0.5/10

Speed Racer

Un film pour enfants en bas âge, qui risque néanmoins de leur endommager durablement le cerveau et les tympans. La farandole des bouses de l'été a trouvé son porte-drapeau.

Les frères Wachowski resteront probablement les auteurs de deux seuls films : Bound, thriller vicieux parfumé au lesbianisme voluptueux ; et Matrix premier du nom, qui fut le point de départ d'une nouvelle génération de films d'action, recyclant intelligemment les thèmes et les techniques existants en un melting-pot original. Les deux suites réalisées par la fratrie ne firent que noyer le concept dans un océan de prétentions philosophiques à deux ronds et de vacarme guerrier assourdissant. Aujourd'hui, ils offrent au monde (qui n'en demandait pas tant) l'adaptation d'un dessin animé japonais des années 60 appelé Speed Racer. Une idée complètement incongrue, pire (hélas) que celle de porter à l'écran l'Inspecteur Gadget (on rappelle aux innocents que la chose s'est malheureusement produite deux fois). Le résultat est au-delà de toute "espérance".

Speed Racer (Emile Hirsch) porte un nom et un prénom qui incitent à devenir coureur automobile. D'autant que son grand frère Rex l'était aussi, avant de mourir mystérieusement au cours d'un rallye. Mais le talent du jeune homme saura-t-il
"On a hésité à le tourner en noir et blanc,
et puis on s'est dit... naaaaan."
résister à l'appel du très vilain businessman Royalton (Roger Allam), qui veut l'arracher à son popa (John Goodman) et à sa moman (Susan Sarandon) ? Il lui faudra le soutien du mystérieux Racer X (Matthew Fox), dont l'identité est inconnue malgré... rah non, faut pas spoiler mais bon, c'est si évident que le suspense ne tient pas une demi-seconde à l'écran. Le reste n'est que courses multicolores générées à 97% par ordinateur. On doute même que le film ait nécessité l'emploi du moindre cascadeur.

« Le plus important, c'est le pouvoir, et la taille illimitée du portefeuille »

Au cours des premières minutes, on espère. On espère que le visuel synthétique du film finisse par séduire, avec son petit côté Charlie et la chocolaterie de Tim Burton. On espère que les inventions visuelles des frères Wachowski dépasseront le trip régressif qu'elles servent avec ferveur. On espère que les scènes de courses frénétiques maintiendront l'attention en éveil, malgré leur nature complètement irréaliste. Mais au bout d'un quart d'heure, un constat s'impose : le film n'est qu'une version live pyrotechnique d'un dessin animé du dimanche matin, Matthew Fox n'aime pas qu'on l'accoste sur le chemin de la piscine
Matthew Fox n'aime pas qu'on
l'accoste sur le chemin de la piscine
étiré sur 2h15 pour le simple plaisir de torturer les spectateurs qui ont dépassé l'âge de 7 ans. Ceux qui ont la chance d'appartenir à la classe d'âge adéquate seront simplement lobotomisés, et prêts à subir les prochaines décennies de fécalité hollywoodienne inepte.

Rien, dans cette confiture d'images et de sons kaléidoscopique, ne vient racheter la bêtise sans nom du scénario, l'unidimensionnalité atterrante des personnages (la palme revenant au champion de la fadeur Emile Hirsch, qui doit pourtant affronter l'allure de gland de Matthew Fox en X-man de Franprix) ou la puérilité des gags liés au petit frère de Speed (et à son copain le chimpanzé, nom d'une pipe ! vous y croyez, vous ? en 2008 !). John Goodman et Susan Sarandon cachetonnent dans leur rôle de couple, auquel on n'essaie même pas de nous faire croire une seule seconde. Et au bout d'une heure de cette punition interminable, on ne souhaite finalement qu'une chose : que la Mort vienne nous emporter dans son manteau de brume et de velours, loin de la salle de cinéma maudite qui nous inflige un tel calvaire. Michel Vaillant à côté, c'est du Bergman.

