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Serial Killer Clown : Ce cher Mr Gacy

Un serial killer et un adolescent établissent une relation perverse, dominée par les rapports de force et la manipulation mentale. Une histoire vraie.

Dans la famille "tueurs en série", John Wayne Gacy se situe quelque part entre Ed Gein et Charles Manson. Coupable d'avoir violé et assassiné une trentaine de jeunes hommes à la fin des années 70, il a été reconnu coupable au début des années 80, et a patiemment attendu son exécution jusqu'en 1994. Au cours des derniers mois de sa vie, il a entretenu une correspondance 59268.jpgrégulière avec un universitaire appelé Jason Moss, qui a tiré un livre de cette expérience, appelé The Last Victim. C'est le récit de cette relation étrange qui est porté ici à l'écran.

William Forsythe, que l'on croise dans toutes sortes de seconds rôles depuis les années 80 (Arizona Junior, Dick Tracy, et plus récemment les films de Rob Zombie), a été vu en clown tueur dans un épisode de la série Masters of Horror appelé Péchés de jeunesse (We all scream for ice cream). Un galop d'essai pour incarner John Gacy ? Oui et non, puisque le serial killer n'est pas montré une seule fois dans sa panoplie de "Pogo le clown", même au cours des flash-backs qui retracent ses exactions. Optant pour une louable sobriété, le film se concentre sur les derniers mois de prison du personnage, et sur son caractère de dangereux psychopathe façon Hannibal Lecter. Face à lui, le jeune Jason Moss est incarné par un quasi homonyme qui mène une carrière discrète d'acteur télé depuis l'enfance : Jesse Moss, qui parvient à faire croire aux 18 ans de son personnage malgré ses 27 ans à lui.

La confrontation entre l'adolescent et le meurtrier, bénéficiant certainement du label "histoire vraie" qui lui colle à la peau, parvient à faire frémir plus d'une fois : Gacy est un homme intelligent, occasionnellement colérique, bénéficiant manifestement d'appui à l'extérieur de la prison (son exécution a 59267.jpgété repoussée plusieurs fois, il est traité comme un prince par les gardiens dont il graisse la patte). Le danger qu'il représente, s'il apparaît minime au début de l'histoire, grandit progressivement à mesure que Jason avance dans son expérience : les mensonges du jeune homme seront-ils découverts par le barjot ? Ce dernier parviendra-t-il à ébranler la santé mentale de Jason, que l'on devine déjà fragile ? L'interprétation des deux hommes, et la construction solide du scénario, permettent au climat d'angoisse de s'installer efficacement, à l'aide de dialogues sans concession (et souvent très crus) et de scènes de suspense que l'on soupçonne d'avoir été quelque peu romancées.

Dommage que la mise en scène hésitante du Yougoslave Svetozar Ristovski, alourdie d'une musique passe-partout, s'avère un peu trop plate pour justifier une sortie cinéma. On se contentera de l'édition BR-DVD-Copie digitale, sans bonus.

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