2/10

Ma Super Ex

Larguage ingrat

Pour peu que vous soyez Parisien, la nouvelle n'a pas du vous échapper : « Ne larguez jamais une super-héroïne », tels sont les quelques mots d'accroche placardés sur une bonne partie des bus de la capitale, annonçant la sortie imminente d'une nouvelle comédie d'Ivan Reitman. Un réalisateur connu pour ses Ghostbusters et ses comédies schwarzenegerriennes (Junior, Jumeaux, Un Flic à la Maternelle), qui s'offre la super-star Uma Thurman pour camper le rôle d'une super-héroïne à fleur de peau quand elle parle sentiments...

Matt Saunders (Luke Wilson), architecte habitué aux petites copines cinglées, tente une nouvelle fois sa chance avec la gente féminine en accostant Jenny Johnsson (Uma Thurman). Si les premiers émois du couple semblent combler le besoin d'affection de Matt, la libidineuse Jenny va vite se révéler collante, jalouse, et autoritaire, un véritable calvaire qui poussera le jeune architecte à se séparer de son hystérique petite amie. Manque de chance, celle-ci est en fait la super-héroïne G-Girl, possède des supers-pouvoirs et, par-dessus tout, un fichu caractère très rancunier...

Que faudrait-il rassembler pour obtenir un super-film ? Une super idée, un super scénario, un super réalisateur, une super actrice, une super bande-son, et des supers effets spéciaux, en quelques mots. C'est du moins ce qu'ont pu se dire les géniteurs du projet, inspirés par la lumineuse perspective d'une super-héroïne franchement lourdingue et désespérément rancunière. Mais voilà, si nous pouvons considérer que la première condition du contrat « chef-d'oeuvre comique » est relativement remplie (idée intéressante et assez originale), le reste nous fait davantage penser à un super-sabordage dans les règles du non-art. Presque trompés sur la marchandise, voilà ce que nous sommes : si la rupture et ses super-représailles semblent être le sujet du film, celles-ci n'interviennent que vers la moitié du film et ne donnera absolument pas lieu au feu d'artifice de super-embrouilles que l'on pourrait en attendre. Les quelques gags du film sont ensuite super-torpillés par la réalisation d'Ivan Reitman qui insiste sur les scènes de super-sexe et dilue quelques bons mots dans une mise en scène mollassonne. Pour tenter de rattraper le coup, Luke Wilson et Uma Thurman (syndrome Clark Kent : chignon et lunettes pour déguisement) surjouent à l'outrance et lestent leur super-couple déjà pas très crédible d'une bonne super-tonne de mimiques. Reste la musique, mièvre et sans-saveur, et les effets spéciaux, qui oscillent entre l'acceptable et le profondément hideux, pour parachever un ratage super-médiatisé.

Une bonne idée désamorcée par un réalisateur dépassé et un panel d'acteurs qui n'y croient guère. « Ne larguez jamais une super héroïne », c'est un fait, mais mieux vaut encore ne pas la regarder.

Partager cet article

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques