6.5/10

Tarantula

Des effets spéciaux qui continuent d'impressionner 50 ans plus tard...

Un an après l'invasion des fourmis géantes dans Them ! Des monstres attaquent la ville, Universal propose la version arachnéenne de la bestiole disproportionnée avec ce Tarantula réalisé par Jack Arnold (Le météore de la nuit).

Le professeur Deemer (Leo G. Carroll) mène des expériences sur le gigantisme pour fournir des réserves inépuisables de nourriture à l'espèce humaine. Malheureusement, les résultats ne correspondent pas vraiment à ses espérances : d'une part ses assistants se retrouvent atteints d'acromégalie (une maladie qui rend très moche), d'autre part une tarentule s'échappe de son labo gavée de produit qui fait grandir…

La tarentule en question
La tarentule en question
L'intérêt principal du film, toute métaphore des dangers de la science mise à part (honnêtement on en a vu des paraboles plus subtiles), est évidemment la grosse bêbête. De nos jours elle serait en image de synthèse, dans les années 80 elle aurait été en Animatronics, mais en 1956 Jack Arnold opte pour la solution la plus simple : filmer une vraie tarentule. Par un effet basique mais saisissant de transparence, il place l'araignée dans les décors désertiques les plus impressionnants, et le résultat ne laisse pas d'impressionner, aujourd'hui encore, par sa crédibilité. Malgré l'aspect inévitablement daté de la mise en scène, du jeu et de la musique (le spectateur qui n'a pas lâché son seau de pop-corn devant Wolf creek ne risque pas de mouiller son siège devant Tarantula), le monstre a de quoi filer quelques picotis à celles et ceux qui ne supportent pas de croiser une épeire dans leur maison de campagne, notamment lorsque ses pattes velues (des fausses, cette fois) s'approchent de ses victimes hurlantes.

Toutefois, on peut remarquer que, comme dans les autres films fantastiques de Clint Eastwood de passage
Clint Eastwood de passage
Jack Arnold, le monstre est d'une innocence qui rend plutôt antipathique l'espèce humaine : que ce soit l'extraterrestre du Météore de la Nuit ou l'homme amphibie de l'Etrange créature du Lac Noir, leur différence n'est pas présentée comme un vice mais comme un handicap face au bigotisme humain. Ici, la tarentule ne demande rien à personne et se contente de ramasser sa nourriture en fonction de ses besoins… Après tout, ce n'est pas de sa faute si elle mesure 100 fois plus qu'une araignée normale ! Jack Arnold raconte : « Nous allions, ma femme et moi, avoir un enfant et j'étais fauché. Je savais que le studio cherchait un sujet. A une certaine époque de l'année, l'entrée de la maison était recouverte de tarentules. Elles ne faisaient pas mal et je les enlevais moi-même, mais je savais que beaucoup de personnes en avaient peur. C'est ainsi que j'ai eu l'idée de Tarantula que j'ai tourné en dix jours ! »*
Dix jours de tournage, et sans doute moins pour l'écriture, c'est la raison probable de la faiblesse du film : les personnages manquent cruellement de relief, et s'effacent derrière les effets spéciaux et la menace représentée par l'araignée, jusqu'au final sans grande envergure. On y aperçoit cependant Clint Eastwood dans un des ses premiers rôles, celui d'un pilote de l'US Air Force – il n'est alors qu'un figurant…

Jack Arnold, séduit par l'affrontement homme / araignée, la mettra à nouveau en scène l'an suivant dans L'homme qui rétrécit : les raisons du combat seront inversées, mais le résultat sera comparable…


* Source : Directed by Jack Arnold, Dana M. Reemes, 1988 (Editions McFarland)

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