4/10

Self control

Un film d'Adam Sandler n'est jamais un modèle de bon goût et d'intelligence, pour preuve la filmographie certifiée humour « hénaurme » du show man américain : Waterboy, Little Nicky, Terminagolf, etc etc. Parvenir à dévergonder l'oscarisé Jack Nicholson sous la bannière Happy Madison Productions relève ainsi de l'improbable, voire de l'incroyable. Et pourtant, non seulement Mister Jack se soumet aux facéties déconcertantes de Sandler avec une évidente bonne volonté, mais Self Control s'adoube également de nombre de Guest Stars telles Heather Graham, Woody Harrelson, John Turturro, et même John McEnroe. Un joli rassemblement pour une nouvelle pierre dans l'océan de la bêtise...

A la suite d'une quiproquo improbable dans un avion, Dave Buznick (Adam Sandler), cadre réservé et doux comme un agneau, est contraint par décision de justice de se soumettre à une thérapie de contrôle de la colère, supervisée par le docteur Buddy Rydell (Jack Nicholson). Lorsque ledit spécialiste emménage chez Dave, pour une soi-disante plus grande efficacité, sa petite vie tranquille et son calme naturel commencent à s'effriter dangereusement...

Pour une fois, « l'humoriste » se constituera un personnage presque « normal », mis à part le fait que le côté démonstratif de son caractère semble quasiment inexistant. « Colérique refoulé » selon le bon docteur Buddy, qui décide alors de ramener Dave sur le droit chemin et de le sauver de son auto-destruction. Et même si cela inclut lui pourrir la vie un bon mois. Afin de remplir au mieux sa mission, le prof sort la grosse artillerie et un large éventail de méthodes peu orthodoxes, des procédés tellement étranges que Dave n'aura plus qu'une seule idée en tête : se débarrasser de l'encombrant et apparemment cinglé spécialiste. Scénario de comédie américaine tout juste bon à empiler les scènes censées drôles entre deux têtes d'affiche, qui plus est saupoudré de la patte poisseuse de Sandler (impressionnant comme des scénarios pourtant non co-écrits reste si proche de son humour) : car rapidement, c'est à dire dès les premières minutes, le niveau humoristique plonge en dessous de la ceinture et s'attellera à plusieurs reprises à remplir un petit catalogue des plus mauvaises blagues sur la taille de l'appareil génital. Les « gags », si on peut les appeler ainsi, ne sont fort heureusement pas tous du même niveau, même si l'humour « Kolossale » façon Sandler règne en maître. Le reste jouit de la présence de Jack Nicholson qui s'amuse visiblement comme un petit fou avec ses sourcils, menaçant de sauver le film à chaque apparition ou presque (lui et un petit chat très fashion). Mais confronté à l'humour minable de Sandler, et à la dimension psychologique typiquement américaine (régler le problème en deux temps trois mouvements), tout effort est vain, ennui et consternation reste de mise.

Un autre Adam Sandler légèrement plus politiquement correct que les autres, doté d'un bon casting et de quelques autres bonnes idées, ce qui reste insuffisant si son humour ne vous a jamais touché de quelques façons que ce soit. On retient Jack Nicholson, on oublie le reste...

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recrue (La)

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