5.5/10

Le Silence des ombres : du bruit pour pas grand chose

Julianne Moore et Jonathan Rhys-Meyers sont les deux piliers de ce thriller psychologique malheureusement teinté de fantastique religieux.

Psychanalyste enfermée dans ses certitudes, Cara s'apprête à tout remettre en cause avec le cas « Adam » : l'homme semble habité par plusieurs personnes ayant été assassinées. Au fil de son enquête et des discussions avec son patient, Cara va mettre les pieds dans un univers qui la dépasse, et y entraîner son entourage...


DR.
Si l'on met de côté le titre VF du film, largement moins pertinent que le titre VO (« Shelter », on en comprend le sens en visionnant le film), la première impression administrée via la communication autour du film se révèle plutôt bonne. Jonathan Rhys-Meyers nous campe un psychopathe dans le sens médical du terme, Julianne Moore sera sa psychanalyste un peu désabusée, et les deux personnages tournent en rond autour d'un problème psychologique diablement compliqué : Adam (Rhys-Meyers, donc) semble avoir développé un dédoublement de personnalité plutôt troublant, puisqu'il incarne tour à tour sa véritable identité et celle d'un paraplégique assassiné. La situation se complexifie lorsque Cara (Julianne Moore, donc) découvre que les visages d'Adam ne se limitent pas à deux facettes, mais bien à plusieurs. N'est-ce pas un début intrigue intéressante ? A partir de là, le film peut partir un peu où il veut, il peut embrancher sur une enquête policière concernant les personnes assassinées, sur une sorte de face-face psychologique, ou bien encore sur une remise en question des certitudes du corps des psychanalystes ; autant de variantes qui auraient pu être intéressantes, à différents niveaux. Mais le scénariste Michael Cooney (Identity, les Jack Frost) en aura décidé autrement. En plein milieu du film, le scénario prend un virage et roule vers le fantastique un peu religieux et égratigne ses portières. Toute la tension développée dans la première partie, toutes les idées intéressantes qui ont été cuisinées, tout cela s'envole au profit d'une histoire de croyances théistes où l'athée ou l'être démuni de sa foi ont les mauvais rôles. Julianne Moore nous avait fait un coup similaire avec Mémoire effacée, les gens de son entourage perdaient leurs souvenirs tandis qu'elle s'évertuait à rappeler à tout le monde le bon souvenir de son fils décédé. D'un canevas de départ plutôt intéressant, le film nous sortait de la science fiction alors que l'on s'attendait à du thriller sans crédibilité. Le constat est similaire pour Le Silence des ombres : il aurait mieux valu éviter l'aspect fantastique. Le scénario est probablement le seul à blâmer, puisque les réalisateurs (Måns Mårlind et Björn Stein, bientôt sur les plateaux de Underworld 4) et les acteurs semblent donner énormément pour conférer de la vraisemblance à leur travail.

Un début de film intéressant qui laisse la place à du fantastique religieux un brin amer. On en attendait un peu plus, mais l'ensemble se regarde pas trop mal non sans cette pointe de regret qui caractérise les bonnes idées maltraitées.


DR.

A propos de l'auteur

2 commentaires

  • Guillaume

    06/02/2011 à 11h00

    Répondre

    Je n'ai pas vu le silence des ombres, mais moi, pour une fois, je serais clément : après avoir vu un certain nombre de direct to dvd dans le même acabit, je suis persuadé que les films avec une intrigue que l'on pense pouvoir expliquer rationnellement, mais qui tournent vers le fantastique absolu et facile, est un genre à part entière. Pas juste un ratage.
    Il n'en est reste que le genre est rarement très bon

    http://cinema.krinein.com/silence-o ... 15009.html

  • Anonyme

    28/08/2011 à 20h18

    Répondre

    très bon

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