3.5/10

Sherlock Holmes - 2009

Sherlock Holmes version blockbuster, c'est une succession de bastons à la James Bond, d'explosions réglementaires et de scènes d'enquête anémiques et inutiles. Guy Ritchie est à côté de la plaque, et les acteurs talentueux mais mal choisis ne sauvent rien.

Condamné depuis plusieurs décennies à choisir entre le petit écran ou le pastiche (et encore, le dernier date déjà de 1988), Sherlock Holmes méritait un retour fracassant dans les salles obscures. Pour s'assurer que ça fracasse également le box-office, Warner Bros. emploie Guy Ritchie, réalisateur de Snatch et Rock'n'Rolla, qui se vante de n'avoir vu aucune des adaptations précédentes (un tour de force pour un cinéaste quadragénaire). Le bonhomme se prétend fan du personnage, et promet de livrer une œuvre fidèle à sa source littéraire ; à la vision du film, une
évidence s'impose : Ritchie a passé son enfance à lire des comics de Batman et Robin en croyant avoir les textes de Conan Doyle dans les mains... Résumons : Holmes (Robert Downey Jr., l'œillade séductrice, le cheveu savamment mal coiffé, la barbe de trois jours au menton) combat le crime avec son sidekick Watson (Jude Law, plus jeune et plus grand que son partenaire, sexy en diable malgré son boitillement), suppléant ainsi aux faiblesses opérationnelles de la police. Expert en boxe, il sait analyser les points faibles de ses ennemis mieux que personne, transforme n'importe quel objet d'une pièce en arme mortelle (Chuck Norris a du souci à se faire) et s'impose comme le candidat rêvé pour déjouer le plan de domination mondiale ourdi par un irrécupérable supervilain (Mark Strong)... Saura-t-il déjouer le tendre piège que constitue la femme fatale Irene Adler (Rachel McAdams) ? Supportera-t-il d'être quitté par Watson pour la jolie Mary Morstan (Kelly Reilly) ?

Question fidélité, le film fonctionne de la même manière que le récent Star Trek : un titre iconique, une narration parsemée de clins d'œil à l'usage des exégètes (on trouve directement ou indirectement les personnages semi-récurrents du canon : Lestrade, Moriarty, Mycroft... ainsi que plusieurs emprunts aux nouvelles), et une débauche de scènes d'action destinées à accrocher le public néophyte. Pas de deerstalker sur la tête de Holmes, ni de pipe calebasse dans sa bouche, car l'exégète sait qu'ils ne sont pas canoniques et le néophyte estime ces attributs ringards. Tout dans le film transpire ainsi le calcul laborieux, le cahier des charges
à respecter : bastons et explosions se succèdent à un rythme régulier, surgissant parfois sans raison autre que de dynamiter une ambiance qui s'embourbe dans une routine déplaisante. Car le Holmes campé par Robert Downey Jr., tout malicieux qu'il soit (loin du gentleman lunatique de Conan Doyle, il se comporte en sale gosse capricieux et charmeur), ne résout quasiment aucune énigme au cours du récit, et se contente de formuler occasionnellement une déduction indigne de Julie Lescaut avant d'aller distribuer des marrons dans la poire d'un géant qui ferait passer l'incroyable Hulk pour le petit frère de Mimie Mathy.

Finalement, le plus gros problème du film n'est pas tant de s'éloigner des représentations traditionnelles de Holmes et Watson (qui, pour la plupart, sont elles-mêmes assez librement dérivées des descriptions originales), mais d'être incapable d'aligner autre chose qu'une série d'épouvantables clichés et de vannes calibrées, le tout inséré dans les cases d'un modèle hollywoodien rigide et déjà vu mille fois. Comble de tout, par rapport au Star Trek cité plus haut, ce Sherlock Holmes souffre d'un vilain défaut : il est tragiquement ennuyeux.

Mais le générique de fin est joli.

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37 commentaires

  • Anonyme

    10/07/2008 à 18h49

    Répondre

    Je milite pour Chuck Norris, qui pourrait nous apprendre que le karaté peut élucider des crimes.

  • Anonyme

    13/07/2008 à 18h05

    Répondre

    sherlock holmes peut aussi etre drole ,voir http://www.bedetheque.com/serie-2074-BD ... treet.html

  • riffhifi

    22/08/2008 à 17h38

    Répondre

    Guy Ritchie a annoncé dans une interview que son Sherlock Holmes serait très orienté vers l'action, et exploiterait les talents de boxeur et d'escrimeur du personnage. Whoopeee [img]/cinema/../forum/images/smilies/mouais.gif"%20border="0[/img]

  • riffhifi

    19/09/2008 à 15h15

    Répondre

    Et voilà que Jude Law est annoncé officieusement comme l'interprète du Docteur Watson


    Plus que The Rock en Mme Hudson et Janet Jackson en Moriarty, et le casting sera bouclé.

    Foutue journée

  • athanagor

    04/02/2010 à 13h16

    Répondre

    J'aimerai savoir pourquoi cette article ne comporte aucune référence à Hercule et Sherlock. C'est une faute rédactionnelle inadmissible.

  • riffhifi

    04/02/2010 à 15h24

    Répondre

    C'est dans le dossier rétrospectif, cher ami, juste après Sherlock, flic de choc

  • Ange40ch203

    04/02/2010 à 18h12

    Répondre

    Ce dépoussièrage de Sherlock Holmes en mode divertissement hollywoodien, me rebutait, mais il s'est révélé plutôt plaisant. Le film ne se prend pas au sérieux, il faut faire de même pour l'apprécier.L'adaptation de Ritchie rend un meilleur hommage aux talents de boxeur de notre gentleman, que ce morceau#movie_player

  • gyzmo

    06/02/2010 à 16h00

    Répondre

    L'introduction du film (l'intrigue façon secte satanique) et la peinture faite des personnages (Holmes façon Steven Seagal) m'ont tout d'abord rebuté et je sentais venir le film de boulet à l'horizon. Puis, petit à petit, je me suis adapté à cette relecture et en fin de compte, je lui trouve un certain charme qui lui évite de tomber dans le "bof" (de justesse, cela dit).


    Contrairement à ce qui est dit dans la critique, le Holmes de Ro­bert Dow­ney Jr. fume bien la pipe (le contraire aurait été une hérésie !!!) et possède un don d'observation/résolution  effectif (Holmes sans cette logique également !!!!). Ce dernier point m'a le plus embarqué. Les petits détails qui font mouche, la déduction légendaire de Holmes et son esprit de joueur d'échec sont bien rendus par la mise en scène et le montage. Chaque mystère est résolu (un peu trop vite, certes). La réalisation de Ritchie met bien en lumière cette compétence première d'anticipation de Holmes. C'est fun et agréable à zyeuter. Le tout à ce niveau est  cohérent. Rien à voir avec Julie Lescaut tout de même. Quant au grain de folie de Holmes, je pense que ce personnage n'en avait pas besoin. Tout much, vraiment. Surtout par rapport à la classe internationale de Jude Law (mais que voulez vous, il fallait bien un contre poids, une touche personnelle quoi^^).


    L'intrigue principale en elle-même m'a beaucoup ennuyé cela dit. Tout comme les multiples scènes d'action (trop longues et jamais originales). Mais bizarrement, le film devient intéressant avec l'entrée en scène - et discrète, de Moriarty. Du coup, j'ai senti que ce premier opus n'était qu'une manière de camper les persos avant de s'attaquer aux choses sérieuses. J'espère juste que les volets suivants - si succès cinémato de celui-ci au rendez-vous il va sans dire, auront un peu plus de matières cérébrales à nous offrir qu'une vulgaire succession de scènes d'action. 


    Autrement, belle BO (inattendue pour ma part). Et effectivement, beau générique de fin.

  • riffhifi

    06/02/2010 à 16h06

    Répondre

    Contrairement à ce qui est dit dans la critique, le Holmes de Ro­bert Dow­ney Jr. fume bien la pipe


    Je parlais de la pipe calebasse, celle qui lui est souvent attribuée dans l'imagerie populaire.

  • gyzmo

    06/02/2010 à 16h28

    Répondre

    L'imagerie populaire, Ritchie s'en cogne, comme tu l'as si bien introduit. D'ailleurs, dans les romans de Conan Doyle, jamais la pipe de Holmes n'est décrite comme étant une calebasse.


    Historiquement intéressant :


    http://www.sshf.com/index.php3?dir=fr/a ... a_nicolas6

  • riffhifi

    06/02/2010 à 16h36

    Répondre

    Je sais bien, je réagissais juste à ton "Contrairement à ce qui est dit dans la critique", car je suis chatouilleux un peu comme toi

  • gyzmo

    06/02/2010 à 17h15

    Répondre

    A vrai dire, à la lecture de la critique, on ne sait pas si tu es fan du Holmes de Doyle ou du Holmes de "l'imagerie populaire". Sans être un expert du personnage, mais connaissant quand même son background et ses particularités, j'ai l'impression que tu te moques de la vision de Ritchie à la faveur de l'imagerie populaire qui a fait de Holmes un bien triste personnage - par rapport à sa couleur d'origine, haute en couleur, bohème et nerveuse sous la plume de Doyle. Parce que bon, niveau fidélité, les interprétations de Basil Rathbone et autres Peter Cushing - aussi mémorables qu'elles soient (j'en suis fan également, surtout du Cushing), sont à des miles du Holmes littéraire. Et étrangement, je trouve que ce dépoussiérage n'en est finalement pas un. C'est vraiment un retour aux sources qui mérite d'être replacé dans le contexte d'époque de la création du personnage par Doyle (héros vachement moderne et décalé en fin de compte !). D'un point de vue personnel, j'ai bien aimé la compo de Ro­bert Dow­ney Jr.

  • riffhifi

    06/02/2010 à 18h34

    Répondre

    Peter Cushing à des miles du Holmes littéraire ? Downey un retour aux sources ? J'avoue que je serais curieux que tu développes ! Sur le deuxième point, le monde holmésien est d'accord avec toi, mais je ne comprends pas... J'ai lu les livres, je suis en train de les relire, et voilà ce que j'en tire :

    [list=1]
    [*]Holmes est grand et mince, il a un profil d'aigle -> Jude Law paraît plus grand et plus mince que Downey, ce dernier a tout sauf un profil d'aigle
    [/*:m][*]Holmes est un gentleman, il est excentrique mais pas sale ni grossier -> le Holmes de Downey est habillé comme un clodo, il ne se rase pas et il tient des paroles insultantes (et fausses, car il se trompe comme un gros mauvais) à une dame qui lui jette son verre à la face [/*:m][/list]

    Sorti de là, je trouve le film assez mauvais en raison de son scénario, indépendamment de la fidélité à Conan Doyle ou aux précédentes versions. Je ne conteste pas le film de Ritchie sur ce manque de fidélité, mais inversement, j'ai le sentiment qu'il est parfois défendu pour de mauvaises raisons (Holmes boxe dans les livres, la belle affaire).

  • gyzmo

    06/02/2010 à 19h57

    Répondre

    Tu t'attaches à des divergences physiques  (voire vestimentaires oO) entre l'Holmes de Doyle et l'acteur Downey qui me passent un peu au dessus de la tête^^ Qu'il soit décrit chauve avec une pipe en marbre  et que cette description ne corresponde pas à lla représentation qu'un autre auteur en fait est bien moins important - à mes yeux que lorsque ces deux persos (l'original et l'interprétation) possèdent des traits de personnalité identiques (séducteur, accro à la nicotyne...).  Comment expliquer... Je m'attache plus au fond, pas à la forme.  En ce sens, le Holmes de Ritchie me paraît plus fidèle - dans le fond : c'est à dire sans le balais coincé dans le Q de Cushing et consors - de l'esprit Holmes tel que Doyle l'a construit à travers sa saga (qui va bien au-delà de ses romans, cf les nombreuses nouvelles également).


