6.5/10

Seule la mort peut m'arrêter

Les retrouvailles

Will Graham (Clive Owen), un ancien gangster retranché à la campagne depuis 3 ans, revient en ville pour mener une enquête très personnelle sur l'étrange suicide de son frère...

I'll Sleep When I'm Dead, bizarrement traduit en français par Seule la mort peut m'arrêter, est un film noir pour lequel il ne faudra pas s'attarder sur le scénario. Son aspect brut et choquant, visuellement construit comme un tableau et doté de réflexions rares, suffira à lui donner une force étonnante.

Dans la première partie de film, on pense avoir affaire à une énième histoire sombre rassemblant sa panoplie de dealers, de mafieux, de complots et de crimes. Malgré une subtile narration, des personnages attachants et un fabuleux portrait atmosphérique de l'Angleterre, ces premières minutes n'arrivent pas à convaincre par elles-mêmes, semblant se diriger aveuglément dans l'anecdotique et le superficiel.
Néanmoins, dès lors que l'enquête de Will s'emballe, qu'elle fouille dans le passé de son frère, le film de Mike Hodges gagne tout son sens. Les premiers arrêts longuets de la pellicule s'imposent comme autant d'intelligentes mises en scène d'une tension qui va sans cesse croître. Dans sa quête de la vérité, Will va rencontrer des individus qui, en analysant le cas de son frère Davey (Jonathan Rhys-Meyers), vont fournir au spectateur d'intéressantes reflexions sur le viol et le suicide. Clive Owen, en homme impassible et potentiellement ultra violent, est impeccable.
Comme dans le récent De battre mon coeur s'est arrêté de Jacques Audiard, la fin justifie tout le reste et l'ambiance créée par le film s'impose lentement. Plusieurs seconds rôles, tels celui de Malcolm McDowell et plusieurs scènes marquantes filmées sans artifices demeureront sans aucun doute dans l'esprit.

Film dur, film noir, film brut, film vide de premier abord, Seule la mort peut m'arrêter trouve sa force dans ses lenteurs, sa réalisation évocatrice et ses réponses sur la mort de Davey.

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1 commentaires

  • CBL

    11/07/2005 à 11h20

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    Je n'ai pas vu le film mais je trouve le titre ridicule. C'était compliqué de traduire par "Je dormirais quand je serais mort" ?
    A mon avis, le film noir classique a pris un sacré coup de vieux depuis Sin City.

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