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The Artist

Le duo Hazanavicius / Dujardin décroche la timbale avec ce pari osé : tourner un film muet à l’ère de la 3D. Après Cannes, en route pour les Oscars ?

Pour les amnésiques, ou les plus jeunes, Michel Hazanavicius est le scénariste-
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réalisateur d'OSS 234 (ben oui, il y en a eu deux) : un gaillard spirituel, à l'humour élégant hérité de Blake Edwards, dont la volonté de faire rire n'empêche pas le don pour la reconstitution léchée. Mais pour les routards de la rigolade, Hazanavicius est surtout le maître d'œuvre de La Classe américaine, ce grand détournement qui a marqué l'histoire de Canal+ au début des années 90, et a permis de faire entrer au panthéon des expressions courantes les phrases « le train de tes injures roule sur les rails de mon indifférence », « monde de merde », « on va manger des chips » ou encore, tout simplement, « yep ». Le goût du cinéma, de TOUS les cinémas, transpirait de ce gloubi-boulga frénétique et enthousiaste, et il n'y a rien d'étonnant à ce que le réalisateur se soit finalement tourné vers la base du Septième Art, aujourd'hui délaissé pour cause de vétusté : le film muet.

Le cinéma muet, c'est un peu comme les disques vinyles, les Polaroïds, la purée maison ou les hommes qui tiennent la porte aux dames : on croit que ça n'existe plus, mais ça fait plaisir quand on redécouvre. Les longs métrages muets, depuis le début des années 30, sont rarissimes : si l'on excepte les films sans paroles façon Tati (qui ne sont pas à proprement parler « muets », puisque sonores et baragouinés), on retiendra surtout La dernière folie de Mel Brooks (1976) et Juha (1999) d'Aki Kaurismäki.

George Valentin (Jean Dujardin) est une vedette de cinéma. Nous sommes dans les années 20, et ses cabrioles muettes ravissent le public. Mais lorsque la parole atteint l'écran, l'acteur se retrouve has been, tandis que la starlette Peppy Miller (Bérénice Bejo, déjà en duo avec Dujardin dans le premier OSS 117, et dans la vie avec Michel Hazanavicius) voit son étoile briller de plus en plus fort…

Bien entendu, l'intrigue renvoie à celle de Chantons sous la pluie, et le personnage
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de Dujardin évoque irrésistiblement Douglas Fairbanks, le bondissant interprète de Robin des Bois, Zorro et d'Artagnan à la grande époque du muet. D'ailleurs, rarement un film français aura été aussi américain dans les faits : tourné à Hollywood, The Artist fait appel à quelques talents du coin comme le large John Goodman et le longiligne James Cromwell ; Malcolm McDowell, en revanche, ne fait qu'une apparition-éclair sans intérêt. Jouant malicieusement de l'absence de son, tout en ne faisant que quelques rares entorses à ce parti-pris, le film est pétillant, émouvant, glamour, et parvient à captiver sans artifice moderne, en faisant simplement de la place à l'histoire, aux acteurs et à la musique pure. Un bon moyen de se souvenir que certains films muets se regardent aujourd'hui bien plus volontiers que leurs successeurs trop vite ringardisés.

En tous cas, le mutisme semble porter chance au film : après une Sélection officielle in extremis à Cannes, qui a débouché sur un prix d'interprétation pour Dujardin (et pour le chien !), The Artist a décroché les Independent Spirit Awards du meilleur film et de la meilleure réalisation, et il est maintenant en piste pour un Oscar…


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13 commentaires

  • Penthesilea

    03/12/2011 à 13h35

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    regarder ce film est vraiment une expérience agréable et originale, ça change vraiment de ce qu'on peut voirhttp://cinema.krinein.com/artist-22409/critique-17795.html

  • vaiowega

    03/12/2011 à 17h41

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    Vivement février en DVD et Bluray !

  • el viking

    31/12/2011 à 13h01

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    ça doit être un peu stressant à voir au cinéma, où il faut pas faire un bruit... Voire relativement lourd si d'horripilants et bruyants boulets squattent le fond de la salle...

  • Choucroot

    31/01/2012 à 02h21

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    Et ben moi je suis sur le cul, j'ai trouvé ça brillant

  • Anonyme

    09/02/2012 à 13h15

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    Long et ennuyant. A voir en deuxième partie de soirée un dimanche soir sur ARTE.

  • nazonfly

    27/02/2012 à 09h52

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    Ça s'est vu que le monde du cinéma a récompensé The Artist pour compenser leur honteuse absence de réaction à La Classe Américaine.

  • hiddenplace

    27/02/2012 à 12h31

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    Naz :

    Ben là pour le coup, c'est moi qui ai honte : je me suis endormie à the Artist. (bon muet tout ça, ça me dérange pas, mais j'étais vraiment fatiguée, je crois^^) Le reste du film, j'ai trouvé ça très bien... mais faudrait que je le revois, plus alerte.

  • naweug

    27/02/2012 à 13h00

    Répondre

    Choucroot a dit :
    Et ben moi je suis sur le cul, j'ai trouvé ça brillant


    Bon je vais peut-être aller le voir alors, car si même toi tu dis ça...

  • Choucroot

    27/02/2012 à 13h30

    Répondre

    naweug a dit :
    Choucroot a dit :
    Et ben moi je suis sur le cul, j'ai trouvé ça brillant


    Bon je vais peut-être aller le voir alors, car si même toi tu dis ça...

    Qu'est ce que ça veut dire ça ?
    J'ai des goûts plus ou moins bizarre, suis souvent très méchant avec ce que j'aime pas, mais je m'éclate en regardant Avatar alors faut pas croire hein

  • naweug

    27/02/2012 à 13h33

    Répondre

    Ah ouais, là tu baisses grave dans mon estime : t'as kiffé Avatar ? >

  • Choucroot

    27/02/2012 à 13h41

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    Attention tout de même, j'ai pas dit qu'Avatar était un bon film, j'ai dit que ça m'éclatait
    J'en dirais autant des films du Seigneur des Anneaux, qui cumulent un nombre de tare absolument inouï, pourtant je l'es ai vu 3-4 fois chacun

  • nazonfly

    27/02/2012 à 21h50

    Répondre

    Je suis prêt à parier que le Seigneur des Anneaux a moins de tares que The Tartist.

  • Choucroot

    28/02/2012 à 12h41

    Répondre

    nazonfly a dit :
    Je suis prêt à parier que le Seigneur des Anneaux a moins de tares que The Tartist.

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