui là...


    Un autre exemple :


    Mémento : à mesure que le temps passe, le film régresse, chronologiquement parlant et non qualitativement of course.

    Voilà, c'était juste histoire de discuter pendant la pause déjeuner...

  • riffhifi

    27/11/2008 à 14h56

    Répondre

    Memento c'est une question de terminologie : l'intrigue régresse mais le film progresse, puisque la fin du film correspond au début de l'histoire... Désolé pour les amateurs du Transporteur 3 qui nous lisent, ces considérations doivent vous paraître un peu complexes !

  • el viking

    27/11/2008 à 18h24

    Répondre

    Noooooooooonnnnnn!!! pas lui!!! pas Olivier Megaton!!! Noooooooooooonnnnn!!!

  • Anonyme

    27/11/2008 à 23h55

    Répondre

    Lu et approuvé.

  • Anonyme

    28/11/2008 à 12h40

    Répondre

    de s'ar­ra­cher les yeux pour les bouf­fer avec du ta­bas­co


    Tsss. Que de violence. Il faut vraiment être un monstre pour avoir des idées pareilles. (C'est tellement mieux sans assaisonnement...)

  • Umbriel

    28/11/2008 à 16h58

    Répondre

    Bof, sans assaisonnement, c'est comme le transporteur 3, c'est fadasse.

  • Anonyme

    02/12/2008 à 21h39

    Répondre

    toi tu n'aimes pas du tout cette saga donc tu ne peux qu'émettre une critique négative moi je l'ai trouvé moins bien que le 1 ou le 2 mais il est pa mal


     

  • Anonyme

    19/12/2008 à 23h09

    Répondre

    moi, personnellement j'ai adoré ce 3ème opus, comparés aux 2 premiers trop "clichés de films d'action", celui-ci est beaucoup plus fort en cascades et en romantisme... jason statham est magnifique et plus expressif dans ce film! à revoir

  • Anonyme

    15/01/2010 à 05h50

    Répondre

    tes métaphores sont aussi bidons que tes explications

  • Umbriel

    28/06/2010 à 11h23

    Répondre

    J'avoue que je ne comprends pas ce que cette critique fait ici... Depuis quand les médias sont dans les critiques cinéma ? Parce que là, c'est pas un film, c'est une pub pour Audi non ? Et c'est pas brillant (c'est une Audi mate ? Dsl, je sors !!).


    Ce que l'on peut retenir : une Audi va vite, c'est maniable (par contre, l'ESP est pas de série là dessus ? parce qu'elle ce qu'elle dérape !!)... Mais surtout, l'Audi peut aller dans l'eau et marcher correctement après !! Là, je crois que c'est un peu comme la scène de la mine dans le 2 : trop c'est trop !


    Pour le reste, Frank change de type de nana à chaque film (asiatique dans le 1er, dans le 2ème, je sais plus, et dans le 3, bah une ukrainienne), mais il reste fidèle aux voitures allemandes !! Y'a que ça de vrai


    Petite critique technique du Bluray : l'image est vraiment superbe, pas de "bruit", encodage très propre. Un vrai régal pour les yeux (faut au moins ça pour supporter le film ^^).

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques