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Sidekicks, partenaires de combat

Entreprendre de survoler la filmographie nanarde de Chuck Norris est une expérience qui passera forcément par Sidekicks. Non pas que le film, réalisé comme toujours par le frangin Aaron, ne supplante les sommités que sont Delta Force 1 et 2, non, l'intérêt est tout autre et peut se définir en deux points : en premier lieu, le plus évident, la côte de narnardise du film demeure très élevé tout au long du film, en particulier grâce au second point ; et donc en second lieu, Chuck n'est pas le personnage principal, mais le héros d'un gosse un peu rêveur et asthmatique. Oui, à travers notre étude très poussé de la psychologie Norris, nous avons pu apprendre que le Karaté pouvait sauver les arbres, détruire les démons, et éradiquer la cocaïne : quoi de plus normal qu'il puisse guérir les maladies et apporter amour, gloire, et beauté ?
Intéressons-nous donc à ce monument qui est Sidekicks, véritable ode à Chuck Norris par Chuck Norris, et mettons nous dans la peau de Barry, ce jeune lycéen adepte des films du karatéka, comme nous tous.

« Contre Chuck je n'ai aucune chance »

Barry n'a rien pour lui : il n'a pas d'amis, pas de mère, son père travaille tout le temps, il est asthmatique, et ses résultats scolaires sont plus que médiocres. Il suffit qu'il donne une bonne réponse en classe pour parachever le portrait du parfait boulet social : le caïd du lycée Randy Cellini, humilié d'avoir sécher sur une question littérature au profit du jeune crétin blondinet, lui colle un surnom : Barry kiki. Ouch. Barry aurait tué si ce n'était pas interdit et réprimandé par la loi. Fort heureusement, Barry a une échappatoire : ses rêves. Grâce à son imagination débordante, il rejoint Chuck Norris dans ses films d'action les plus spectaculaires et devient son copain, son partenaire de combat, son sidekick. Armé de sa ventoline et de son magazine préféré, Chuck en couverture (pièce rare et unique), il déambule dans les couloirs en rêvant d'actes héroïques remplis d'arts martiaux.
Ces quelques lignes représentent le plus alléchant programme de film pour beaucoup d'adeptes de narnardise. Je vous le paraphrase pour mieux comprendre : Chuck Norris a un fan ! Pas un de ceux qui récitent à qui veut l'entendre les meilleures répliques de Braddock : Portés Disparus III ou de Delta Force 2, non, non. Un vrai de vrai, un qui ne peut pas s'empêcher de regarder admirativement ses films d'action, et de le prendre comme modèle. Même qu'il décide d'apprendre le Karaté, pour faire comme Chuck et sauver le monde à son tour. Génération Karaté Kid oblige, Barry se dégote un maître asiatique un peu timbré qui lui apprendra moult choses et l'aidera à vaincre son handicap, assisté par l'image rémanente de Chuck (conférer cette larmoyante séquence où Chuck apparaît dans l'esprit du jeune homme pour l'aider à grimper en haut d'une corde).

« C'est le loup solitaire... »
« ...et son louveteau.... »

Ce concept séduisant donnera lieu à de nombreuses reconstitutions de quelques unes des plus fameuses séquences des films de Chuck, où le grand héros donnera la réplique à son fan le plus absolu. Delta Force, The Hitman, Portés Disparus, les plus grands titres sont là pour le meilleur (Chuck imitant Rambo dans Portés Disparus) et pour le pire (la coupe mulet de The Hitman). Même si le film est traité comme une histoire pour enfants plantés un 24 décembre devant la télé, il n'y a pas une once d'auto-parodie dans cette histoire. Chuck réalise à peu de choses près la même performance que dans les films imités, la touche humoristique étant ajouté par le petit freluquet nommé Barry qui se ridiculise à imiter son idole. Les séquences se ressemblent sur certains points : une nana à sauver (la prof asiatique de Barry), un super vilain (le méchant prof de karaté vantard et stupide), et un sous-fifre niais (le caïd du lycée Randy Cellini, aux ordres de Stone qui lui apprend le Karaté et le surjeu en toutes circonstances).
L'entraînement de Karaté se fera en parallèle, à travers séances de pompes, de course à pied, et de destruction de parpaing (il est d'ailleurs intéressant de constater à quelle vitesse un adolescent peut apprendre à briser une dizaine de parpaings sans se broyer tous les os du bras).

« Et si on le gagnait ensemble, ce tournoi ? »

Quoiqu'il en soit, le meilleur du film finit par arriver : le tournoi est par équipe de quatre, il manque donc un sidekick dans la barry's team. Coup de chance et de théâtre, le véritable Chuck Norris parraine le tournoi, profitant des circonstances pour papoter karaté avec des copains karatékas (Chuck est sociable). Barry est au désespoir, Chuck va lui remonter le moral : « Et si on le gagnait ensemble, ce tournoi ? » (Chuck est généreux). Une bonne occasion pour le champion de prendre sa revanche sur Kelly Stone, dont la vantardise n'égale que sa propension à surjouer (Chuck est revanchard). « Tiens, tiens, Chuck Norris... Tu t'es pas inscrit, vieux ? Heureusement, car je t'aurais dérouillé ! » « T'es un grand rêveur, Stone. » L'affrontement qui opposera les deux maîtres ressemble à n'importe quel duel avec Chuck Norris : Chuck gagne. Le petit plus qui fait la différence s'appelle Joe Piscopo, acteur mineur disposant d'un large panel d'expressions faciales toutes plus ridicules que les autres. Un grand moment d'acting, un grand moment de cinéma, cela va sans dire.
Le tournoi en tant que tel possède un petit quelque chose de fascinant. Imaginez un panel de professionnels des arts martiaux très compétents, avec au milieu les deux équipes de bras cassés que sont celles de Stone et de Barry, et que ces deux dernières raflent systématiquement toutes les premières places. Même les scénaristes ne s'y trompent pas : pour créer l'illusion, la prestation de Barry au Nunchaku est imagée par un rêve où un véritable professionnel, bien sûr habillé des pieds à la tête, fouette l'air vivement avec moult acrobaties.
Chuck aura le mot de la fin, un truc paraphrasé qui veut à peu près dire « Quand on veut, on peut ». Oui, dans les Chuck Norris, il y a aussi de la philosophie...

Tel la cassette de Ringu, l'unique magazine « Black Belt » (Chuck en couv') sera abandonné sur un banc pour atterrir dans les mains d'un petit paraplégique qui ne pourra réprimer un « Waouh ! » admiratif. Nul doute que ce môme, formé aux principes du karaté à la Chuck, deviendra le nouveau fer de lance d'une idéologie où la mort, la violence, et la haine n'existeront plus. Chuck aura déjà tout balayé. Il est fort, ce Chuck.

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11 commentaires

  • Choubide

    26/01/2007 à 14h22

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    Rien qu'à lire cette critique, ça donne envie de le voir avec une bande de potes et des gâteaux à volonté.
    ahhhh Chuck avec Jean-Claude et autres confrères, tu fais partie de mon panthéon de philosophes nanariens.

  • juro

    26/01/2007 à 15h45

    Répondre

    J'ai dévoré la chronique Une autre ! Une autre !
    Un jour, faudra nous faire aussi le film avec Christophe Lambert en joueur d'échecs (j'ai un trou pour le titre)...

  • Wax

    26/01/2007 à 16h00

    Répondre

    juro a dit :
    Un jour, faudra nous faire aussi le film avec Christophe Lambert en joueur d'échecs (j'ai un trou pour le titre)...


    Face à face (Knight Moves en VO)
    Dans mon souvenir c'est loin d'être un chef d'oeuvre mais ça se regarde avec un peu d'indulgence.

  • Nicolas

    26/01/2007 à 16h36

    Répondre

    juro a dit :
    J'ai dévoré la chronique Une autre ! Une autre !


    Me reste seulement en réserve The Hitman, mais il est moins drôle

  • riffhifi

    26/01/2007 à 20h15

    Répondre

    Mwahahaah, ça m'a donné envie de le revoir. Quel artiste ce Chuck .

    Pour l'amateur de Christophe Lambert, je ne saurais trop recommander l'excellent "I love you", dans lequel Cricri tombe amoureux d'un porte-clés . Guest-starring Eddy Mitchell.

  • Anonyme

    28/01/2007 à 08h44

    Répondre

    Wax a dit :
    Un jour, faudra nous faire aussi le film avec Christophe Lambert en joueur d'échecs (j'ai un trou pour le titre)...


    Face à face (Knight Moves en VO)
    Dans mon souvenir c'est loin d'être un chef d'oeuvre mais ça se regarde avec un peu d'indulgence.

    Disons que c'est assez grotesque dans l'ensemble mais sympa par moment !!!

  • Alim

    30/01/2007 à 23h06

    Répondre

    Ah je m'en souviens de celui là, evidemment ca ne vaut pas un bon invasion usa mais quand chuck il depiaute du boyau sévere. Je suis sur que s'il y avait une catégorie aux oscars pour les roles d'ami imaginaire barbus et karatekas, il aurait été nominé cette année là.

    Hey Nicolas ! y'a toujours pas de critique d'Invasion USA nan ? (enfin je dis ça je dis rien mais je le dis quand meme)

  • Nicolas

    31/01/2007 à 09h42

    Répondre

    Alim a dit :
    Hey Nicolas ! y'a toujours pas de critique d'Invasion USA nan ? (enfin je dis ça je dis rien mais je le dis quand meme)


    Je l'ai vu il y a trop longtemps, il faut que je le retrouve (la bande-annonce m'avait coincé dans une espèce de fou rire impossible à réprimer, à l'époque).

    Invasion Usa, le Trailer

  • Choubide

    31/01/2007 à 10h38

    Répondre

    Aïeaïe, c'esst une tuerie.

    Mais cette bande annonce prouve une chose. Jack Bauer n'est qu'une pâle copie de Chuky, concernant le héros solitaire américain qui sauve le pays d'une armée de terroristes déterminés à mettre à feu et à sang ce pays d'amour et d liberté. CQFD.
    Quelqu'un sait si Chuck Norris a prévu de faire un procès au personnage de Jack Bauer?

  • el viking

    16/09/2008 à 14h34

    Répondre

    certes, j'arrive en retard, mais étant l'un des premiers prophète de Chuck Norris, celà m'est pardonné!


    excellente critique au demeurant, comme toutes celles qui concernent les films de notre sacro-saint barbu préféré...


    Sidekicks n'est pas le meilleur de ses films, et c'est vrai qu'invasion USA reste l'apothéose de sa carrière, mais il propose tout de même de bons moments, notamment dans les rêves du petit garçon où Chuck Norris nous apprend la "Chuckattitude"...


    Bref, c'est du "Chuck", c'est du "Norris", et nous on en veut toujours plus... Chuck Norris on t'aime!!!

  • Anonyme

    05/11/2008 à 15h22

    Répondre

    c pas top au niveau histoires ...ca deborde ( trops ) de bon sentiments ... par contre si vous etes amateur d'art martiaux c'est a voir rien que pour le tournoi final

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