9/10

Snatch

Snatch est à Arnaques, Crimes et Botanique pour Guy Ritchie ce que Magnolia est à Boogie Nights pour Paul Thomas Anderson, mais pas ce qu'est Requiem for a Dream à Pi pour Darren Aronofsky. Enoncé comme ça, vous êtes bien avancés... Disons que dans les trois cas il s'agit de metteurs en scènes de talents qui ont été révélés au grand public par leur premier film. Par un ton, un montage et une ambiance sortants de l'ordinaire, chacun de ces artistes a su se faire remarquer par un film inattendu. Ces trois là, une fois la reconnaissance acquise, ont pu réunir plus de moyens pour réaliser, sans contraintes cette fois, leur second film. Et là encore dans les trois cas le second film est plus ou moins une version "bis-plus-fluorée" du premier : plus de stars, plus de fonds, plus de succès. Snatch appartient à la catégorie de ceux qui sont mieux réussis que le premier (ce qui n'est pas le cas pour Requiem for a Dream par rapport à Pi mais c'est un autre débat). Mais la suite de la carrière de Guy Ritchie et son calamiteux Swept away (razzie award de la pire actrice pour Madonna...) montrent malheureusement que la progression n'est pas inéluctable même quand on confirme...

Mais revenons au sujet principal de cette critique : le film. Après un casse chez un diamantaire juif d'Anvers, Francky (Benicio del Toro) passe par Londres avant de se rendre à New-York où il doit livrer un diamant gros comme le poing à un boss de la Mafia. Mais Francky est habité par le démon du jeu et avant de partir il ne peut se retenir d'aller parier dans un match de boxe clandestin. Des truands à la petite semaine sont engagés pour l'assassiner et pour récupérer sa mallette sans savoir ce qu'elle contient. Parallèlement un des organisateurs (Jason Statham) du match a du changer de boxeur : en effet en allant acheter une caravanne chez des gitans son champion s'est fait étaler par Mickey (Brad Pitt) d'un seul coup de poing. Il décide d'engager Mickey pour le remplacer. On le voit à ce synopsis : le mic-mac s'annonce de belle facture. Sachez qu'en plus le boss de la mafia new-yorkaise va débarquer avec un tueur à gage de légende (Vinnie Jones). Bref, à l'image d' Arnaques, Crimes et Botanique c'est un tourbillon de situations délirantes avec des télescopages tous les plus improbables les uns que les autres qui se prépare. L'intrigue y est quand même plus linéaire, si on peut employer ce terme pour un film foisonnant de ce type, le fil conducteur étant cette poursuite du diamant. Le ton y est aussi plus maîtrisé, Guy Ritchie est au sommet de son art et arrive à donner une cohérence impressionante à un ensemble hétéroclite, un vrai tour de force.

Le film mélange avec bonheur action violente, les gangsters n'y sont pas tendres, avec un humour décalé très britannique. A ce sujet, les dialogues sont une vraie réussite et tous les fans d'Audiard vous le confirmeront : ils ont trouvé leur maître. Encore une fois, je vous conjure de suivre ce film en VO. En effet l'une des particularités de ce film est le rôle qu'y tient Brad Pitt. Une petite remarque en passant, il faut savoir que pour ce film la méga-star hollywoodienne a baissé son cachet parce qu'elle avait envie de jouer pour Guy Ritchie. Et à l'instar de Tom Cruise dans Magnolia, il nous livre un numéro à la fois étonnant et exceptionnel. Brad Pitt incarne un gitan, One punch Mickey O'Neil (littéralement : Mickey O'Neil frappe qu'une fois), à l'accent incompréhensible mais au punch dévastateur. Lors de ses combats, il donne rarement plus qu'un seul coup de poing avant d'étaler son adversaire. Alors voilà on pourrait se dire : oui encore une fois il a le rôle d'un super-héros invincible, finalement pas très surprenant. Rien n'est moins vrai : il joue un type à la limite de la débilité, ou plutôt un péquenot complet qui fait croire qu'il est stupide pour mieux arnaquer. Un grand moment d'acteur est son premier combat où il est censé s'étaler mais ne peut se retenir d'exploser son adversaire en moins de 3 secondes : la tête qu'il fait, à la fois content de son coup mais un peu penaud de n'avoir pas pu suivre les directives qu'on lui a donné.

On peut sûrement reprocher à Guy Ritchie de s'être inspiré de Pulp Fiction mais c'est surtout de s'être montré supérieur à Tarantino sur son propre terrain qui est vraiment impardonnable...

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Envy

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7 commentaires

  • Edgar Z.

    12/02/2005 à 15h35

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    C'est intéressant ce parallelisme que tu fait au début, mais en ce qui me concerne je place "Snatch" au même niveau que "Lock, Stock And Two Smoking Barrels" (arnaques crimes et botanique) car les deux m'ont beaucoup plu.
    Guy Ritchie a cette faculté de donner vie à une brochette de seconds roles tous plus fouillés les uns que les autres, et c'est peut être en ça qu'on le compare à Tarantino, mais au dela de ça il a quand même une mise en scène très personnelle avec un rythme unique venant de ses débuts comme réalisateur de vidéo-clip.
    Bref, même si effectivement "Swept away" ne cassait pas des briques Guy Ritchie pourrait bien encore nous surprendre et on attend son prochain film "revolver" avec impatience...

  • Attila

    14/02/2005 à 16h06

    Répondre

    Très bien tournée ta crtitique. Mon opinion diffère pourtant sur un point.
    Attention, je tiens à dire d'abord pour qu'il n'y ait pas de malentendu, que j'ai aimé ce film.

    Il me semble que le gros défaut de ce film est sa mauvaise utilisation de la violence.
    La ou dans "Arnaques..." la violence était juste un élément comique ou qui concourrait à la comédie, "Snatch" tombe dans le gore et pire dans une espèce de complaisance dans la violence. Certaines scènes m'ont écoeuré et je ne suis pas une ame sensible. (Si mes souvenirs sont exacts, les scènes de découpage et les porcs.)

    Bref en ce qui concerne la violence, la séparation entre la finesse et la barbarie est infime. En augmentant ses moyens, le réalisarteur a aussi outrepassé la dose de sang et je trouve que c'est là le défaut majeur du film. (très bon par ailleurs.)

  • Daggy

    15/02/2005 à 14h12

    Répondre

    Le film passe ce soir, sur France 2, à 23h10

  • Anonyme

    02/01/2008 à 15h45

    Répondre

    bah c'dépend.


    b'vi, s't'veu une cr'vanne beu vec c'ssins rouge pour 'man !


    mais "niquer" ? pour eud vrai hein ?


     


    Plus sérieusement, le ton est délibérement excessif, la mise en scène suit. La scène du découpage peut rebuter si pris au premier degré, au troisième s'est franchement une bonne rigolade. Question de niveau de lecture je pense.


     


    "Savez-vous qu'il faut 10 porcs à jeûn pour dévorer un homme de 80kg en moins de deux heures ? A condition de bien tondre les cheveux et de casser les dents..."

  • Anonyme

    17/02/2008 à 15h02

    Répondre

    rien a dire regarder "arnaque, crime et botanique" et "snatch" avec une bonne biere et quelques clopes, des bons potes et marrez vous sur les histoires tordues et les personnages tous plus cinglés les uns que les autres et des repliques percutantes ou bien decaléés.

  • Kei

    23/02/2008 à 13h11

    Répondre

    Riff ! C'est quoi ce "bof" sur la critique ?


    Qu'est ce qui ne t'as pas plus dans ce film ? 

  • riffhifi

    23/02/2008 à 15h24

    Répondre

    Euh... c'est un vote-souvenir, je l'ai vu lors de sa sortie en salles il y a presque 8 ans


    Je me souviens qu'à l'époque ça ne m'avait pas emballé, mais je serais incapable de te l'argumenter aujourd'hui. Trop fouillis je crois (scénario et réalisation).

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