8.5/10

Terminator

En 1984, James Cameron et Arnold Schwarzenegger décrochaient la timbale avec un petit film d'action ancré dans une science-fiction échevelée. Ils étaient loin d'imaginer que l'histoire continuerait 25 ans plus tard.

Nous sommes en 1984. Le jeune réalisateur James Cameron a signé trois ans plus tôt un Piranha 2 sur lequel il a sué sang et eau pour un résultat décevant. Décidant de se projeter quelques décennies dans le futur, il imagine un monde dominé par les machines, qui enverrait à notre époque un cyborg chargé de dessouder la mère du futur chef de la résistance avant la naissance de ce dernier. Cameron a déjà une partie du casting : Lance Henriksen, dont il a déjà exploité le physique inquiétant dans Piranha 2, sera le Terminator. Reste à trouver l'interprète de Kyle Reese, l'humain chargé de défendre la jeune cible du robot ; pour le rôle, le cinéaste envisage Arnold Schwarzenegger, culturiste aperçu deux ans auparavant dans Conan le barbare. Bien vite, l'évidence s'impose : l'Autrichien sera bien meilleur en Terminator, et Henriksen se voit reconverti en flic de second plan. Le choix s'avèrera payant, et le film transcendera son statut de série B nerveuse pour propulser son réalisateur et sa vedette dans les étoiles. Quant à Henriksen, il se rattrapera en jouant un "être artificiel" dans Aliens (de James Cameron, mais oui, parfaitement).

ça raque au nord ?
ça raque au nord ?
Pourtant, Terminator est loin d'être le coup de génie scénaristique d'un créateur frappé par l'éclair de l'inspiration. L'histoire doit largement son existence à deux épisodes de la série des années 60 Au-delà du réel, l'aspect cyclique du temps qui se génère lui-même évoque la saga cinématographique de La planète des singes, et le robot obsessionnel doit énormément au Mondwest de Michael Crichton, avec un Yul Brynner dont Schwarzie admet s'être largement inspiré pour son jeu. Si le film devient culte, c'est donc essentiellement grâce à sa réalisation inspirée, concentrée sur la traque impitoyable et brutale de Sarah Connor par le Terminator. Celle-ci, presque intégralement nocturne, fait du cyborg le prédateur ultime, la menace monolithique et massive que l'on ne peut ni raisonner ni arrêter. Autant dire que Kyle Reese, le héros du film, passe largement au second plan bien qu'il soit interprété par Michael Biehn, que l'on reverra souvent chez James Cameron. Celui-ci démontre à la fois sa maîtrise de la narration et son goût pour les effets spéciaux, allié à une débrouillardise acquise à l'école Roger Corman (dont on retrouve l'acteur fétiche Dick Miller dans le rôle du marchand d'armes). Le futur est trop cher à filmer ? Situons l'action dans le présent, avec quelques courtes scènes de "flash-backs" bien sombres dans lesquelles on ne glisse que des représentations fugitives du conflit ! Vous voulez un robot meurtrier pendant tout le film, mais le montrer serait également trop cher ? Faisons-en un cyborg qui ne se décompose que progressivement ! De ces restrictions techniques naît la créativité, ce qui place ce premier Terminator clairement à part dans une saga dont les budgets suivants défonceront les plafonds.

ça Kyle au sud
ça Kyle au sud
Un culte résultant souvent d'une conjonction quasiment magique d'éléments réussis, il convient de noter l'efficacité du thème musical de Brad Fiedel, martelé avec une puissance sourde qui rappelle les musiques de John Carpenter, l'émergence d'un Schwarzie qui confirme après ses deux Conan qu'il est une des armoires à glace majeures de l'époque (la scène où il s'ouvre le bras pour le réparer évoque celle de Rambo où Stallone se recoud, la douleur en moins), et la phrase « I'll be back » entre dans le panthéon des répliques classiques du cinéma. Forts de ce beau petit succès, Cameron part s'occuper de suites prestigieuses (le scénario de Rambo 2, la réalisation d'Aliens) et Schwarzenegger s'en va compléter sa filmographie de façon cohérente (Kalidor, Commando, Predator). Mais ils ignorent que la machine qu'ils ont créée sera aussi résistante que le Terminator lui-même...

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5 commentaires

  • Lestat

    02/06/2009 à 17h27

    Répondre

    C'est bien mais c'est chiant. Ceci dit sans Terminator, on aurait jamais eu Atomic Cyborg. Rien que pour ça, merci JC ! 


     -> []

  • riffhifi

    02/06/2009 à 17h51

    Répondre

    On s'fait un dossier "cyborgs" un jour  ?

  • Lestat

    02/06/2009 à 17h59

    Répondre

  • gyzmo

    02/06/2009 à 18h46

    Répondre

    De la filmo du Schwarzy, clairement, c'est mon préféré


    Ca l'est aussi de tous les films de cyborg que j'ai pu voir (une flopée, mais pas que des bons^^).


    Très sympa ta chronique, Rif (je vais sans doute me le remater, du coup, tu m'as fais envie héhé).

  • riffhifi

    02/06/2009 à 20h41

    Répondre

    C'est fait pour !

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