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Thor : foudre de guerre

If I had a hammer
I'd hammer in the morning
I'd hammer in the evening
All over this land
I'd hammer out danger
I'd hammer out a warning
I'd hammer out love between my brothers and my sisters
All over this land

Banni du Royaume d'Asgard par son père Odin pour son arrogance, le guerrier Thor arrive sur Terre et rencontre une équipe de scientifiques qu'il laisse perplexe. Ce grand gaillard blond est-
L'agent Coulson (Clark Gregg)
et Thor (Chris Hemsworth)
il vraiment tombé du ciel avec un marteau nommé Mjolnir ?...

Autant le dire : Thor ne partait pas vainqueur. Bien qu'issu du foisonnant catalogue de comics Marvel, le personnage est loin d'être aussi célèbre qu'un Spider-man ou un Hulk, et son interprète Chris Hemsworth est un inconnu australien dont le nom ne fait pas vibrer les foules comme Edward Norton ou Robert Downey Jr. Pour couronner le tout, son histoire est tirée de mythologies nordiques vieilles de mille ans, ce qui le rend coton à intégrer dans l'univers cinématographique des Vengeurs, jusqu'ici plutôt porté sur la science-fiction pseudo-technologique.

Le film avait donc trois défis à relever : l'attrait commercial, la cohérence et la qualité artistique. Pour le premier, il a suffi de sortir le bottin et le carnet de chèques, afin de s'assurer la présence de Natalie Portman, Anthony Hopkins, Rene Russo et Stellan Skarsgard (ce dernier constituant la caution "scandinave" du film, bien que d'aucuns auraient préféré Dolph Lundgren, dont la société de production s'appelle Thor Films !) ; autant de comédiens vendeurs et respectables, qui assurent à la production un certain standing. Pour la cohérence, le scénario mise sur une théorie acceptable : les dieux nordiques sont en réalité les habitants d'une planète lointaine, et disposent d'une machine qui leur permet de traverser l'univers en aussi peu de temps qu'il en faut pour dire « Stargate ». La notion que chez eux, « science et magie ne font qu'un » permet de faire passer toutes sortes d'excès visuels sans pour autant rendre bancale la présence d'agents du SHIELD armés d'appareils de mesures (l'agent Coulson est désormais le fil rouge officiel des films de Vengeurs).


Heimdall (Idris Elba)
Quant à la qualité du fond et de la forme, elle est assurée par deux camps : celui des cinq scénaristes, parmi lesquels on trouve le populaire J. Michael Straczynski (qui écrit aussi bien pour la BD que pour le cinéma, chez Marvel comme chez Clint Eastwood) ; et celui de la réalisation, confiée à Kenneth Branagh. Un choix aussi culotté que celui de Jon Favreau pour Iron Man, car ni l'un ni l'autre n'avaient eu précédemment à diriger de productions aussi considérables. Tous deux sont acteurs aussi bien que réalisateurs, et Branagh se caractérise par un goût immodéré pour Shakespeare, dont il a adapté plusieurs pièces sur scène et à l'écran. Rien d'étonnant à ce qu'il injecte un sentiment de tragédie dans le récit, ni à ce qu'il s'entoure de quelques acteurs au CV shakespearien : Idris Elba, Colm Feore, et surtout Tom Hiddleston (il a joué avec ce dernier dans la série Wallander et le téléfilm Conspiration) dans le rôle subtilement pervers de Loki. Bien qu'il abuse un peu des plans de traviole, atteint en cela du même syndrome qu'Ang Lee sur Hulk (« oh mon Dieu, il faut que mon film ressemble à une bande dessinée ! »), le cinéaste se tient assez fermement à un parti-pris louable : celui de raconter avant tout une relation père-fils, suivant une intrigue légèrement plus adulte que la plupart des autres histoires de super-héros. D'habitude, le protagoniste doit apprendre à remettre en cause ou affronter une figure paternelle, passant ainsi de l'enfance à l'adolescence ; ici, le scénario commence précisément sur cette rébellion, et Thor doit prendre une leçon d'humilité avant de faire la paix avec son père. On s'amusera également de trouver une ressemblance entre Kenneth Branagh et Chris Hemsworth, qui incarne le rôle-titre avec conviction, puissance et déploie tour à tour plusieurs facettes d'un talent certain. Et en plus il est beau.

Terminons l'aperçu du casting avec le quatuor formé par Ray Stevenson (déjà interprète du Punisher, et visible l'an prochain en Porthos), Jaimie Alexander, Tadanobu Asano et Josh Dallas, qui jouent les compagnons d'arme Volstagg, Sif, Hogun et Fandral.
Le SHIELD aurait bien besoin d'un bouclier
Grâce à eux, le film dispose de plusieurs scènes de combat épiques, et maintient un équilibre permanent entre les scènes situées sur Terre et celles qui se déroulent sur Asgard.

A l'instar d'Iron Man 2, mais de façon moins appuyée, Thor contribue à préparer le terrain pour The Avengers : brève introduction de Hawkeye (Jeremy Renner), allusions aux autres personnages déjà portés à l'écran… Les fans purs et durs du comic book (y en a-t-il beaucoup en France ?) s'insurgeront peut-être contre le fait que Thor ne soit pas incarné dans le corps d'un certain Donald Blake (le scénario prévoit une private joke en guise de remplacement), et que son casque ailé ne passe que très peu de temps sur son crâne, mais le souffle chevaleresque du récit, l'humour habilement dosé, l'esthétisme des effets spéciaux (hormis une scène de chevauchée, la CGI passe remarquablement bien sur grand écran) et surtout la personnalité des personnages devraient emporter leur adhésion.


Loki (Tom Hiddleston) et Thor

Soyez thématiques ! Allez voir le film un jeudi, c'est le jour de Thor (en anglais, le mot Thursday est dérivé de "Thor's Day").

Soyez patients ! Comme souvent dans les productions Marvel, une scène vous attend à la fin du générique.

Soyez informés ! La prochaine étape du parcours Avengers sera Captain America, le 20 juillet prochain.

A propos de l'auteur

11 commentaires

  • OuRs256

    21/04/2011 à 23h08

    Répondre

    J'étais pas très motivé pour aller le voir, je vais peut-être reconsidérer ^^. Si c'est nul, tu seras responsable =Dhttp://cinema.krinein.com/thor-foud ... 15832.html

  • Canette Ultra

    22/04/2011 à 08h13

    Répondre

    Le casque ailé, c'est mieux que l'on ne le voit pas trop. ça ferait trop Astérix.
    De même que les petites ailes de Cap'
    Il y a eu une période "petites ailes" dans les comics ou quoi ?

  • riffhifi

    22/04/2011 à 09h23

    Répondre

    C'est Flash et Hawkman qui ont montré la voie dans les années 40.

  • Canette Ultra

    22/04/2011 à 09h25

    Répondre

    Tu es sur? Je crois que Namor était arrivé en 1939. Il a des petites ailes aussi. Bon, sur les chevilles mais quand bien même, il a des ailettes.

  • riffhifi

    22/04/2011 à 09h44

    Répondre

    Ah oui effectivement, j'étais branché "ailettes sur la crâne" !

  • Canette Ultra

    22/04/2011 à 09h48

    Répondre

    Sur le crâne, c'est 1940 en effet, LA date à retenir.
    Certains héros l'ont échappé belle ! Hulk ou Green Lantern avec des ailettes...

  • kou4k

    22/05/2011 à 22h19

    Répondre

    Entre les personnages antipathiques et inutiles, et la vitesse à laquelle évolue Thor, le film se casse allègrement la gueule dans sa seconde partie.

    Si le début est franchement regardable, dépassé la moitié, c'est lourd, niais, fade et sans intérêt. Dommage, parce que tout ce qui se passe sur la planète de Thor est franchement réussi...

    Trop de fan service. J'ai apprécié, mais vraiment sans plus.

  • el viking

    24/05/2011 à 19h29

    Répondre

    Perso, j'ai du mal avec Thor lui même... et comme il est un peu à la base du film...
    Loki s'en sort plutôt bien, en revanche, et comme un film n'est réussi que s'il y a un bon méchant, le film n'est pas complétement raté...

  • Alim

    24/05/2011 à 23h31

    Répondre

    Attention, on rapelle que ce film est déconseillé aux guerriers asiatiques

    Thor tue ninja

  • hiddenplace

    25/05/2011 à 00h32

    Répondre

    Comme on dit quelque part ailleurs, j'aime.

  • el viking

    25/05/2011 à 18h59

    Répondre

    j'avoue que cette intervention venue de nulle part d'un yoda père noël est des plus fracassantes...

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