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Strange Days

Los Angeles s'apprête à fêter, comme il se doit, le nouveau millé-millénaire. Dans la plus grande joie, les résidents s'en prennent aux voitures mal garées ou lèchent les vitrines à l'aide de projectiles divers et variés. Quant à Lenny Nero, il se débrouille tant bien que mal et dans la parfaite illégalité en vendant ses précieux mini-disques, censés contenir des extraits plus ou moins sulfureux ou répréhensibles de la vie d'autres personnes. Lenny est d'ailleurs le premier utilisateur et supporter de ce nouveau type de drogue virtuelle, parfaitement inoffensive.

Lorsqu'une jeune prostituée, traquée par deux mystérieux policiers, lui confie tant bien que mal un enregistrement à elle, Lenny est immédiatement entrainé dans les sombres méandres d'une authentique affaire d'état : le meurtre du célèbre leader pacifiste noir Jeriko One.

Interdit en salles aux moins de 16 ans, Strange Days n'a pas été un franc succès commercial. Ce qui n'empêche pas ce film d'être un exemple en terme d'anticipation cinématographique, tant sur le fond que sur la forme.

D'emblée, nous voilà projetés en pleine jungle urbaine, au coeur d'un monde qui ressemble au nôtre comme deux gouttes d'eau à ceci près que celui-ci semble vivre en direct ses derniers instants de vie. Comme toujours, il y a ceux qui ont su profiter de la situation et ceux qui n'ont pas vraiment été en mesure de le faire. Et en ce 31 décembre 1999, la foule exprime son désaccord face à un gouvernement qui est, au fil des semaines, progressivement devenu ultra-autoritaire.

Dans cette parfaite anarchie surgit une affaire de meurtre pas comme les autres, que beaucoup souhaiteraient tout bonnement voir étouffée. Un bon vieux samaritain made in USA va devoir s'interposer. Dès lors, la logique veut qu'il y ait arbitrage ou confrontation. Inutile de tergiverser : les deux partis ne passent strictement aucun accord à l'amiable au cours du film, qui fait donc la part belle à la Violence avec un grand A.

Sexe, Meutre et Vidéo par procuration sont les maîtres mots de ce film aussi sombre que lumineux. Le scénario, co-signé par James Cameron, est surprenant. La réalisation de Kathryn Bigelow est franchement irréprochable. Elle l'est même un peu trop par moments. Ce qui ne la rend pas totalement irréprochable en fin de compte. Les acteurs sont, pour leur part, exceptionnels : Ralph Fiennes, Angela Bassett et Juliette Lewis sont rapidement crédibles. L'accompagnement musical, à base de techno et de rock, était pour sa part tout à fait requis.

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3 commentaires

  • Joel Robuchon

    21/03/2005 à 15h51

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    Déjà dans Dark Angel, James Cameron décrivait un univers glauque à souhait. Strange Day nous plonge dans un monde pas très éloigné du nôtre : les démocraties sont devenues autoritaires, les minorités éthniques sont opressées par des hordes de flics sur-armés dans des rues où la violence est omniprésente.
    A travers les mailles d'un polar futuriste, Strange Day nous dresse une critique pessimiste de la société américaine.
    D'ailleurs, les scènes se déroulent pratiquement la nuit dans des décors pas toujours très sains ( boîtes de nuits dans les zones industrielles, bars à putes....).
    Le seul moment de gaité de calme se trouve dans les 10 dernières minutes du film, un peu répétitives et longuets.
    Sans ça Strange Day est un film assez original, efficace et divertissant à souhait!

    Et bon appétit, bien sûr!

  • Attila

    21/03/2005 à 16h07

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    Pour moi ce film est pas mal mais manque de "gueules", c'est à dire que pour moi les personnages principaux sont parfaits pour ... des seconds roles.
    Rien de péjoratif la dedans ! Je ne dis pas qu'il aurait fallu un Brad Pitt la dedans, je ne dénigre pas le jeu des acteurs, mais je trouve qu'ils ne rendent pas assez bien à la caméra, elle n'est pas vraiment amoureuse d'eux.

    Enfin voila pour ceux que ça interresse...

  • Bzhnono

    21/03/2005 à 17h26

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    Ce que j'aime bien dans ce film, outre l'ambiance cauchemardesque et apocalyptique qui règne, c'est la bande originale.
    Je trouve que les musiques et chansons de Tricky, Deep Forest et Peter Gabriel se fonde vraiment bien dans l'ambiance du film.

    Les premières minutes du films sont vraiment bonnes, on a droit à un plan séquence vraiment bon d'un braquage de restaurant violent et qui va à 100 à l'heure.
    Vraiment un bon film. Ce que je trouve dommage pour Katherine Bygelow (désolé pour l'orthographe) c'est que ce film porte un peu trop la marque de James Cameron, surtout au niveau de l'esthètique apocalyptique du film.

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