8/10

Super 8 : Abrams et Spielberg, côte à côte

A la fin des années 70, un jeune groupe d'adolescents cinéastes en herbe filme par erreur une spectaculaire catastrophe ferroviaire. Tout porte vite à croire qu'il ne s'agit pas d'un accident, quand l'armée commence à investir les lieux et que les disparitions inexplicables – moteurs, chiens, personnes – se multiplient…


DR.
Il y a à la fois beaucoup et peu de choses à dire sur ce Super 8, qui nous fait irrévocablement penser à un morceau du cinéma devenu aujourd'hui désuet mais encore présent dans les esprits grâce à des œuvres de la qualité de E.T.. Ce dernier a fait de Spielberg le plus respecté des réalisateurs de cette catégorie, à savoir le film de science-fiction pure ramené à la hauteur d'adolescents, et il n'est guère étonnant de le retrouver à la production de cette réalisation de J.J. Abrams. Celui-ci persiste dans le registre après la mise en image d'un Star Trek tout à fait honorable et la production du tout aussi réussi Cloverfield, tout en se promenant sur des terrains déjà bien piétinés. Il conçoit une intrigue d'adulte, avec du secret, du complot, de la cruauté, de la mort violente, et y propulse un petite groupe de marmots fans de films d'horreur et de science-fiction cheap. A la fois spectateurs d'une intrigue qui les dépassent et acteurs de premier plan d'une réalité ahurissante, ces jeunes frimousses vont agir selon leur instinct, faire preuve de solidarité et de courage face à un danger certain. Il ne s'agit donc pas ici d'une révolution cinématographique mais d'une sorte d'hommage réalisé avec les moyens contemporains, une dérivation d'E.T. en plus moderne, et même si Super 8 n'est pas à la hauteur du chef-d'œuvre, il est suffisamment bien huilé pour être sans doute la plus grosse surprise de cet été. J.J. Abrams fait preuve, une nouvelle fois, de louables qualités de narration et d'un sens de l'image tout à fait approprié, sans compter la finesse d'un scénario sans grande surprise mais auquel rien ne semble manquer – pas même une petite subtilité de traitement qui nous renvoie à l'utilisation du fameux format Super 8, à la fois détail et élément fondateur de certaines bases de l'intrigue. Il faudra également la saluer la performance des jeunes acteurs principaux, en particulier celle d'Elle Fanning qui parvient à nous éblouir en quelques secondes de temps.

On restera assis pendant le générique pour admirer l'innocente réalisation cinématographique des personnages du film, qui nous fait penser qu'Abrams a probablement mis un peu de son vécu dans le scénario. Le reste n'est que pure fantaisie cousue par des mains habiles, nourri par un genre de cinéma que l'on avait quasiment oublié, et qui vraisemblablement a encore du bon potentiel.


DR.

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • naweug

    16/08/2011 à 21h11

    Répondre

    Je suis tout à fait d'accord avec toi. J'ai passé un très bon moment, alors que clairement, c'est loin d'être le film de l'année. Mais ça fait du bien aussi d'aller au cinéma et de voir des choses qui divertissent. Et pourtant, je n'aime pas Lost...
    http://cinema.krinein.com/super-8-a ... 16872.html

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques