3.5/10

Shall we dance ? - La nouvelle vie de Monsieur Clark

Les Américains ne font pas que des remake de films de japonais qui ne savent que faire des films d'horreur. Bah non. Il arrive parfois au box office japonais de céder la première place à un tout autre genre, la comédie romantique, comme le prouve Suo Masayuki avec son Shall We Dance ? (1996). Et donc, il arrive parfois aux Américains de concéder un remake de comédie romantique, avec deux - trois têtes d'affiche pour faire mieux passer la pilule, et cela même s'il faut les entraîner à la danse de salon. Le titre, à peine remanié d'un La Nouvelle Vie de Monsieur Clark, pose direct la question au spectateur, comme s'il savait déjà que le ticket serait dur à refourguer : Shall we dance ?

Chaque soir, de son métro, John Clark aperçoit le regard tourmenté de Paulina, la jolie de prof de danse du petit club Mitzi Dance. Un mercredi, il décide de sauter le pas : il grimpe les étages et s'inscrit au cours des débutants, comme ça, pour espérer l'approcher un peu plus. Très vite, John va vouer à la danse une énergie et une passion qui ne passera pas inaperçue pour son entourage, et principalement pour sa femme...

Donc, je replante le décor avec des mots plus appuyés : un père de famille grisonnant et un petit peu apathique remarque le joli visage tout triste d'une jeune demoiselle (Jennifer Lopez et son groooooooooooooooooos regard) appuyée à la fenêtre d'un club de danse de seconde zone. L'homme, poussé par des pulsions qui envers et contre toute logique se révèleront platoniques au possible, décide de s'y inscrire et d'y apprendre la danse de salon. Se crée alors entre les deux protagonistes une alchimie inexpliquée et de toute façon inexplicable qui ne pourra les conduire que jusqu'au happy end inexorable piffé à sept lieues de distance. En plus résumé, disons qu'il s'agit d'un petit groupe de stéréotypes subissant les innombrables clichés de la bluette sentimentaliste poids plume, qui trouveront dans le « périple » très inintéressant de Monsieur Clark une leçon ou une raison de continuer à vivre, si je peux m'exprimer ainsi. Car concrètement, Shall We Dance, c'est du flan : c'est lisse, c'est mou, et c'est mono - goût. Les personnages font tellement de choses inintéressantes et mal amenées que l'on se demande en quoi celles-ci pourraient les rendre plus heureux (car tel est le cheval de bataille du film). Même le fameux concours de danse dont tout le monde parle sera négligé et envoyé en pâture à l'inintérêt avec une désinvolture qui force à l'oubli. J'en reviens à mon flan : ça se mange, mais ça s'oublie vite. J'ai même eu à la sortie de la salle l'impression de ne pas avoir vu Jennifer Lopez, tellement son personnage ne m'a pas laissé de marques impérissables. Pourtant, elle danse pas mal, hein, faut se l'avouer. Mais il manque au film exactement ce qu'il manque à la gestuelle de Monsieur Clark selon ses professeurs : de l'énergie, de la passion.

Une petite comédie même pas sentimentale, un peu niaise, et surtout d'une mollesse sans égal ici bas. Shall We Dance ? Non merci !

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