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8 commentaires

  • Anonyme

    24/06/2008 à 18h17

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    Rassure toi, il y a death race, bon, ce sera pas l'euphorie mais dejà peut etre plus couillu,


    http://www.mad-movies.com/mad/bande-ann ... nerre.html 

  • riffhifi

    24/06/2008 à 19h43

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    Ouaip, le death race d'origine était bien cocasse. Le remake j'attends de voir, d'autant que Paul Anderson n'a pas pour habitude de faire de jolies étincelles...

  • pastis-mirabelle

    26/06/2008 à 00h02

    Répondre

    J'ai lu un article sur Speed Racer dans lequel ils précisaient formellement que le film avait été conçu comme une grosse démo d'effets spéciaux (y a des trucs intéressants de ce point de vue ou pas ?), ce qui explique certainement que l'absence de scénario t'ait choqué, riffhifi. Mais les frères W ont aussi des impôts à payer...

  • Anonyme

    26/06/2008 à 17h56

    Répondre

    Comment réagir à une critique aussi méprisante et réac, j'espérai un peu plus de respect venant de Rhififi qui ne fait que cracher sa haine contre les frères en s'amusant à coller un adjectif réducteur à chacun des éléments qu'il aborde (quand les acteurs cachetonnent pas, ils sont fades) surtout qu'il n'y a pas une seule volonté d'expliquer le but du film vu que l'intérêt de cette critique (si on peut appeler cela comme ça) consiste juste à décrédibiliser le métrage (t'inquiète Rhififi, il ne marche pas ce film, te fatigue pas). Je sais, je vais avoir droit au sempiternel discours sur le droit d'expression, je jouis donc de ce droit en exprimant mon dédain face à autant de mauvaise foi, quelque part, j'appelle ça de l'abus. Je reconnais que le film n'est pas très accessible, mais le scénario est loin d'être mauvais, juste abordable sur plusieurs degrés de lecture, mais bon tout le monde s’en fout (y a un chimpanzé, forcément, ça peut être que débile). On aborde pas non plus l’expérimentation visuelle et les idées jusqu’au boutistes on préfère s‘apitoyer sur les personnages et l’histoire (ben oui, tout le monde a remarqué que c’était un thriller qui misait sur l’interprétation) que sur le rythme, le montage, la mise en scène et les effets numériques impressionnants, a ce propos, t’aurai du faire comme certains qui l’ont carrément comparé à la saga de Rodriguez. J’en finirai avec la note, qui relève plus d’une jouissance personnelle que d’une véritable estimation, on met 0.5 pour pas mettre 0 histoire de dire que si on aime pas quelqu’un, ben on peut sans justification le noter à la tête, C’est facile, c’est gratuit,  on appelle cela une Rhiffifite. P.S : et ça ose mettre des 7/10 à des nanars.

     

  • nazonfly

    26/06/2008 à 18h28

    Répondre

    Maintenant IK il ne reste plus qu'à expliquer ce que toi tu as aimé dans ce film!

  • Veterini

    26/06/2008 à 18h28

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    Et encore, il manque une diatribre contre Kechiche et une ôde à Stalonne pour rentrer dans la norme de ses critiques, mais sinon, on s'habitue vite.

  • Bung

    26/06/2008 à 20h27

    Répondre

    Le plus important, c'est la classe du pilote.

  • Anonyme

    26/06/2008 à 22h40

    Répondre

    Maintenant IK il ne reste plus qu'à expliquer ce que toi tu as aimé dans ce film!


     


    Ben d'une part, mon message te donnera quelques éléments de réponse si tu lis bien.


     D'autre part, pourquoi me compliquer la vie à livrer une argumentation réflechit et détaillée sachant que je pourrais juste dire :


     Les acteurs sont géniaux, l'histoire géniale et les couleur trop jolies, qu'ils sont sympa ces Vas qu'au ski !!!

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