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Scream 4 : un grand cri

Après un épisode originel marquant au fer rouge l'industrie du cinéma horrifique, la série Scream s'est embourbée dans deux suites qui ne laisseront pas de souvenirs impérissables. Onze ans plus tard, elle revient sur grand écran pour nous montrer que sa lame s'est finalement aiguisée au fil du temps.


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S'il y a une chose sur laquelle Wes Craven a mis tout le monde d'accord, c'est bien son film Scream. Tacle ravageur envers tous les pseudos films d'horreur qui ont pu circuler dans les salles depuis son cultissime The Last House on the Left (enfin, si vous ne l'avez pas encore vu, comprenez bien qu'il ne s'agit clairement pas d'un sacrilège cinéphilique, la faute à une puissance filmique perdue depuis belle lurette tant il est solidement ancré dans les années 70), le long-métrage mettant en scène Ghostface avait la particularité de proposer deux visions. On pouvait donc le prendre comme un simple slasher de base (ce qui, entre nous, serait relativement dommageable) ou bien, et c'était clairement plus intéressant, comme un renouvellement du genre souffreteux et asthmatique depuis quelques temps. Suite au succès prévisible de Scream premier du nom, deux suites ont été mises en chantier. Si l'opus original vaut le détour, ses séquelles, quant à elles, peuvent facilement être snobées. Onze ans, quasiment jour pour jour, après la sortie du troisième volet dans les salles françaises, l'improbable quatrième aventure pointe le bout de son nez. Impossible de ne pas avoir eu peur à l'annonce de ce Scream 4 tant il sentait à des kilomètres le film de commande en décomposition depuis un certain temps dans les cartons de la production. Et pourtant, quand on sort de la salle après 1h40 de projection, la peur s'est dissipée, se transformant alors en un soupir de soulagement.


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D'ailleurs, il faut seulement dix petites minutes à Wes Craven pour totalement nous rassurer sur la tournure qu'a adoptée le film. En effet, l'introduction, à elle seule, vaut l'achat du ticket de cinéma. Cinglante critique envers les remakes et les suites à répétition, cette dernière, en basant son humour sur le comique de répétition, touche du doigt un point sensible, voire tabou du cinéma actuel : l'appât du gain et l'argent facile. Sans vouloir polémiquer, le but n'est absolument pas là, le cinéma d'horreur ou d'épouvante est sans doute celui où s'enchaîne le plus de séquelles, de préquelles et/ou de reboots (tout est permis pour tirer au maximum sur le filon). Si certains s'en tirent à merveille (comme Dennis Iliadis avec sa relecture réussie de La Dernière maison sur la gauche), d'autres sont plus aptes à nous diviser (comme Marcus Nispel avec son très bon Massacre à la tronçonneuse version 2003 et son médiocre Vendredi 13 version 2009) et confirment, par la même occasion, le fait qu'un remake n'est pas forcément une bonne idée. Même si cela peut paraître un peu donneur de leçon de la part de Craven, voire un peu hypocrite quand on sait que la plupart de ses films ont été "remakés" (il est la plupart du temps producteur qui plus est), il n'empêche que la réalisateur tape dans le mille. Bref, dès le début, nous sentons que nous allons assister à un excellent spectacle.


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D'autant plus que les critiques ne s'arrêtent pas là. Non content de taper sur le cinéma de genre complètement asséché, le bougre s'en prend aux nouvelles technologies, notamment, comme le scande l'affiche "Nouvelle décennie. Nouvelles règles.", le besoin d'être quelque chose. Le besoin d'être reconnu du monde. Le besoin de célébrité. Donc même si l'on n'est pas particulièrement fan de ce genre de film, l'idée de fond est intéressante quoi que pas très originale puisque repris assez souvent dans le cinéma tout court. Mais regarder la critique de Wes Craven reste fondamentalement intéressant, peu importe ce que l'on pense de son talent de réalisateur, tant le personnage reste un des emblèmes forts du film d'horreur. Surestimé ou pas, le débat n'a pas lieu d'être ici. Tout ce qu'il faut voir dans Scream 4, à mon sens, c'est que le père n'a pas forcément dit son dernier mot et arrive à supporter la pression là où bon nombre s'étaient cassé les dents (George A. Romero en tête avec ses immondes Diary of the Dead et Survival of the Dead, insultes à la mythique trilogie qu'il avait lui-même créée).


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Le crime est-il parfait pour autant ? Non. Et loin s'en faut. Tout d'abord, on peut reprocher un rythme complètement saturé. Il peut ne rien se passer durant dix bonnes minutes (l'encéphalogramme plat, à la limite de l'ennui) et d'un coup, le cœur redémarre de plus belle. A la rigueur, on peut facilement pardonner cette instabilité tant il est difficile dans ce genre de film de garder un tempo effréné du début à la fin, mais ce qui passe vraiment moins bien, ce sont les ficelles utilisées. A ce niveau-là, nous n'avons pas le droit d'utiliser des systèmes et des gimmicks vieux comme le monde, à plus forte raison lorsque l'on critique négativement ce genre de procédé. De fait, Scream 4 n'est pas un film d'épouvante, loin de là. Aucun sursaut, aucun frisson. Que du prévisible. D'autant plus que les scènes de meurtres ne sont pas des plus originales. Mais, au final, était-ce vraiment le but de sieur Craven ? C'est une question légitime à laquelle on ne peut répondre qu'après avoir vu le film.

Dans un second temps, on peut aussi reprocher des acteurs inégaux dans leur interprétation. Si certains s'en tirent avec les honneurs, d'autres ont sans doute été traînés de force dans le tournage, sans en avoir trop envie, et cela se ressent grandement devant l'écran malheureusement. N'ayons pas peur de citer un nom : Neve Campbell. On sent, et elle nous le fait comprendre, qu'elle ne voulait pas de ce film. D'ailleurs, de mémoire, elle avait juré qu'elle ne jouerait jamais plus dans un Scream. Mais bon, il faut bien manger comme dirait l'autre. En revanche, David Arquette est surprenant. Toujours juste dans le rôle du flic un peu benêt, il se laisse suivre en évitant dans faire des tonnes. Les autres sont tellement transparents qu'aucun d'entre eux ne ressort réellement.

Pour conclure, on peut donc dire que Scream 4 est globalement réussi et maîtrisé. Bien qu'il fût réalisé, à mon avis, sans trop de conviction, les quatrièmes aventures de Ghostface se laissent néanmoins suivre durant l'heure quarante qu'elles demandent de notre temps. Tristement vrai dans le fond (la critique du cinéma et de la célébrité est extrêmement bien menée), il pèche cruellement dans sa forme à cause, notamment, de ficelles usées jusqu'à la corde et des acteurs monolithiques. Ceci étant dit, on revient dans le patelin de Woodsboro avec plaisir et, à l'image de l'épisode originel, il y a deux lectures possibles. Soit vous y allez en espérant voir un bon divertissement horrifique (ce qu'il est), soit vous allez le voir en espérant retrouver les sensations du premier (ce qui est à vous de juger). Sans se hisser à la hauteur du premier, il parvient néanmoins à faire oublier Scream 2 et l'horrible purge que fut Scream 3 sans souci. Et ça, c'est déjà une bonne chose de faite.


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12 commentaires

  • Anonyme

    10/09/2005 à 09h27

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    Grand fan de la première trilogie (je sais c'est la honte) pour son cynisme omniprésent et son côtés satirique du cinéma de genre.

    Cette annonce d'un quatrième opus me dégoute tellement je pensais qu'il restait un fond d'intégrité à craven, Cursed l'a vraiment possédé !!!

  • Lestat

    10/09/2005 à 12h23

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    Grand fan de la première trilogie (je sais c'est la honte)


    De quoi la honte ? Scream est une trilogie intelligente et bien réalisée. J'ai un peu de mal avec le 2, j'adore le premier, et le trois, avec ses caméos en pagaille et sa mise en abime, j'ai fini par le revoir à la hausse.

    Scream 4, je crois qu'on en parlait dejà après la sortie de Scream 3. Je trouve qu'il faut savoir s'arrêter et que tout a été dit sur le sujet...

  • Fandor

    10/09/2005 à 12h45

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    Justement, tout n'a pas été dit... ou mal... ou superficiellement.

    Soyons clairs, le projet [b]Scream 4 ne semble motivé que pour l'argent et pas pour dire quoi que ce soit. Mais il y a matière à faire quelque chose quand même !

    Déjà, rien que la mise en abîme. Scream 3 est totalement raté sur ce point: à part deux trois blagues, y'a que dalle. La meilleure scène dans ce cas là, c'est celle où Sydney se retouve "chez elle" poursuivie par le tueur. Mais sinon, c'est le néant.

    Scream 2 (mon préféré) mettait le doigt sur le post traumatisme, mais c'était, là encore, trop superficiel.

