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The Company Men

La crise, prétexte idéal pour licencier par poignées tout en augmentant les bénéfices. Mais quand on est du mauvais côté de la ligne, on pleure en essayant de se remettre tant bien que mal sur pied. Après avoir connu le succès et la reconnaissance financière, il est difficile d'oser repartir de zéro.


La lettre de démission fait un carton chez GTX.
Pour faire face à la récession et permettre aux actionnaires de continuer à toucher, malgré tout, de juteux dividendes, GTX, une grande société licencie à tour de bras ses meilleurs éléments. Eux qui pensaient avoir réussi, pouvoir profiter de l'american way of life, en sont pour leurs frais. Il leur faut parvenir à se détacher des signes extérieurs de richesse, se ressourcer, vaincre la morosité, et reprendre pied. Chose peu aisée quand personne ne veut vous donner un nouveau job, ou bien en dessous de vos anciennes prétentions salariales.

C'est là tout l'enjeu de The Company Men : montrer que même si les grandes sociétés sont profondément injustes, l'essentiel n'est pas de lutter envers et contre tout, mais plutôt de savoir rebondir, profiter et simplement profiter des plaisirs simples. Le tout est mâtiné d'une morale légère sur la valeur de la construction manuelle plutôt que sur les services ou le management.


Tommy Lee et Ben, sur un quai
Ben Affleck, souvent déconsidéré pour son jeu d'acteur, plante ici un personnage crédible (Bobby Walker), même s'il peine parfois un peu à attirer l'empathie, tandis que Tommy Lee Jones (Gene McClary) et Chris Cooper (Phil Woodward), eux, n'ont aucune difficulté à jouer des personnages ravagés. Leur "gueule" démontrent leurs passages difficiles dans la vie, et leur jeu les rendent profondément humains.
En dehors des "hommes de la compagnie", Kevin Costner (Jack Dolan), incarne un artisan charpentier au grand coeur. Histoire de rappeler que l'argent ne fait pas tout, la solidarité est essentielle. La femme de Bobby Walker (Rosemarie Dewitt), est la meilleure surprise de ce film : on ne cesse de la découvrir après de nombreuses années de rôles de séries télévisées (Mad Men, Sex and the City, New York District, United States of Tara).


DR.
The Company Men
est un film démonstratif, porteur de certaines valeurs et souhaitant dénoncer certains abus. Finalement, si l'on se retrouve dans des situations impossibles, c'est peut-être aussi parce qu'on cherche à trop réussir. Évitant l'écueil de la morale hollywoodienne, la thèse est vivante et parviendrait presque à persuader les foules. Pourtant, le montage et la réalisation sont plutôt convenus. Tout à fait corrects, voire même bien léchés, mais sans anicroche extravagante.

On parie que dès demain, on aura oublié tout le propos et on partira, à nouveau, à la course au bonus. Le monde n'en sera pas davantage modifié. Quelques uns seront abandonnés au bord de la route. Une partie y resteront, les autres remonteront sur leurs grands chevaux.

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

3 commentaires

  • Sylvain

    18/02/2011 à 13h25

    Répondre

    Mon espoir secret : maintenant qu'il a engrangé plein de pognon avec des nanars, Ben Affleck va enfin montrer ce dont il est capable...http://cinema.krinein.com/the-compa ... 15100.html

  • Nicolas

    18/02/2011 à 14h18

    Répondre

    Hé bien sincèrement, Ben Affleck m'a longtemps été insupportable en tant qu'acteur ; depuis qu'il est passé à la réalisation, je le trouve beaucoup plus juste. Comme quoi...

  • riffhifi

    18/02/2011 à 14h34

    Répondre

    Même comme acteur, ça fait un bout de temps qu'il alterne nanars et pas-nanars : il était quand même dans Will Hunting, Shakespeare in Love et Hollywoodland (nommé à plusieurs récompenses pour son rôle de George Reeves dans le dernier). Et puis oui, comme réalisateur il a signé deux polars bien sérieux.
    The Company Men, ça m'intrigue pour son casting, et aussi pour le scénariste-réalisateur John Wells, qui est surtout un grand manitou de séries télé jusqu'ici (Urgences et A la maison blanche, c'est lui ).

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