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The Green Hornet : Gondry nous étonne

Bonne surprise que ce héros des années 40 déterré par le réalisateur français Michel Gondry. Tout n'est pas de premier choix, mais le produit est suffisamment mûr pour s'apprécier sans effort intellectuel.

Même s'il existe depuis longtemps, en tant que Français, il fut facile d'éviter le Frelon Vert, à moins que vous n'ayez comblé votre lacune en regardant les épisodes diffusés sur Canal+ et M6 presque 20 ans après l'apparition de la série sur les écrans américains. Outre-Atlantique, le concept naît et se développe pendant la première moitié du 20ème siècle, à travers des épisodes radiophoniques, des séries, et des comic-books. La franchise perd de la vitesse dans la seconde moitié, mais gagne pourtant sa popularité grâce à l'unique saison du revival des années 60. Celui-ci met en scène pour la première fois sur le territoire américain Bruce Lee, qui transperce l'écran grâce à ses aptitudes martiales que l'on sait exceptionnelles. Jusqu'à dire que la série n'a véritablement existé que par la présence de Bruce Lee, il n'y a qu'un pas (d'ailleurs, on le dit plus ou moins dans notre petite rétrospective made in Krinein).


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Pourtant, en soi, le concept n'est pas complètement inintéressant, et ça Michel Gondry l'a compris. Nous sommes pourtant bien loin de son terrain d'exercice habituel (les critiques Krinein de Eternal Sunshine of the Spotless Mind ou de La Science des rêves devraient vous en convaincre), et le voir aux commandes d'un semi-blockbuster a de quoi étonner, tout comme la présence de Seth Rogen dans le rôle titre. On a beau s'assumer comme profanes de la franchise, la tronche de cake de Rogen n'est pas ce que l'on s'attendait à découvrir sous le masque. Mais elle se justifie tout de même, le personnage de Britt Reid se révélant être un crétin de première, limite pénible tellement Rogen en livre des caisses.
Tout comme a pu l'être Bruce Lee pour la série des années 60, Kato est le pivot incontournable du film. Sans le personnage, point de Frelon Vert, il est le véritable homme d'action et le concepteur de tous les bidules que pourront utiliser les deux héros. On pense immédiatement à Batman, qui aborde l'héroïsme sous les mêmes angles : argent et gadgets. Britt Reid n'est pas à l'abri du besoin, il vient d'hériter de la grande fortune de son père, ce qui lui permet de financer le génie mécanique de Kato. La Black Beauty, une Chrysler « Imperial » des années 60 revue et corrigée, n'a rien d'une Batmobile (que ce soit période Burton ou Nolan) mais possède une certaine classe et n'a rien à envier au niveau de l'armement. La bagnole nous donne un indice sur le taux de crédibilité : néant, nous sommes dans l'action / comédie.
Malgré un double classement pas facile, The Green Hornet arrive pourtant à assurer. Si l'on arrive à  supporter le gravissime Britt Reid, hé bien, on pourra estimer le film amusant, au pire divertissant.
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L'action se mange une belle part, surtout dans la dernière partie du film qui ne regarde pas à la dépense et détruit un peu tout sur son passage. Je le disais en début d'article, Gondry n'est pas le réalisateur que l'on imaginait aux commandes de cette semi-potacherie assez explosive, mais son sens de l'image fait pourtant merveille. Sa réalisation est technique, inventive, lisible, et donne de l'identité au film. Aucun comédien ne prend le pas, ils demeurent tous sur le même rang mais l'on aurait bien donné un peu moins de « volume » à Britt Reid et un peu plus à Cameron Diaz, finalement positionnée comme potiche du film. D'autre part, on espérait beaucoup de Christoph Waltz après sa prestation dans Inglourious Basterds, mais son rôle de vilain un peu dépassé ne lui permet à aucun moment de montrer une once de génie maléfique. Dommage.

Franchise pas très connue, réalisateur plus habitué aux envolées poétiques qu'aux scènes explosives, acteur principal assez insupportable, The Green Hornet ne partait pas bien, mais le charme agit très rapidement et nous promet quelques beaux moments d'humour et d'action.
A noter, le film peut être regardé en 3D relief, mais son utilisation ne se limite qu'à simuler l'effet de profondeur, rien qui justifie de risquer la migraine.


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2 commentaires

  • riffhifi

    25/01/2011 à 13h34

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    "le gravissime Britt Reid"
    J'aurais même dit "le supergrave" ^^
    Au chapitre des adaptations, il y a eu un outsider en 2006 : un court-métrage français largement diffusé sur Internet, avec une jolie photographie nocturbaine. On y voyait le frelon vert et Kato en train de dérouiller des gangsters pendant 5-10 minutes, ça ne racontait pas grand chose mais il y a eu un buzz (ou plutôt un bzzz).http://cinema.krinein.com/the-green ... 14931.html

  • riffhifi

    30/01/2011 à 12h53

    Répondre

    ça y est, vu. Et d'accord avec Nicolas, c'est fun et léger, avec trop peu de Cameron Diaz et de Christoph Waltz. Mais Michel Gondry apporte un incontestable côté décalé, c'est comme Joe Dante réalisant L'aventure intérieure : même avec un budget de blockbuster et un studio derrière lui, il apporte un grain de folie douce qui lui est propre.

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