6.5/10

Tout ce qui brille

Une comédie sur la banlieue et le rêve de nouveaux horizons, portée par un trio d'actrices qui donnent le ton juste. Probablement le succès surprise de ce mois de mars.

Une chose est certaine : quelle que soit la qualité du film, on peut dire que la promotion a fait son œuvre. Véritable buzz médiatique du moment, Tout ce qui Brille se balade de plateaux en supports par l'intermédiaire de son trio d'actrice qui a le bagout nécessaire pour vendre leur film. Effectivement, quand elles en parlent, on se dit que le film pourrait constituer une alternative tout à fait acceptable si le blockbuster du moment (Alice aux pays des Merveilles) affiche complet. Et ça n'a pas raté, puisque le film se place en deuxième position des démarrages de la semaine.

Ely (Géraldine Nakache) et Lila (Leïla Bekhti) sont amies depuis l'enfance, et habitent une cité HLM de Puteaux. Leur rêve : habiter sur Paris et fréquenter les soirées branchées, côtoyer la crème de Paname et se chausser chez les plus grandes figures de la mode. Par hasard, elles parviennent à lier connaissance avec Agathe (Virginie Ledoyen), qui leur ouvre les portes dorés du grand Paris. Mais si tout semble briller au premier abord, la réalité s'avèrera tout autre...


Tout ce qui Brille
ressemble à une fable. Celle de deux jeunes femmes, issues de la périphérie parisienne, qui rêvent du grand paris et de ses paillettes, et qui vont évidemment tomber de haut. Mais c'est avant tout une histoire d'amitié, et un regard sur la banlieue un peu différent de ce que l'on a l'habitude de voir. Le film assume d'une part son vocabulaire « fleuri » et un peu provocant, agressif dans la forme mais relevant davantage d'une forme de communication contextuelle que d'autre chose ; et d'autre part, il ne présente pas les cités HLM comme des lieux mal famés où la violence et le crime règnent sans partage. Les actrices l'ont évoquée dans leurs nombreux entretiens, l'idée était de donner aux spectateurs une vision plus juste de la réalité, plus authentique, plus « vécu ». Et lorsque Slim (Nader Boussandel) interpelle Ely (Géraldine Nakache) avec lourdeur du haut de son appartement, il n'y a finalement aucune intention malhonnête, juste des difficultés de communication et une certaine timidité.

C'est ainsi que l'on suit le parcours d'Ely et Lila dans la grande bourgeoisie parisienne, les deux amies s'y accommodant d'une manière totalement différente. On devine facilement comme tout cela va se terminer, et il est parfois difficile de s'y intéresser pleinement. Cela serait bien pire si les deux actrices n'affichaient pas une réelle complicité et une maîtrise complète de leurs personnages. Leur amitié un peu vache porte le film, leurs différends lui donne un peu de ressort, leurs joutes verbales lui confère des pics d'intérêts. Mais la grande révélation du film sera certainement Audrey Lamy, la petite sœur d'Alexandra, qui apparaît pour la première fois sur grand écran dans un rôle majeur. D'un personnage au final très typé, elle en extrait la moelle et électrise chacune de ses scènes, conférant volume et justesse à ses répliques.

Premier film pour Géraldine Nakache (et Hervé Mimran, mais celui-ci s'avère moins médiatisé), et première réussite. Nous ne sommes pas en présence d'un chef-d'œuvre, mais d'un film sincère qui a le mérite de sonner juste dans ce qu'il montre. Mention pour Audrey Lamy, certainement capable de se faire un prénom en très peu de temps.


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3 commentaires

  • Anonyme

    29/03/2010 à 13h21

    Répondre

    ce film est ridicule,c'est quand même l'histoire au 1 degré de 2 pauvres petites malheureuse banlieusardes de Puteaux qui rêvent de vivrent à Paris car tout est different là basil faut quand même savoir que Puteaux est une ville du 92 près de la Défense donc à même pas 10mn de Paris et que cette ville comme toutes celles du 92 est une ville  de bourges qui n'a rien avoir avec la banlieue comme le 93 le 94 ou le 91le style des boutiques en centre ville c'est plus Hediard que Leaderprice et même les HLM là bas n'on rien avoir avec les citées habituel....et donc contrairement à ce que croit la realisatrice n'est pas representative  de la jeunesse actuelle mais seulement d'une jeunesse petite bourgeoise ayant des rêves de grandeur ce qui est à mon sens sans interets  

  • Anonyme

    29/03/2010 à 16h31

    Répondre

    Quand les parisiens parlent des banlieusards, tu crois qu'ils font la différence entre 9 un deux trois ou quatre , cedjav ? La seule banlieue qui nest pas une banlieue pour eux, c'est Neuilly : NAP, ça veut dire Neuilly-Auteuil-Passy......ça veut tout dire ( =unité homogène). Maintenant à Oulanbator tu trouveras aussi des magasins Hédiard ! la moitié de la population y crève la dalle, mais ce n'est pas ça qui fermera les boutiques de luxe : sur toute la planète maintenant  il y a des gens qui se croient riches parce qu'ils peuvent s'acheter un sac avec une marque dessus ... triste époque. Surtout si tu appelles ça des "rêves de grandeur" !

  • Anonyme

    07/04/2010 à 11h26

    Répondre

    Au-delà de la comédie, une vraie
    question des valeurs et de l'éducation de la vie banlieusarde bousculé par le
    tumulte de l'extravagance, l'irresponsabilité et l'absence d'ouverture d'esprit
    de  la vie bourgeoise et clinquante
    parisienne.


    Le rêve bobo est-il enviable ? Sont-ils
    plus heureux ? Que fuient-ils ? Quelles sont leurs buts ?


     


    Histoire sympa, passages amusants,
    cependant, rien de transcendant. Bien que le postulat de départ soit
    intéressant, le scénario semble un peu creux.


    Film plaisant, mais ni bouleversant ni
    marquant.

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