7/10

Tetro

Coppola en noir et blanc pour évoquer des problèmes de famille. Joli, efficace, mais un peu démesuré...

Deux ans après L'homme sans âge, Coppola est de retour derrière la caméra. Son précédent film tenant davantage de l'échec, notamment pour son côté "mystico-j'aime faire des effets qui ne se font plus depuis dix ans", on était curieux, sans pour
autant espérer que le phénix renaisse.

Ainsi, Coppola continue à persévérer dans la voie du cinéma de papa. Il joue le noir et blanc dans presque la totalité du film, permettant ainsi une esthétique soignée mettant merveilleusement en avant les personnages et les décors, tout en créant une atmosphère ancienne, qui fera sursauter quand un portable ou un mac book font leur entrée dans le champs.
Ce traitement graphique et cette intemporalité placent par moment le récit en état de stase, avec quelques excès qui font davantage apparaître de l'ennui que de l'excitation respectueuse. Un demi échec que l'on pardonnera en s'imaginant contempler un bon vieux classique en noir et blanc.

Pourtant, on ne peut le nier, si l'histoire est plutôt efficace, Coppola a des difficultés à garder la mesure. Quand l'intrigue a déjà un côté invraisemblable, peut-être n'est-il pas nécessaire d'y ajouter une couche théâtrale excessive, voire de mauvais goût ?
Ainsi, on apprécie les effets délirants, mais on est vite repus quand ils se répètent à l'envi. La démesure est peut-être l'apanage des génies, comme semble le faire
transparaître le film, mais peut-être le réalisateur pourrait-il être davantage modeste et ne pas se lancer dans un tel procédé...

Malgré ses défauts de rythme et son côté grand-guignol que l'on a du mal à avaler, on ne peut nier une certaine efficacité émotionnelle. Les sentiments se mettent en place lentement, mais on s'attache à ce petit gars aux faux airs de Leonardo jeune, ou encore à cette belle-soeur au sourire communicatif.

Donc, à défaut de vivre la renaissance de Coppola, on pourra toujours apprécier un traitement certes excessif, mais plaisant des personnages et des situations. Pour peu, on verserait une larme finale. Par empathie avec les personnages, ou par regret de ce qu'aurait pu devenir le film avec une nuance un peu moins forcée ?

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

3 commentaires

  • Anonyme

    11/01/2010 à 06h41

    Répondre

    T'est trop!

  • shushu

    11/01/2010 à 09h30

    Répondre

    Vu en VOST avec pas mal de plaisir. Il manque un traitement final à la hauteur des promesses du début du film.


    Les rebondissements sont parfois trop prévisibles mais on se surprend à apprécier le jeu d'acteur qui tourne ces éléments à leur avantage. 


    Je regrette vraiment ces scènes de fin où l'extraordinaire de l'histoire devient surréalisme. 

  • Anonyme

    07/04/2010 à 11h43

    Répondre

    On retrouve le style Coppola, lent et
    décalé; cependant, le rythme assoupit le spectateur. Le scénario est intéressant
    mais perd de son attrait dans la mise en scène qui manque cruellement de
    dynamisme. Le film est tourné en noir et blanc principalement, ce qui
    déstabilise le spectateur, apporte une originalité excessive au film, mais ne
    crée pas une accroche suffisante pour accentuer l'intrigue.


     


    Le film est long, lent et décevant.
    2h qui aurait pu être réduites à 1h30 sans perdre le côté contemplatif voulu
    par le réalisateur.


    Le scénario intéressant initialement
    en devient lassant et on attend la fin avec impatience durant les 30 dernières
    minutes.

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