    "le Holmes de Downey est habillé comme un clodo" Ah bon ? Je trouve pas, personnellement. Son look est plutôt détendu et bohème, tel que Doyle l'abordait. C'est une des raisons pour laquelle son perso était aussi "nonchalant" par rapport à son époque.


    "il
    tient des paroles insultantes (et fausses, car il se trompe comme un
    gros mauvais) à une dame qui lui jette son verre à la face" Fausses et insultantes ? Non, il est en mode provocation, tout simplement. L'efficacité de ses déductions et de sa logique hors norme est clairement mise en valeur dans le film. D'autre part, le Holmes de Doyle n'a rien a voir avec un gentlemen so british à la Cushing (à des miles, ouais). Bien au contraire. Me semble plutôt que Holmes ne porte pas dans son coeur les femmes. Le scénario de Ritchie (et l'aversion vis-à-vis de la compagne de Watson) est au propos dans le sens où l'une des raisons pour laquelle le Holmes de Doyle accepte Watson dans sa vie, c'est parce qu'il est célibataire !


    Quant au fait qu'il soit douer au combat - aussi bien dans les livres que dans le film de Ritchie - ça paraît effectivement un peu maigre comme argument, mais c'est un trait de caractère fondamental du personnage de Doyle qui, même si poussé à l'extrême par Ritchie (effet Steven Seagal oblige), est bien rendu dans la scène du combat de boxe - sa capacité à anticiper les évènements tels un joueur d'echec. Ca n'avait jamais été aussi bien décrit visuellement par aucun autre film sur ce personnage.


     


    On pourrait palabrer des heures. Et à défaut de relire la saga, rien ne vaut une bonne lecture bien documentée. L'essentiel (son amour pour les vêtements débrayés, pour les déguisements, pour les longues siestes dépressives, pour les drogues, les expériences loufoques, le bordel) est là :

    http://www.sshf.com/wiki/index.php/Sherlock_Holmes

  • Anonyme

    06/02/2010 à 21h01

    Répondre

    gyzmo dit que "Sherlock Holmes ne portait pas dans son coeur les femmes " 


    Comme le capitaine Haddock , qui fumait la pipe lui aussi ? Tu crois que c'est parce que Tintin était célibataire qu'ils ont fait équipe tous les 2  ?  Bof, je pense que si la Castafiore était ausi caricaturale, c'était tout simplement pour zapper toutes possibiltés d' émotions amoureuses, et concentrer l'histoire sur la réflexion et l'action.   Dans ces aventures on fait travailler la raison et l'esprit, pas le coeur.


    Mais peut-être qu'au 21° siècle, proposer  un Sherlock Holmes homosexuel , c'est plus tolérable que de dire qu'il était drogué ? Comme proposer un  Tintin homosexuel, c'est plus tolérable que de dire qu'il était raciste ?  Bof bof....

  • hiddenplace

    06/02/2010 à 21h39

    Répondre

    Comme proposer un Tintin homosexuel, c'est plus tolérable que de dire qu'il était raciste ? Bof bof....


    Comment se fait-il que je ne vois pas le rapport ?


     

  • gyzmo

    06/02/2010 à 21h50

    Répondre

    "Ours blanc", je ne comprends pas ton intervention par rapport à notre discussion sur
    la scène du "verre de vin dans ta gueule"... M'enfin bon... L'addiction
    pour les drogues et la mysogimie de Holmes sont clairement décrite dans
    les nouvelles de Doyle, je n'interprète rien. En tant que "fan" du
    personnage, Ritchie n'a fait que revenir aux sources de ces
    caractéristiques la plupart du temps occultées par les versions ciné et
    télé - Billy Wilder avait exploré ces dimensions du personnage de fort
    belle façon d'ailleurs en 1970, en poussant le bouchon jusqu'à
    l'homosexualité hypothétique de Holmes. L'hypothèse est touché du doigt
    par Ritchie également. Dommage qu'il en fasse too much. Mais pour moi,
    on est vraiment plus près du Holmes de Doyle avec cette interprétation.

  • riffhifi

    06/02/2010 à 23h20

    Répondre

    Séducteur, détendu, bohême ? Bon, tout est clair : on n'a tout simplement pas la même vision du personnage, il est donc logique que nous n'ayons pas la même conception de "l'interprétation juste". Il est mysogine, mais ses rapports avec les femmes, à mon sens, n'ont jamais relevé de la goujaterie. Après, l'homosexualité potentielle de ses rapports avec Watson, on en fait ce qu'on veut... Il y a toujours des blagues à sortir sur les colocataires, et Ritchie ne s'en prive pas.


    Quant à l'aspect physique, je pensais que ça avait une importance, je n'imaginerais pas Gérard Jugnot en James Bond. La forme et le fond se rejoignent parfois.

    Et sur le point particulier de l'addiction à la cocaïne, notons qu'elle est prudement (et prudemment ^^) absente du film

  • riffhifi

    06/02/2010 à 23h27

    Répondre

    Puisque je suis lancé, je reviens aussi sur "ces caractéristiques la plupart du temps occultées par les versions ciné et télé". Je ne me souviens pas d'une seule version qui occulte manifestement la mysoginie de Sherlock Holmes ; je dirais même que celle-ci est l'une de celles qui lui offrent ce qui ressemble le plus à une relation amoureuse. En revanche, j'en connais plusieurs qui abordent son addiction à la drogue de façon bien plus directe que celui-ci

  • gyzmo

    07/02/2010 à 12h03

    Répondre

    Je suis au courant pour ton dernier "argument". Je m'autoquote car tu sembles avoir lu les miens en diagonale : "Billy Wilder avait exploré ces dimensions du personnage de fort
    belle façon d'ailleurs en 1970". Sa vie privée de Holmes est effectivement le seul film à ma connaissance qui a comblé dans son ensemble les lacunes des autres réalisations faites sur le Holmes de Doyle... tout en y rajoutant une sacrée couche que l'auteur original n'aurait peut-être pas apprécié^^ (quoique... sur la fin Conan n'en pouvait plus de son personnage). Je parle de vue d'ensemble du perso là où tu parles d'un ou deux aspects seulement.


    Pour l'aspect physique de Holmes au ciné, je te retourne la réflexion : j'en connais plusieurs qui ont choisi des acteurs qui ne cadraient pas forcément avec les descriptions faites par Doyle, aussi bien pour Holmes que pour Watson. Et puis bon, c'est certain qu'un acteur plus ressemblant aurait été tip top mais Downey n'est pas Jugnot tout de même. Il portait déjà des talonettes dans le film pour ne pas paraître trop petit. L'intérêt d'un nez postiche pour coller au plus près du personnage, d'un point de vue esthétique, ça aurait été ringard. L'esprit tourmenté et énergique de Holmes transpire suffisamment à l'écran pour se passer de tels artifices.


