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The Kids are all right : acteurs vedettes pour sujet bateau

Annette Bening, Julianne Moore, Mark Ruffalo, Mia Wasikowska et Josh Hutcherson : un beau casting familial, probablement la seule raison de la présence du film aux Oscars et aux Golden Globes.

The Kids are all right, pour tout fan de rock option “années 60”, est un standard des Who. On aurait même pu passer complètement à côté du film de Lisa Cholodenko en octobre dernier (c'est d'ailleurs ce qui s'est passé), s'il n'avait été repêché par les Golden Globes (vainqueur de la catégorie "comédie ou film musical", alors qu'il n'est ni l'un ni l'autre) et les Oscars, où il concourt actuellement pour les statuettes du meilleur film, du meilleur scénario, de la meilleure actrice (Annette Bening) et du meilleur acteur (Mark Ruffalo). Aurait-on loupé un futur classique ?

Joni et Laser n'ont pas seulement des patronymes incongrus, ils ont également deux
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mamans. Le couple lesbien formé par Jules et Nic (diminutifs officiels de Julie et Nicole, mais le résultat est incontestablement masculinisant) a eu recours à l'insémination artificielle, chacune des deux ayant conçu un enfant avec le sperme du même donneur. Arrivés en âge de connaître leur père biologique, les deux adolescents découvrent un quadragénaire sympathique et décomplexé, qu'ils tentent alors d'intégrer dans leur paysage familial.

Le scénario n'a rien d'un feu d'artifice d'idées révolutionnaires : à partir du sujet prétexte que constitue l'homoparentalité, il ne développe qu'un canevas parfaitement convenu autour de la crise d'identité que traversent immanquablement les couples, les adolescents, et les célibataires longue durée. Le véritable talent de Lisa Cholodenko, scénariste-réalisatrice lesbienne à la filmographie sporadique (son dernier long métrage date de 2004, et elle a réalisé quelques épisodes de séries télé sans jamais intégrer l'équipe régulière : un épisode de Six Feet Under, un de The L Word…), est d'avoir su réunir un casting aux petits oignons composé de Julianne Moore et Annette Bening dans le rôle du couple, Mark Ruffalo dans celui du gentil trublion, et deux acteurs prometteurs pour les enfants : Mia Wasikowska (découverte dans la série En analyse, et surtout dans le rôle-titre
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d'Alice au pays des merveilles de Tim Burton) et Josh Hutcherson (pressenti un temps pour être le nouveau Spider-man). Tous arrivent à donner épaisseur et réalité à leurs personnages, qui souffrent pourtant d'une écriture un peu caricaturale qui les réduit à un archétype, l'équivalent américain du "bobo" : ils boivent du vin dans de grands verres, aiment l'agriculture biologique, écoutent des vinyles…

On peut se demander si le succès académique du film n'est pas simplement dû à sa peinture d'un couple homosexuel féminin, sujet bien plus rare que l'homosexualité masculine. Pourtant, le scénario lui-même aurait fonctionné exactement de la même manière avec un couple hétéro dont l'homme aurait été stérile… Mais l'originalité réside justement dans la présentation d'une famille "normale" dans laquelle le papa est une maman. Un peu léger, tout de même.


Pour tout bonus, le DVD propose un making-of ultra-consensuel de 6mn30, et la bande-annonce du film.


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