5/10

Transformers 2 : La revanche

Transformers 2 - la revanche, injuste oublié de notre éditorial, sort en DVD cette semaine. L'occasion de faire un rattrapage, à 200 millions de dollars.

Transformers premier du nom constituait déjà une énorme révolution bourrin dans l'ère du cinéma numérique, tellement le film voulait en mettre plein les dents avec ses 150 millions de dollars d'apports. Gonflé de 50 millions de dollars par rapport au premier, le budget de Transformers 2 - La revanche (notons ce sous-titre nous ramenant plus de vingt ans en arrière, à une époque où l'on se foutait de traduire correctement les titres de film) annonce la couleur : le film va faire dans la surenchère, va dépoutrer du robot et dégommer de l'immeuble, vous pouvez en être certain. On parle déjà de trois fois plus de robots, et d'un machin mécanique géant qui va défoncer de la pyramide. Du bon cahier des charges de blockbuster, certes, mais qui en oublie de tirer des leçons de ses erreurs passées. Et entre deux trucs à détruire, le film les réitère. Gros plan sur un film qui se voit en plan large.

Shia, personnage principal
Shia, personnage principal.
Plan large, oui, car Transformers 2 - La revanche (on s'en lasse pas, de ce sous-titre) bénéficie d'un effort certain de lisibilité, qui avait pu manquer parfois au premier. En panoramique, le saint patron de l'explosion et de la caméra tremblotante Michael Bay (agenouillez-vous) filme la destruction de la moitié de la Chine (ou peu s'en faut : une zone industrielle et un pont, grosso modo) avec une volubilité et un plaisir qu'il ne manquera pas de communiquer au spectateur. Et cela a beau péter de partout, l'action est au premier plan et s'appuie sur de nombreux petits ralentis pour demeurer à la portée de tous. On prend cher dès les premières minutes, et l'on comprend que le robot sera la préoccupation principale, une fois encore, et que le nombre d'entités fera la force du film. Film qui nous étonne parfois en proposant de solides effets spéciaux et quelques scènes du plus grand intérêt visuel, comme cette instant de bataille épique en plein milieu des bois, majestueusement rendue et très crédible du moment que l'on croit aux robots géants. Michael Bay, tout comme son confrère Roland Emmerich, est à l'aise avec l'effet visuel et sait donner du style à sa réalisation, à défaut de ne pas l'épaissir.

Megan, potiche (mais une belle).
Megan, potiche (mais une belle).
La mécanique se grippe ensuite. En fait, elle se coince à partir du moment où Michael Bay s'attaque au scénario. Passons sur la première apparition de Megan Fox, qui ne manquera pas de provoquer des réactions diverses parmi la population masculine assistant au film (à cheval sur une moto, l'arrière-train au premier plan, avec un petit short jean et les cheveux au vent - du 100% réglementaire dans le monde de la mécanique), la pauvre brune aux yeux d'azur servant juste de décoration de luxe. Oui, attaquons directement l'essentiel : Shia LaBeouf et ses aventures. Les quelques personnes qui s'étaient arrachés un œil en essayant d'intellectualiser ce qu'ils voyaient pendant le premier film attaqueront certainement le second, tant le quotient intellectuel de l'histoire pue le fruit de mer avarié. Mais le pire reste certainement l'humour bon enfant que le film cherche à se doter, ratissant large pour j'imagine attirer le blondinet pré-adolescent et le divertir au maximum, pour que les cours de récrés pullulent d'Optimus Prime miniatures (les gros ne rentrent pas dans le cartable), pour que la franchise perdure à travers les belles années qui l'attendent. J'ai vu, délivrez-moi du mal, j'ai vu un petit robot moisi se frotter tel un clébard sur la jambe de Megan Fox ; j'ai vu, sauvez-moi je vous en prie, j'ai vu un robot "vieux", gâteux, s'appuyant sur une béquille et affublé d'une sorte de barbe en métal ; j'ai vu maintes et maintes choses dans ce film qui m'ont fait pencher la tête sur le côté, mon visage arborant cette expression très caractéristique qui survient lorsque je regarde un film de Chuck Norris. On passe à deux doigts du nanar friqué.

Optimus Prime, effet spécial.
Optimus Prime, effet spécial.
La scène finale sera dantesque, ou ne sera pas. Mais malgré les moyens déployés, on ne peut s'empêcher d'être déçu par cette destruction en règle d'une partie de l'Egypte. D'abord, parce que jusqu'ici les scènes d'action avaient été si bien réglées et si divertissantes que la dernière fait office de bouquet final brouillon et tournant un peu à vide. Les explosions fusent, le sable virevolte, des robots se battent sans que l'on sache qui est qui, et l'on finit par se mettre en mode automatique pour attendre la fin. Un sursaut d'intérêt nous réveille lorsque le fameux Fallen du titre VO (Revenge of the Fallen) entre enfin dans la bataille, mais l'attention ne sera que d'une minute ou deux, tellement l'affrontement final est bâclé. Pour ne pas dire raté et inintéressant.

Après le film, quel verdict ? Peut-être que le premier opus avait plus de mérite niveau scénario, oui, peut-être. Mais en cherchant dans ses souvenirs, on se rend compte que les deux se valent et tablent sur le bigoût humour / mystique à deux balles. Toutefois, forte de ses 200 millions de dollars, cette revanche impressionne parfois par la démesure des moyens déployés, et c'est pourquoi j'ajouterai un demi-point supplémentaire à cet énorme pop-corn movie. Parce que, ok, c'est crétin, mais c'est défoulant. Merci de votre attention.

A découvrir

Trésor

Partager cet article

A propos de l'auteur

6 commentaires

  • Anonyme

    09/06/2009 à 12h33

    Répondre

    bon alors, je préfère le dire tout net. Michael  Bay, c'est comme la cloppe...Mauvais pour la santé, mais tellement jouissif sur le moment, et procurant un sentiment de culpabilité après consommation. On prend son plaisir sur le moment, mais rien ne reste, on aurait surtout pu faire autre chose de mieux de son argent... J'ai décidé d'arrêter de fumer. J'avais vu transformers 1 avec l'envie hypocrite de bien vérifier que ce film allait être dénué d'intérêt... Je dirais que j'ai pris un plaisir coupable à voir ce déferlement d'explosions, comme un peu avec bad boys 2. Je sais pas, y a un coté jouissif  à voir une trentaine de bagnoles explosées juste pour le fun et 200 millions de dollars partis en fumée. Pourquoi partis en fumée??? parce que juste après, on se dit qu'on a perdu son temps, les émotions disparaissent, aucune trace ne reste, juste un sentiment de dégout pour ce système productiviste hollywoodien débile où un michael bay peut encore exister sans jamais avoir à se renouveler....Il flatte les plus bas instincts, et ça marche... C'est peut être un génie, après tout... 700 millions de dollars pour transformers 1 de recettes. Quand je pense qu'AI à fait 150 millions de dollars pour le même budget. Quand je vois ça  et quand je pense aux vingtaine d'années passées sur le scénario, je me dis kubrick était un con...

  • Anonyme

    07/11/2009 à 19h07

    Répondre

    Bonjour.


    Je trouve que c'est un très beau film, où les effets spéciaux sont bien réalisé. L'histoire est un peu est bien dans la continuitié du premier volet de la triologie. Le suspence vous coupe le souffle jusqu'a la dernière minute ! J'attend Transformers 3 avec impatiente !

  • Bung

    03/12/2009 à 22h27

    Répondre

    Bravo, quelle comparaison "Batman"...


    Rien à dire, le pognon c'est mieux que d'assumer de vrais choix de vie. Avec une telle mentalité, je comprends pourquoi le cinéma est devenu aussi naze...


    Sinon, Bay est toujours aussi patriote.. Des Marines paumés dans le désert et qui se battent - et survivent !- héroïquement à une charge de robots tous plus improbablent les uns que les autres, c'est beau. Manque juste la bannière étoilée...


    Tu vois "Batman", la différence entre Kubrik et Bay c'est qu'on se souviendra du premier. L'autre disparaîtra après sa mort, d'autres "super-artistes" exploitant le filon  du block buster crétin et patriote...


     

  • Umbriel

    09/12/2009 à 13h26

    Répondre

    Ouep, c'est joli comme film... On ne prend plein les yeux, et pourtant, c'est un peu du n'importe quoi...


    Le 1er m'avait déçu. J'estimais qu'en 1h30, c'était bouclé, mais non, on était reparti pour 1h supplémentaire inutile...


    Là, ça allait jusqu'à la dernière 1/2h et son final débile... 


    Y'a un truc qui m'a vraiment fait rire : le pantalon blanc de Megan Fox dans le desert... Pendant 20 mn, il reste immaculé malgré les tempêtes de sable, les chutes, les courses etc etc... Qu'on ne me dise plus que le blanc c'est salissant !!


     Pour "Batman", ton raisonnement me fait penser à un film : "Idiocracy".

  • Anonyme

    10/03/2010 à 18h07

    Répondre

    quoi? pas de Twilight???

  • nazonfly

    25/04/2011 à 14h23

    Répondre

    Tiens j'ai eu la chance de voir Transformers 2. Et évidemment d'accord avec la critique de Nicolas : un début énorme, une fin bordélique (mais néanmoins énorme aussi) et un milieu bien chiant à une Megan Fox près. Pour moi, ce sont surtout les deux robots jumeaux qui m'ont saoûlé.
    Largement moins jouissif que le premier (parce que j'ai vu le premier en VF ?)
    http://cinema.krinein.com/transform ... -9487.html

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques