5/10

Sex and the City 2

Un deuxième épisode plutôt inutile, produit pour montrer de l'argent et en rapporter. Bien que le scénario soit culturellement inexistant, l'humour reste tout de même bien présent.

Epouses et mères. Deux rôles bien définis qui ne sont pas pourtant pas si faciles à vivre au quotidien, Carrie et ses grandes amies commencent à s'en apercevoir. Alors que la vie de couple les démoralise un peu plus chaque jour, Samantha leur offre l'opportunité de partir tous frais payés dans le plus luxueux hôtel du moyen orient. L'occasion de vivre de nouvelles aventures...


Sex and the City
, le premier film, semblait avoir porté un point final à la série et aux pérégrinations des héroïnes, devenues toutes plus ou moins casées - Carrie s'étant même fendue d'un mariage avec son Mr Big. Oui, nous pensions en avoir terminé, mais il faut croire que le filon pouvait encore être exploité, qu'il y avait encore quelque chose à dire. On se demandait même ce que le film pourrait contenir d'original, par anticipation ; et avec le recul, en l'ayant visionné, on se demande encore ce qu'il contient effectivement. Pour relancer la machine, les quatre scénaristes ont simplement greffé sur chacune des héroïnes une nouvelle problématique un peu légère censée les remettre en question et devenir le point de départ d'une nouvelle aventure. Samantha se bat contre la ménopause, Charlotte s'arrache les cheveux devant l'insupportable comportement de ses filles, Miranda cherche le bon équilibre entre vie de famille et boulot, et Carrie... Carrie, elle, vient de fêter ses deux ans de mariage et commence à regretter le célibat et la vie de paillettes, alors que Big chausse les pantoufles et regarde la télévision au lit. Pas de quoi faire un fil conducteur, et dans la première heure, le film ressemble davantage à un patchwork de scènes qu'à autre chose. Puis, en plein milieu, un voyage de rêve leur tombe dessus, l'occasion de se faire un petit carnaval de vêtements chics en plein Moyen-Orient. Autant cette opportunité semble sortir de nulle part, autant les « péripéties » que les quatre nanas subiront sur place ne semblent pas avoir été non plus le fruit d'une grande réflexion. Ce qui nous amène à dire que tout n'est qu'un énorme prétexte à prolonger la vie de Carrie et ses amies auprès du public, que chaque scène a été pensée indépendamment des autres pour amuser et distraire sans recherche d'une quelconque cohérence avec le reste du film ou la série, ou peu s'en faut. L'essentiel de la communication tient sur ce point : venez entre copines pour vous divertir, pas pour vous prendre la tête. Un peu comme les héroïnes.

L'autre élément de discussion pourrait être introduit en comparant les affiches des deux films. D'un côté, il y a deux ans, c'était titre rose pailletée sur fond noir avec les quatre personnages principaux tout en bas ; aujourd'hui, c'est argent étincelant avec paysage de rêve, robe de haute couture, et Carrie sur toute l'affiche. Sex and the City 2 se dote d'un budget grossi de 30 millions de dollars par rapport à son prédécesseur (95 contre 65 millions) et entend bien en faire étalage. Outre le déplacement à Abu Dhabi, reproduit dans les dunes du Maroc, les filles ne cesseront de défiler dans les accoutrements les plus extravagants qu'elles pourront trouver, même en plein désert. Si la série, évidemment moins bien pourvue, savait être mode sans pour autant être de mauvais goût, le film souhaite tellement en montrer que cal en devient indigeste. Bien sûr, la première classe aérienne des compagnies de grande classe, et les chambres à 22.000$ font rêver, il est difficile d'imaginer pouvoir trouver mieux pour des vacances. Mais tout cela reste contemplatif, ne sert pas vraiment à construire quelque chose si ce n'est à regarder avec un plaisir coupable les new-yorkaises se prélasser au frais de la princesse - ou plutôt du Cheik dans le cas présent.
Maintenant, en tant que sortie du dimanche, en groupe d'amies, Sex and the City 2 n'est pas un mauvais divertissement. Sa propension à briser les tabous capte notre attention, son humour parfois un peu trash nous amuse. Une polémique s'est déjà formée autour de la mise en dérision des mœurs musulmanes et du comportement très libertin d'une des héroïnes (je vous laisse deviner laquelle), et il est vrai qu'il peut être facile de s'en offusquer, tellement cette problématique semble être traitée par-dessus la jambe. La plupart des gags font néanmoins mouche, selon sa propre réceptivité, et il n'y a pas de doute qu'une fan inconditionnelle de la série s'amusera des tourments de Carrie et ses amis - et cela, même s'il pensera en fin de bobine que tout cela semble très vain.

Très superficiel, voilà ce qu'est devenu Sex and the City. Les situations n'ont aucun intérêt intellectuel, les filles se pavanent en robes de haute couture, flirtant sans arrêt avec le mauvais goût, et l'argent investi dans le film suinte dans chaque scène ou presque. Reste un divertissement assez honnête s'il est pris au premier degré, pas trop mal mis en image par Michael Patrick King, qui trahit un peu l'esprit de la série en cherchant à pérenniser une franchise juteuse. 


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4 commentaires

  • Bung

    05/06/2010 à 04h46

    Répondre

    "Très su­per­fi­ciel, voilà ce qu'est de­ve­nu Sex and the City."


    Hum, ce n'était pas déjà superficiel, Sex And The Cty ? 

  • Anonyme

    05/06/2010 à 12h56

    Répondre

    J'ai ADORE! Je compte même l'acheter.Je vous recommande d'aller le voir, j'ai passé un excellent moment. Le décor est paradisiaque, c'est très beau à voir(aussi bien les vêtements des actrices et le décor) et j'ai beaucoup ri (moi qui suis assez difficile ). Donc si vous voulez passer un bon moment allez vite le voir fou rire garanti!

  • Larsen

    07/06/2010 à 21h05

    Répondre

    Après un premier volet cinématographique se révélant de bonne facture, mais pas sans défauts, c'est avec un certain entrain (tempéré par des affiches et des bandes-annonces m'ayant laissé perplexe par leur côté "bling-bling" assumé: retouches photo outrancières, mise en avant de Sarah Jessica Parker au détriment des autres actrices...) que je suis allé voir la deuxième mouture de Carrie et ses amies sur grand écran. Et je dois avouer avoir été assez déçu.



    On retrouve ainsi dans ce film les quatre héroïnes de la série, deux ans après le premier volet. Chacune doit gérer ses problèmes divers et variés et tenter de mener une vie heureuse. C'est ici que se révèle la principale faiblesse du film: ces scénarios semblent n'être qu'un prétexte, par leur légèreté (peut-être volontaire) regrettable. A trop vouloir faire rire, le film perd de son sens. Les déboires de Carrie en tant que femme au foyer ressemblent à des caprices (trop peu de sorties au restaurant), ceux de Miranda dans le monde du travail, quoiqu'ayant du potentiel si ils avaient été plus fouillés, ne tiendraient pas le temps d'un épisode. De même, la peur de l'âge de Samantha aurait pu, à défaut d'être un simple argument comique, former une réflexion intéressante mais reste bien trop superficielle. On peut toutefois noter les questionnements de Charlotte sur la maternité, occasionnant les trop rares scènes réellement touchantes du film.



    Pour cette suite, l'équipe du film a disposé d'un budget plus important, et elle veut le montrer: les filles sont constamment habillées en haute couture, changent de tenue plusieurs fois par jour, voyagent dans de magnifiques paysages et des déserts s'étalant à perte de vue... Certes, on est impressionné, et c'est souvent très beau, mais où est passé l'esprit originel de la série ? Cette série dans laquelle quatre femmes vivaient avec leurs moyens, élevés pour certaines, mais jamais sans se vanter ? Trop souvent, on se le demande. Carrie est devenue capricieuse et s'est déconnectée de la réalité. Les héroïnes ont une peur bleue (manquant cruellement de second degré) de voyager en classe économique, ont un dressing de la taille d'un appartement, vont à des mariages gay du plus mauvais goût (étonnante séquence d'ouverture, avec une Liza Minelli pas vraiment à l'aise)... D'où un sentiment de gâchis latent durant la projection.



    Et pourtant, on ne peut pas tout reprocher à ce film, parce qu'il conserve certaines caractéristiques de la série. Samantha est toujours irrésistible en nymphomane ménopausée et nous réserve quelques belles scènes. De même, les actrices semblent s'amuser et nous emportent avec elle dans le dépaysant Abu Dhabi marocain. On passe tout de même un bon moment devant cette comédie sans prétention, alternant le meilleur (la scène entre Miranda et Charlotte au sujet de la maternité) et le pire (un certain mauvais goût (assumé ?) Samantha: "Assez de cette crise ! Allons dans un pays riche !"). Mais en tant que fan, et même spectateur, on s'attendait à beaucoup mieux de la part de l'équipe de la série qui reste d'excellente facture, d'où une certaine sévérité des critiques. Au final, on se demande si l'argent n'a pas eu raison de l'esprit de Sex and the City, de ce petit plus qui faisait la différence.



    Dans l'hypothèse d'un troisième volet, on espère une réelle remise en question du scénario et un retour aux sources salvateur, au contraire de ce film qui fait tomber les filles dans les travers qu'elles dénonçaient depuis le début de l'aventure: caprices, conformité et bourgeoisie. Croisons donc les doigts pour que l'équipe se reprenne, et offre une fin digne de ce nom à l'ère SATC. Dans le cas contraire, une éventuelle suite serait inutile, et surtout vaine. 


     


    5/10

  • Anonyme

    08/06/2010 à 22h37

    Répondre

    J'adore ton jeux de mots! Bien vu!


    Comme d’habitude la majorité du budget du film passe dans les robes
    absolument fabuleuses et les chaussures. On ne retrouve pas deux plans
    sans changement de toilette.


    Si l’histoire en elle-même n’est pas très originale, les dialogues se
    font parfois longs et sans grand intérêt. Il manque un enjeu, ce qui a
    fait du premier film et surtout de la serie un succès. Même si, via ce scénario, le
    film s’attaque un peu à la relation religion sexe. Mais cela ne suffit
    pas pour faire un bon film!


    Côté personnages : on prend les mêmes et on les recycle. Un peu fatigant


    pour lire un deuxième avis :


    http://alyanec.blogspot.com/2010/06/sex ... velib.html

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