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Sortilège du Scorpion de Jade (Le)

Betty Ann Fitzgerald a été engagée pour moderniser l'organisation et les méthodes des Assurances North Coast. Son ambition la porte à déclarer la guerre aux procédés obsolètes de C.W.Briggs, l'enquêteur vedette de la compagnie. Chris Magruder, le patron de la North Coast, qui entretient également une liaison secrète avec Miss Fitzgerald, organise alors une petite fête pour tenter d'apaiser ces quelques distensions internes, qui nuisent à l'efficacité du Groupe. Au cours de ce gala, un magicien de renom parvient à hypnotiser sur scène C.W. et Betty Ann, sous les regards d'une foule admirative. A partir de cet instant, leurs destinées vont emprunter des tournures assez particulières.

La logique exige que Woody Allen soit considéré comme étant l'un des plus grands cinéastes de la fin du vingtième siècle. Pour cette raison, le public en réclame toujours davantage de sa part, ce qui semble légitime. Si bien que l'on aboutit parfois à des situations tout à fait cocasses, à l'image de ce commentaire paru dans la presse, au sujet du film : gardons-nous bien de toute férocité devant un film que beaucoup n'hésiteraient pas à qualifier de chef d'oeuvre s'il était signé par d'autres (Philippe Leclercq, Ciné Libre). Exprimons simplement, c'est à dire sans la moindre hypocrisie, que ce Sortilège du Scorpion de Jade de Woody Allen est à la fois l'un de ses plus précieux joyaux mais également une excellente occasion d'analyser la progression de l'ensemble de son oeuvre et la portée du discours qu'il tient à travers sa prodigieuse filmographie. Examen que nous nous garderons toutefois de faire en ce lieu.

On retrouve dans ce Sortilège la plupart des ingrédients qui entretiennent le charme de ses prédécesseurs : un scénario original, une mise en scène rythmée, des personnages plus ou moins affinés qui gravitent autour d'un parfait anti-héros, joué par Woody Allen, qui s'affirme à travers un certain nombre de manifestations humoristiques extrêmement pertinentes et efficaces. Présenté en compétition aux Festivals de Venise et de Deauville 2001, le film est un bel hommage aux detective stories qui furent produits sous l'âge d'or hollywoodien. Les costumes sont garantis d'époque. Les décors d'antan ont soigneusement été reconstitués. Les actrices du film (Helen Hunt, Charlize Theron et Elizabeth Berkley) se sont visiblement inspirées de grands classiques pour parfaire leurs propres interprétations. Les dialogues sont percutants. L'ambiance musicale est irréprochable. A des années-lumière de ses étalages névrosés d'apprenti philosophe, à propos desquels il était autrefois capable du meilleur comme du pire, Woody Allen signe une comédie sincère et rafraîchissante. Et l'on se fiche éperdument de sa moindre insuffisance puisque l'objectif de cette comédie, qui est également celui de toute comédie, est très clairement atteint.

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Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

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