    Mais je crois que c'est difficile pour ceux qui ont grandi avec Holmes version ciné de retrouver avec le Holmes de Ritchie les codes écrasants du personnage de l'imagerie populaire. Pourtant, la quintessence de celui de Doyle est bien présente (et validé par les fans du perso, c'est pas moi qui le dit). En d'autre terme, les cartes sont brouillées d'avance pour celle ou celui qui découvre  à rebourd Sherlock Holmes tel qu'il a été pensé par son auteur tant l'imagerie populaire a occulté le référent DANS SON ENSEMBLE (en majuscule au cas où lecture diagolnale^^). Même le personnage de House est plus près du Holmes de Doyle que les versions de Cushing et consors, c'est dire... Ce qu'a fait Ritchie est assez gonflé. Mais je pense qu'avec sa version du personnage, les prochains lecteurs des nouvelles de Doyle ont plus de chance de trouver des correspondances.

  • gyzmo

    07/02/2010 à 13h18

    Répondre

    Et puisque je suis également sur la lancé


    "Et sur le point particulier de l'addiction à la cocaïne, notons qu'elle est prudement (et prudemment ^^) absente du film" 


    Soit, à la cocaïne. Mais aux drogues, ce n'est absolument pas eclypsé. Nous n'avons pas du voir la même version du film ou alors, c'est encore une histoire de lecture en diagonale ! Cf la scène du délire autour du violon, des mouches et des tubes vides de "produits utilisés en chirurgie oculaire", ou bien la scène où Holmes se met en état de transe en ingurgitant de la drogue dans la séquence du pentacle... 

  • Anonyme

    07/02/2010 à 15h45

    Répondre

     Hiddenplace,  entre un homosexuel et un drogué  tu ne vois pas le rapport  ?   Il n'y en a sûrement pas  plus qu'entre un homosexuel et un raciste....  mais côté Tintin faudrait  peut-être que tu te renseignes du côté des RG  ! ! !

  • hiddenplace

    07/02/2010 à 15h53

    Répondre

    Donc je ne vois toujours pas pourquoi tu fais des rapprochements si aucun des élements n'a de rapport, on est bien d'accord.


    Sinon concernant Tintin, ça va aller, merci, j'ai déjà assez soupé de toutes les interprétations avec du vraisemblable et du nawak dedans, et en plus ça m'intéresse pas plus que ça.

  • Anonyme

    07/02/2010 à 17h41

    Répondre

    Il ne s'agit pas de  "rapprochements" comme tu dis, il s'agit de 2 adjectifs qualificatifs juxtaposés, dont l'un est mieux accepté que l'autre selon l'époque c'est tout.


    Je n'avais jamais pensé qu'un jour quelqu''un qualifierait Tintin d'homosexuel et de raciste.(pour moi ça reste un personnage de BD qui m'a fait rire et voyager  aux 4 coins du monde) mais si tu "en as soupé" de mes exemples parrallèles, je n'en donne pas d'autres, je me contente d'en rire tout seule..


     

  • gyzmo

    07/02/2010 à 17h58

    Répondre

    En tout cas, c'est un astucieux stratagème digressif pour détourner le
    débat que Rif et moi avons autour de la profonde essence de Holmes,
    Ours Blanc ! Car outre ce point charnière qui nous oppose, je suis
    entièrement d'accord avec la critique de Riffifi lorsqu'il est question
    d'aborder l'ensemble ennuyeux du métrage de Ritchie - faute aux canons
    hollywoodiens, pour ma part (action à gogo, gag à répétition, un peu
    trop de légèreté, tout ça, tout ça). D'autre part, j'avais oublié de
    signaler que le réalisateur s'en sort assez bien. Je m'attendais à un
    film très clippesque. Ca reste - relativement - classique comme mise en
    scène. Une partie du montage étant une des réussites du film, avec son
    approche "Usual Suspect" sur les petits détails mis bout à bout et qui
    lèvent le voile sur les mystères résolus par la logique et
    l'observation de Holmes.

  • Anonyme

    07/02/2010 à 18h13

    Répondre

    C'est avec beaucoup d'intéret que je lis vos avis respectifs sur le film, Gyzmo !  Je me contentais de répondre bêtement aux questions d'Hiddenplace..... j'aurais dû me contenter de penser que "naouak" ça faisait trop de syllabes.


    Mais rappelle-toi qui a dit, ( sur l'épaisse documentation de Riffhifi un peu avant la sortie du dernier film), que les affiches d'un Sherlock Holmes torse nu et supermusclé laissait prévoir plus de scènes d'actions que de réflexion ?  je précisais même que ce film aurait du mal à être accepté par les lecteurs de Conan Doyle.  Et si je faisais allusion à Dan Brown c'est à cause des frangins dans le film..... mais bon, je te laisse argumenter avec Riff, je n'ai vu que des extraits du film (pas envie de subir le Hollywood crumble).

  • gyzmo

    07/02/2010 à 18h47

    Répondre

    Je ne me rappelle rien. Je n'ai lu ni ce fameux dossier, ni les
    commentaires associés. Si tu es lectrice des Sherlock Holmes, alors ça
    ne doit pas t'étonner - sans mauvais jeu de mots - qu'on le représente
    comme bien plus qu'un détective froid et distant avec un balais dans le
    derrière ! Dans l'oeuvre de Doyle, Holmes n'est pas si éloigné que cela
    des superhéros dont parle Rif dans sa critique (Batman et Robin, par
    exemple). Ce n'est pas qu'un cerveau en ébulition - même s'il se
    définit en tant que tel - c'est également une force de la nature qui
    envoit du bois - comme on dit dans les montagnes. Dans les Doyle, il y
    a pas mal d'action, contrairement à ce que l'on peut croire. Ensuite,
    Dow­ney n'est pas non plus une armoire à glace. Il possède un gabarit
    tout à fait normal pour un individu qui s'entretient (pas l'ombre d'une
    chance de gagner le concours de Mister Univers, quoi). Cela dit,
    l'affiche du film est particulièrement moche, à mon humble avis^^

  • Anonyme

    07/02/2010 à 19h12

    Répondre

    Le dossier dont je te parle (très bien documenté si ça t'intéresse....) date du 29 janvier 2010 sur krinein, = "une filmographie de 110 ans" ,  signée Riffhifi.


    Incapable de faire la différence entre une pipe calebasse et une pipe en terre de bruyère, je me disais seulement que c'était un outil de travail pour les gens qui cogitaient sec : je ne t'énumère pas les Simenon, inspecteurs Maigret ou Clouzot, Rouletabille, Monsieur Hulot, Einstein etc , mais reconnais que ce sont plus des hommes de réflexion que des sportifs,  non ?  Tous ces gens qui cherchaient à résoudre des énigmes étaient , non pas homosexuels mais misogynes ou misanthropes, voire autiste (je ne mets pas d's car je n'en vois qu'un sur ma liste, volontairement limitée).


    Et je me tais sur le § car je reconnais que je n'ai pas vu le film .


     

  • Ange40ch203

    07/02/2010 à 19h23

    Répondre

    Je suis d'accord avec Gyzmo sur l'interprétation agréable du personnage qui fait oublier les divergences physiques entre Downey et Holmes.Il est aussi intéressant de constater que dans le film beaucoup de gags repondent à tous ces points d'infidélité. Quand Holmes doit retrouver un nain roux au début du film : Watson taquine Holmes sur sa taille. Idem pour le nez aquilin et la scène où Holmes se déguise avec guère plus qu'un faux nez. Et concernant la cocaîne, le "produit utilisé en chirurgie occulaire" en fait directement référence, car la cocaïne fut le premier anesthésique local utilisé justement pour la chirurgie susnommée. Il en a d'autres encore, quand Watson complimente Holmes sur son chapeau, etc...Le film avait des scènes d'actions un peu trop longue et pas mal de gags cartoonesque, mais l'esprit était là, Sherlock Holmes est un personnage de divertissement qui a même été ressucité pour continuer à satisfaire ses fans. L'histoire était visuellement plaisante, mais laissait peu de place aux spectateurs pour faire des déductions.Espérons que pour la suite, l'équilibre entre action, comédie et intrigue soit meilleur (un peu plus en faveur de la dernière) et que le scénario invite à se remuer les méninges plutôt que d'attendre un final où tout est révélé, d'un seul bloc, bien trop rapide et dont les indices proviennent essentiellement d'un seul endroit...

