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Sherlock Holmes et l'arme secrète

Larmes secrètes...

Le docteur Franz Tobel, inventeur d'un système révolutionnaire de guidage pour bombes, échappe aux griffes des nazis grâce à l'intervention in extremis du grand Sherlock Holmes. De Suisse, il part se réfugier à Londres sous la protection du détective. Inquiet de la portée de son invention, Franz Tobel décide de confier une partie de son projet à quatre scientifiques londoniens connus de lui seul, et remet à sa fiancée Charlotte Eberli le nom de ces quatre hommes sous forme cryptée. Il disparaît peu de temps après. Entouré de l'Inspecteur Lestrade et du Docteur Watson, Holmes part à sa recherche et comprend très vite que l'ignoble Professeur Moriarty, pour un temps complice des Nazis, est également sur les traces des quatre scientifiques.

The secret Weapon, plus communément appelé l'Arme secrète, est le quatrième épisode de la série Basil Rathbone - Nigel Bruce, mise en images entre 1939 et 1946 (suivront entre autres La Femme en vert et La Clé). Tourné en 1942 sous les commandes de l'américain Roy William Neill, l'épisode se déroule également pendant la seconde guerre mondiale. On y retrouve un Sherlock Holmes au service de sa Majesté, faisant en sorte que l'Angleterre préserve ses chances de victoire face à l'Allemagne nazie. Autant dire qu'il ne s'agit plus là d'une adaptation de Conan Doyle, mais bien d'un simple film de propagande, ayant pour tête d'affiche l'une des principales vedettes de la littérature anglo-saxonne de cette première moitié du vingtième siècle. Les dernières paroles échangées sur fond de God Save the Queen par le célèbre duo de Baker Street ne laissent aucun doute quant au pourquoi du comment d'une telle réalisation : "L'orage est passé. Cette petite île est toujours sur la carte" (Watson) ; "Oui, cette forteresse bâtie par dame Nature pour elle-même. Ce terrain béni, cette terre, ce royaume, cette Angleterre..." (Holmes).

Sorti de son contexte, le scénario se trouve naturellement réduit à sa plus simple expression. On ne retrouve pratiquement aucun élément des oeuvres d'antan, si ce n'est un personnage nommé Sherlock Holmes, interprété par Basil Rathbone, qui prend un malin plaisir à se déguiser (on le retrouve en valet d'écurie, en prêtre italien, en vulgaire vagabond, voire même en vieille dame dans les oeuvres canoniques). Il semble fort heureusement un peu plus vif d'esprit que ses acolytes de Scotland Yard, même si cette adaptation cinématographique ne se prête guère à une démonstration de ses véritables capacités. Le célèbre détective londonien fait une nouvelle fois équipe avec le Docteur Watson, que l'on retrouve une fois de plus interprété par Nigel Bruce. Dans cet épisode, le Professeur Moriarty fait preuve de bien peu d'imagination. Lui, le génie du crime, le Napoléon du Mal, l'ennemi juré de Sherlock Holmes, un simple d'esprit ? Allons, bon ! Enfin, je n'évoquerais pas les pâles prestations des hommes de Scotland Yard, sans cesse relégués au second plan (en particulier le très récurrent Inspecteur Lestrade).

L'Arme secrète est un épisode qui se démarque, de par sa nature très particulière et le contexte dans lequel il fut réalisé. Son visionnage ne manque pas d'intérêt, à partir du moment où on ne le considère plus comme une mise en images d'une quelconque oeuvre littéraire, mais bien comme un objet historique, témoin d'une époque révolue. Que l'on ne s'y trompe pas : Sherlock Holmes est loin d'avoir connu la seconde guerre mondiale, et il est encore plus loin de s'être mis au service de l'armée de son pays.

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