8.5/10

Toy Story 3

Troisième opus tardif mais réussi, qui consolide les qualités des deux premiers tout en emportant l'histoire et les personnages vers de nouveaux horizons, sous l'apparence d'un bouclage de trilogie.

Toy Story en 1995, sortie historique qui révèle Pixar et l'animation en images de synthèse. Toy Story 2 en 1999, première suite réalisée par le studio et nouveau succès. Après une décennie de triomphes artistiques et publics, ainsi qu'une fusion avec Disney réalisée sans perte d'âme, Pixar sort ce Toy Story 3, qui constitue sa... Always look on the sunny side of life
Always look on the sunny side of life
deuxième suite, tous titres confondus (en attendant Cars 2 l'an prochain). Un nouvel opus diablement tardif, donc, et qui marque l'entrée de la saga dans le millénaire actuel (eh oui, retournez lire les dates). Au menu : inévitable 3D (sans heurt et sans effet excessivement spectaculaire), graphismes impeccables (tout en restant cohérent avec celui, désormais considéré comme rudimentaire, de ses prédécesseurs), ajout de personnages et introduction d'un élément résolument nouveau : la marque du temps. Andy, le jeune propriétaire des jouets Woody, Buzz et leurs camarades, a désormais 17 ans, un permis de conduire et une valise à faire pour se rendre à l'université. Ses joujoux d'enfance, relégués dans une malle poussiéreuse depuis plusieurs années, atterrissent dans une garderie où de nombreux dangers les attendent...

Conçu comme la fin d'une trilogie plutôt que comme un simple épisode de plus, Toy Story 3 fait appel à la connaissance que le spectateur a des personnages pour construire leurs comportements et leurs interactions ; malin, le scénario fait même appel à plusieurs jouets universellement connus (l'inusable voiture-téléphone de Fisher-Price, les sirupeux Ken et Barbie traités de façon hilarante)... mais les protagonistes les plus intéressants sont finalement les petits nouveaux créés de Un vieux couple...
Un vieux couple...
toute pièce, comme l'ours Lotso ou son aide de camp Big Baby ; un constat qui est tout à l'honneur du réalisateur Lee Unkrich (Monstres & Cie, Le monde de Nemo), qui succède à John Lasseter et se permet ainsi de poser sa patte sur la série (qui ne lui est pas étrangère, puisqu'il était monteur sur les deux premiers, et avait participé à la réalisation du deuxième). Les ajouts à la galerie de personnages sont tous empreints d'un caractère fort et subtil, et plusieurs jouent sur l'éternel paradoxe qui existe entre le mignon et l'inquiétant, entre le festif et le terrifiant. L'histoire elle-même recèle des concepts et des moments très forts, notamment sur la peur du changement ou la solidarité dans les périodes de crise. Tout change, tout passe, tout casse, chacun sa voie, chacun son destin, mais il est rare que l'on entende la rengaine dans un film pour enfants (mais après tout, Pixar avait déjà arpenté le terrain l'an dernier avec Là-haut).

Le spectacle, quant à lui, est assuré à 100% : l'action et l'humour sont dosés à merveille, notamment lors d'une séquence d'ouverture spectaculaire et dans une dernière partie où se succèdent quelques idées particulièrement folles (merci à M. et Mme Patate). La séparation régulière de Buzz et Woody, nécessaire au dynamisme de l'intrigue, ne semble pas forcée ni repompée sur les précédents opus. Et le final, émouvant, permet de tourner la page intelligemment sur un triptyque de grande qualité, dont chaque volet constitua dès sa sortie un classique du cinéma d'animation.


PS : on ne saurait encourager les spectateurs à se tourner vers les versions françaises, qui perdent généralement une partie du sens et des intentions de jeu des versions originales ; mais dans le cas présent, il faut noter la présence vocale d'un caméo qu'on ne spoilera pas mais qui vaut le détour.


Partager cet article

A propos de l'auteur

9 commentaires

  • hiddenplace

    16/07/2010 à 19h01

    Répondre

    J'ai noté le caméo vocal (puisque pour une fois vu en VF) : génial (et parfaitement approprié) !


    Mais le grand caméo de marque pour moi, même s'il est muet, et devant le téléphone Fisher Price et devant Ken et Barbie (pourtant absolument irrésistibles il faut l'admettre), c'est la présence de :


    Totorooooooooooooooooooo  [img]http://www.krinein.com/forum/images/smilies/love.gif" border="0" alt="" />

  • gyzmo

    16/07/2010 à 20h39

    Répondre

    Clair que par rapport à Shrek 4, c'est d'un tout autre niveau


    Toujours aussi drôle, très bien animé et mis en scène. C'est décalé, c'est émouvant, c'est réellement du grand art. Sont balèzes chez Pixar. Bref. Je me suis éclaté. Vivement la suite !

  • Anonyme

    21/07/2010 à 12h05

    Répondre

    Bonjour, j'ai vu le film hier en ayant eu la chance d'éviter cette fichue 3D et sur un écran de ciné d'une qualité d'images que j'ai rarement vu. Le film n'en était que plus beau visuellement, c'était renversant (et pas besoin de 3D pour ça!).


    Totale réussite pour Pixar une fois de plus. C'est une très belle conclusion que le studio nous a offert là. Humour (comme toujours) et mélancolie sont les deux ingrédients magiques qui donnent à cet ultime volet ce petit quelque chose de plus par rapport à la concurrence. Sans parler des multiples clins d'oeil scénaristiques...


    Par contre, je n'ai pas noté le caméo vocal... pourtant je l'ai vu en VF mais j'ai beau me remémorer le film, ça ne m'a pas marqué. Pourriez-vous l'indiquer en le cachant par des balises, s'il vous plait?

  • kou4k

    21/07/2010 à 14h25

    Répondre

    Excellent !


     On se marre bien, et, comme répété plus bas, le film offre une conclusion parfaite à la trilogie.


    Ken est tout simplement hilarant, et certains personnages montrent leur véritable potentiel comique et émotionnel.


    A voir.

  • riffhifi

    21/07/2010 à 15h39

    Répondre

    Par contre, je n'ai pas noté le caméo vocal... pourtant je l'ai vu en VF mais j'ai beau me remémorer le film, ça ne m'a pas marqué. Pourriez-vous l'indiquer en le cachant par des balises, s'il vous plait?


    Yep :


    Grand Corps Malade

  • hiddenplace

    21/07/2010 à 17h55

    Répondre

    ...dans la peau du clown "faussement" triste, si tu ne l'as pas repéré

  • Anonyme

    24/07/2010 à 00h22

    Répondre

    Oui! Je m'en suis douté (et rappelé également)  quelques heures après avoir posté mais en lisant le p.s de la chronique et le commentaire de hiddenplace, je pensais à... hum disons quelque chose de plus connu, de plus international. C'est pour ça que son intervention m'était sortie de l'esprit.


    Pourtant, j'avais assez rapidement réagi en entendant les longues tirades du clown ^^


    Étonnant caméo du reste.

  • Nicolas

    26/07/2010 à 14h10

    Répondre

    Pixar n'a clairement pas cherché à utiliser pleinement l'effet relief pour Toy Story 3, ce qui n'est pas plus mal. Le film est en tout cas aussi réussi que les précédents, bien au-dessus d'un Shrek 4 très poussif.

  • nazonfly

    09/09/2013 à 21h49

    Répondre

    Un numéro plutôt pas mal puisqu'il y a une certaine tristesse qui se dégage de certains passages. Par contre on sent toujours que Pixar prépare les gamins pour leur vie de ciné-spectateur adulte : un peu d'humour, un peu de d'amourette, de l'action. Ça manque singulièrement de poésie.

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques