6/10

Terminator 3 : le soulèvement des machines

C'est ton destin

Que se passe-t-il de nouveau au pays merveilleux de Connorland ?
John Connor, le dernier espoir de la race humaine dans la guerre contre les machines, est à 22 ans une sorte de vagabond sans attaches, sans identité. Il vit au jour le jour, errant à travers le pays sans but, ni destination. Il fallait bien 2 Terminators venus encore une fois du futur post-apocalyptique, pour le sortir de sa léthargie existentielle et soporifique. Une Terminatrix, la T-X, sculpturale machine à tuer, soit disant plus rapide, plus forte, plus intelligente que toutes autres (à se demander comment elle pourrait échouer dans sa mission) est chargée d'éliminer les futurs lieutenants de John Connor, dont Kate Brewster. La Terminatrix aura un Kdo bonux si elle réussit à "terminer" le plus grand des résistants de ce monde (qui ne l'est pas encore, mais qui devrait le devenir car c'est son destin), le bien nommé J.C. (pas Jesus-Christ, mais bien John Connor). Heureusement pour l'humanité, un bon vieux modèle de Terminator T-101 va encore sauver la mise en protégeant J.C. et Kate contre l'infâme mais néanmoins femme T-X.

I'll be back !!

Il avait bien dit qu'il reviendrait... mais il n'était pas prévu qu'Arnie revienne sans James Cameron (co-scénariste et réalisateur des 2 premiers opus), Linda Hamilton (mère courage et barje devant l'éternel), ni le morveux de T2 :Edward Furlong. Deux "résistants" de la première heure sont quand même de la partie.
Earl Boen (pour les intimes, le Dr Silberman) fait une courte mais sympathique apparition décalée en psy déjanté.
Et bien sur, Arnold T-101 Schwarzenegger, l'homme qui valait 30 millions de dollars, rempile sans complexes et remplit son contrat sans reproches. Malgré les années, le fétichiste du cuir, des harleys et des lunettes noires recharge son gros flingue sans arthrose.
Face à lui, Kristanna Loken (ancien mannequin et actrice de vagues séries) prête ses courbes et sa candide blondeur au T-X. Son jeu est forcément limité et figé... On lui demande juste d'avoir du charme, et d'apporter sa féminité et sa délicatesse au monde de brutes des Terminators (non, c'est une blague...). Celle qui aurait du être à la pointe de la dernière des dernières technologies se révèle un brin décevante par rapport au T-1000 qui l'avait précédé.
Claire Danes (Romeo + Juliette, The hours) incarne l'agaçante Kate Brewster, grande guerrière qui s'ignore. Un peu potiche sur les rebords, elle ajoute une touche féminine sentimentalo-émotionnelle.

Nick Stahl (La Ligne rouge, Bully) nouveau John Connor cuvée 2003, joue plutôt bien le gars banal complètement dépassé et désespérément looser, un héros ordinaire qui doute et qui fuit ce qu'il est, ou sera.
Après moult hésitations (entre Ridley Scott, Roland Emmerich, David Fincher, etc.), c'est Jonathan Mostow qui est choisi pour réaliser T3. Il s'est déjà fait la main sur des films d'action comme Breakdown et U-571. Jonathan Mostow se place dès les premières séquences dans la continuité des épisodes précédents, notamment par de multiples clins d'oeil autoparodiques bien sympathiques. Mais, sa fidélité à l'oeuvre cameronesque originale trahit aussi un manque de singularité, d'originalité qui suggère soit une trop grande soumission au cahier des charges hollywoodien, soit un défaut de créativité. On lui laissera le bénéfice du doute.

Le film se cantonne au film d'action avec un scénario light (plombé de raccourcis) se résumant à une course-poursuite entre T-X / Connor Team, entrecoupée de bastons entre Terminators (sans grand intérêt). Les scènes d'action tape-à-l'oeil sont mêmes parfois ennuyeuses par la volonté de surenchère inhérente à ce genre de blockbuster (exemple: la mega course-poursuite dévastatrice dans les rues de Los Angeles). Pour le même prix, côté psy, on a une gentille réflexion sur le libre-arbitre, le destin, la quête de soi, et la course technologique effrénée. Mais, ce ne sont que les thèmes récurrents des Terminator.
A la fin, deux interrogations sur le film s'imposent : où est passé le budget incroyable de 170 millions de dollars et pourquoi avoir appelé le film Terminator 3 : le soulèvement des machines alors que la révolte desdites machines quasi anecdotique se fait attendre tout le long du film ?...

Le T3 reprend les codes et le schéma des Terminator sans vraiment s'en démarquer, ni renouveler la franchise. Restent le plaisir de retrouver Schwarzie dans son rôle culte et l'humour bon enfant qui allége un gros blockbuster efficace, farci de scènes d'action bien calibrées.
Espérons que le T4 sera plus inspiré et novateur...

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1 commentaires

  • Anonyme

    01/03/2010 à 21h40

    Répondre

    Je n'attendais pas grand chose de Terminator 3, d'ailleurs je l'ai snobbé à la sortie, et ne l'ai vu que par hasard à la télé sept ans après sa sortie. Du coup je l'ai vu bien en dehors du contexte de l'été où il est sorti (déconnecté de la Matrix on va dire), ce qui est une bonne chose. Globalement, je regrette quand même de ne pas l'avoir vu plus tôt.


    Le film n'est pas très ambitieux, sans que ce soit forcément gênant. Il parodie un peu ses prédécesseurs mais pas assez finement, reprend initialement leur trame sans assez innover, a des personnages corrects mais qui pourraient être nettement mieux (quelques scènes de plus pour John et surtout Kate), c'est de la série B très budgettée, ça se savoure sans arrière pensée, bref un agréable moment de repos cérébral et de satisfaction testostéronesque.


    Mais quand même, ce qui sauve le tout, et dont Selena n'a pas parlé, c'est la fin ! LA FIN ! J'ai adoré ! J'ai marché jusqu'au bout, je me suis fait avoir bien comme il faut, et quand j'ai compris, pile au bon moment, c'était pour voir se dérouler ZE FIN. Rien que pour ça, merci.

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