7/10

Sphere

Sphere n'est pas Rain Man, c'est un fait. Mais c'est bien. Et puis c'est tout. Un film de boule rondement mené (sorry).

Par un coup du hasard comme seul le cinéma peut en fournir, l'année 98 vit éclore à quelques mois d'intervalle deux films dissemblables sur le papier mais non dépourvus de points communs à l'écran : dans l'ordre, Sphere et Event Horizon. Si ce dernier reste une sorte d'incident de parcours dans la filmographie du pourtant sympathique Paul Anderson, qui ne renouvellera jamais l'exploit de ce solide film d'horreur spatiale flippant et stylisé, Sphère reste au contraire un film assez mineur dans la carrière de Barry Levinson, qui aura fait notamment frissonner une génération de gamins avec Le Secret de la Pyramide.

Une équipe de scientifiques plonge à la rencontre d'une station sous-marine. S'en suivra une série d'événements laissant penser qu'une entité étrange et psychique hante les lieux. Adaptation soignée des grandes lignes du roman éponyme de Michael Crichton (un de ses meilleurs, par ailleurs), dont l'histoire rappelle vaguement Abyss et 2001, Sphere était à sa sortie un petit film de science-fiction parfois brinquebalant, mais somme toute sympathique, un casting affirmé et une poignée de jolies scènes aidant à faire avaler la sauce. Aujourd'hui et bien... c'est toujours le cas. En promenade entre deux Tarantino, Samuel L. Jackson prenait ici un amuse-bouche maritime avant de rencontrer les requins-3D de Renny Harlin (Peur Bleue, magnifique !). Sharon Stone amorçait sans le savoir le début de sa fin de carrière dans un rôle sans surprise de blonde piquante. Dustin Hoffman assumait ses tempes grisonnantes avec classe. Peter Coyote glissait sa carcasse cabossée dans les coursives avec nonchalance. Et il y avait une attaque des vers marins carnivores. Rare morceau de bravoure d'un film plutôt cérébral, qui fait toujours son petit effet.

C'est à peu près tout. A peu près tout, mais quelque part, ça suffit. Réalisé avec rigueur, Sphere réussit en sus à construire une ambiance onirique et langoureuse, dont les sursauts esthétiques fugaces rendent justice aux visions fantasmées que suscitaient son fascinant grand frère littéraire. Que le film retombe un peu comme un soufflé sur sa fin importe finalement peu. Sphere justifie-t-il un laïus démesuré ? Il est évident que tout le monde sur Sphere aura déjà fait mieux dans sa carrière, tout comme il est évident que Sphere n'est pas le pire film du monde. Il n'est rien de moins qu'un petit plaisir, simple, plaisant à regarder et suffisamment oubliable pour avoir envie de le revoir. Le propre d'un film de boules, en somme. La chose achevée, ne reste qu'à le remettre sur l'étagère en attendant la nouvelle envie de...

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2 commentaires

  • Anonyme

    06/09/2008 à 13h29

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    C'est pas mal.

  • Anonyme

    12/09/2008 à 18h52

    Répondre

    Amenez les sacs plastiques gastro devant le film ! C'est le pop corn à votre avis ?

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