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Timecop

Jean-Claude Van Damme dans la peau d'un policier chargé de réguler les flux spatio-temporels fait dans la SF musclée, mais pas trop...

Sorti en 1994, Timecop n'eut le privilège d'être visionné par mes soins que quelques années plus tard. Une forte impression de film bâclé, mal réalisé, s'encombrant de personnages lourdeaux, formait alors mon jugement final.

Puis, quelques années plus tard, pour ne pas dire la semaine dernière, la thématique Jean-Claude Van Damme sur Séna-tueur
Séna-tueur
Krinein m'a replacé devant l'écran, à admirer JCVD en policier devant résoudre les crimes temporels.

En effet, Timecop se base sur un pitch minimaliste mais très efficace. Le voyage dans le temps est maintenant possible. Pour le bien de l'humanité, mais aussi, malheureusement, pour la grande satisfaction des criminels. Une police du temps (Time Endforcement Commission) est mise en place pour éviter et résoudre tous les débordements. Max Walker (Jean-Claude Van Damme) est l'un des policiers chargé de veiller sur notre sommeil douillet.

Timecop a bien évidemment vieilli. Que ce soit la façon dont le futur est vu (les automobiles dans lesquelles on ne voit pas la lumière du jour, au design detritus prononcé) ou la manière dont sont habillés les protagonistes, l'ensemble du film dégage une atmosphère vieillotte, assez bénéfique pour lui, puisque l'on ressent la patine du temps, et donc l'indulgence poindre.

Elles sont jolies mes chaussures ?
Elles sont jolies mes chaussures ?
Jean-Claude Van Damme campe un policier vieux baroudeur, un de ceux auxquels "on ne la fait pas", qui s'est forgé un tel caractère afin d'échapper au véritable drame de sa vie : l'assassinat de sa femme par un groupe de malfrats venus du futur. Il était pourtant présent sur les lieux, mais il n'a rien pu faire pour la préserver.

Il lui faudra ressentir la trahison d'une autre femme, une collègue arriviste censée couvrir ses arrières, pour accepter l'idée qu'il a toute légitimité à influencer le passé pour son bien être personnel, et l'intervention du sénateur trop ambitieux Aaron Mc Comb souhaitant briguer la présidence, pour se permettre de transformer ses nouveaux idéaux en action.

Jean-Claude Van Damme, tout comme dans Replicant quelques années plus tard, rencontrera son double, si ce n'est que la différence d'âge est ici réelle. On pourrait y voir l'amorce d'une thématique fil rouge dans l'oeuvre du Belge, puisque dans JCVD il jouera son propre rôle, allant encore plus loin dans la mise en abyme.

Quoi qu'il en soit, Timecop, sans qu'on s'en rende compte, montre que l'acteur est capable d'utiliser son physique autrement que pour des films uniquement démonstratifs à base de pirouette, coups de tatanes et muscles bandés. Au Ouch !
Ouch !
contraire, si on se réjouit de trouver quelques effets de manches forcément attendus, on est heureux de réaliser qu'un autre acteur que lui n'aurait pas pu se balader aussi aisément dans le temps. Pour réussir à rester en vie face à une adversité si peu conciliante, il faut forcément être incarné par Jean-Claude Van Damme. Il ne peut en être autrement.

On n'ira pas jusqu'à dire que Timecop a amené Jean-Claude Van Damme à un rôle à contre-emploi, ou alors il sera nécessaire de se couper les deux mains pour les jeter au feu, mais, a postériori, on constate que c'est un tournant pour l'acteur, certainement une tentative de sortir du moule. Une tentative ratée car trop légère, symptomatique de la période de traversée du désert que traversera l'acteur qui renaîtra, plus tard, sous une forme maladroite grâce à Loft Story 1.

Mises à part ses élucubrations sur la destinée de l'acteur, Timecop reste définitivement un bon film de science-fiction sur le papier, et un mauvais sur écran. Pourquoi un pitch aussi percutant accouche d'un film aussi peu ambitieux ? Une question dont on pourra encore longtemps débattre.

Heureusement, Jean-Claude nous redonne le sourire grâce à ses grands écarts et ses poses guerrières. Un remake, sinon rien !

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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