  • riffhifi

    07/02/2010 à 19h25

    Répondre

    Je proteste, l'inspecteur Clouseau est un homme d'action ! Il pratique le karaté régulièrement avec son serviteur Kato...


    Quant à Sherlock Holmes, il n'y a pas de conclusion "officielle" sur le sujet : les holmésiens bien documentés ont relevé treize histoires (sur soixante) dans lesquels il est question de boxe. Après, c'est une question de "verre à moitié vide ou à moitié plein", on peut trouver que ça en fait un homme d'actionà part entière, ou un homme de réflexion qui a les moyens de passer à l'action occasionnellement.

  • Anonyme

    07/02/2010 à 20h10

    Répondre

    Objection votre honneur.... le karaté n'est pas un sport, mais un art.    Art martial peut-être, mais son but est de vaincre sans combattre (discipline traditionnelle à la limite du mysticisme, c'est plus du self-defense que de la muscu' ).


     Holmes faisait de la boxe ? bigre..... me souvenais plus. Je le savais un peu maso (la drogue ça bousille) mais pas à ce point-là !

  • KaSuGayZ

    08/02/2010 à 00h09

    Répondre

    Moi, j'lai trouvé sympa le film.

  • Anonyme

    10/02/2010 à 16h24

    Répondre

    mmmm, oui, c'est, disons, élémentaire : moi aussi, je me suis demandé si c'était possible de faire du Sherlock Holmes sans avoir lu Conan Doyle...


    Et çà m'a encore fait plus drôle de lire que Ritchie le clamait partout (cf son interview sur le site du figaro). En même temps, je me méfie de quelqu'un qui ait pu partager sa vie avec une femme notablement arriviste, telle que peut l'être Madonna...  Reste l'excellent Robert Downey Jr.


    J'attends de voir le film pour en dire plus...

  • riffhifi

    10/02/2010 à 16h50

    Répondre

    Attention, Ritchie dit qu'il a lu Conan Doyle, il dit juste qu'il n'a vu aucune adaptation ! C'est Jude Law qui n'a lu aucun des bouquins.


    En réalité, le film est bourré d'allusions aux textes, et ne les transgresse techniquement que très peu (l'apparence physique de Holmes, la fiancée de Watson que Holmes devrait connaître). La question est de savoir si l'esprit des textes est respecté, et les avis sont partagés là-dessus. Je trouve que non, mais la majorité des holmésiens trouve que oui. C'est une question de point de vue, pour le coup.

  • Anonyme

    16/02/2010 à 18h16

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    Je n'est pas vraiment aimer ce film... et peu etre un peu tirer par les cheuveux...

  • Anonyme

    17/02/2010 à 15h39

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    Ayant lu pas mal de critiques négatives, je m'attendais à un de ces blockbusters hollywoodiens idiots et inutiles. Et pourtant, grosse surprise ! J'ai énormément ri, je me suis prise dans le film ... L'intrigue est prenante et époustouflante (quelle fin !) et, à mon égard, pas du tout ennuyeuse ! Bref, un film que je pensais ne pas aimer et qui m'a plu outre mesure.

  • Anonyme

    07/04/2010 à 11h36

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    Film d'action plus que policier. Les scènes de ralenti sont
    impressionnantes, la mise en scène du film décalée par rapport aux habituelles
    présentations ciné du détective.


    Quelques éléments sont parfois un peu exagérés, mais ne gênent
    pas la perception du film.


    Pas de longueur, rythme dynamique, qq notes d'humour
    anglais...


     


    Un Sherlock comme on le voit rarement.

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