    Mais bon, le 3 se terminait sur la libération de Sydney, tous les secrets étaient révélés, une fin satisfaisante pour tout le monde. Il est complètement idiot d'aller la rechercher pour lui repourir la vie.
    Ou alors Scream 4[/b] se base sur de nouveaux personnages et là ça n'a plus de sens. A moins d'une bonne idée.

  • kou4k

    10/09/2005 à 13h41

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    seul le premier etait regardable...
    les deux autres n'étaient que des nanars commerciaux à l'extreme dénués de toute logique scénaristique et sans même un semblant de crédibilité dans les réactions des personnages et du tueur.
    seul l'ignorance sur l'identité du(ou des) tueur(s) apportait un peu de suspense...

  • Veterini

    10/09/2005 à 13h50

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    Moi j'aimais bien le 3, y avait Jay et Silent Bob qui disait bonjour.
    (d'ailleurs logiquement le meutrier du 4 devrait être un singe, les gens aiment les singes.)

  • Anonyme

    10/09/2005 à 13h56

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    kou4k a dit :
    seul le premier etait regardable...
    les deux autres n'étaient que des nanars commerciaux à l'extreme dénués de toute logique scénaristique et sans même un semblant de crédibilité dans les réactions des personnages et du tueur.
    seul l'ignorance sur l'identité du(ou des) tueur(s) apportait un peu de suspense...



    Non justement, je ne te demandes pas d'aimeir la trilogie mais les trois scream se tiennent de façàn incroyable.

    D'ailleur il suffit de les regarder à la suite pour se rendre compte qu'une multitude de clin d'oeil renvoie d'un scream à l'autre.

    JE vais te donner un exemple tout simple, le dénouement de chacun d'entre eux, le premier est déraisonnable, le deuxième réfléchit et le troisième évoque un calcul considérable.

    Si ce n'est les discussions facile mais marrantes sur le commerce du cinéma (évocation des suites dans le numéro 2 et des trilogie dans le numéro 3), le reste joue souvent sur la satire, car bien sur scream est une fause saga de l'horreur et un vrai satire au cynisme appuyé.

    Rien que les caméo sont assez évocateurs, mais mieux encore, chacun des finals joue la carte du suspence tout en ce moquant des codes du genres.

    En cela , le final de l'opus 3 est exceptionnel puisqu'il aligne cris et bruits de couteaux de façon excessive et appuyée, Wes craven bourrine un maximum pour montrer que parfois la mise en scène peut permettre de faire gober tout et n'importe quoi.

    Même le cas de david arquette est insolite car cette sorte de mort vivant dans chaque épisode, on le piétine, le poignarde et il revient toujours.


    Puis les intros de scream son tout de même excellente, rien que celle du deux est d'une improbablilité tellement poussée qu'on finit par rire, surtout quand on regarde l'intro de stab en même temps qui elle a été modifié par apport à scream, enfin un truc vachement tordu voire vicieux que pourrait laisser croire que craven renie un peu le cinéma qu'il a inventé.

    Pour scream 4, comme il a été dit y a des choses à dire mais elle ne seront pas mis en chantier !!!! Et je le dis c'est dommage.

  • Anonyme

    07/06/2009 à 16h21

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    j'ai hate de le voir

  • Anonyme

    25/02/2010 à 22h32

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    oui!!! Je suis trop pressser de le voir !!

  • gyzmo

    14/04/2011 à 11h40

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    Le premier m'avait bien plu, les suites ne m'ont laissé aucun souvenir. Avec ce dernier opus, une chose saute aux yeux : Wes Craven et son scénariste affectionnent tout particulièrement la redite, le référentiel, tout ça. Ça recycle énormément, c'est assez lourd dans sa mise en scène (l'entame façon poupées russes). Le genre de séquence en abîme qu'on a déjà vu 100 fois, principalement chez Craven. Sauf qu'à ce stade, Scream 4 tombe dans le pastiche avec plus de transparence. Preuve en est la salle de ciné pliée en quatre à chaque réplique, à chaque bagarre, à chaque goutte de sang. Du coup, le film est beaucoup plus plaisant à regarder que les deux opus qui l'ont précédé car le regard parodique de Wes Craven sur le slasher imbécile et premier degré est frontal, sans nuance, et encore plus marqué que pour le premier - dont l'objectif était de se foutre de la gueule des mécanismes bidons utilisés par ce type de production (f'in, c'est ce que je pense en tout cas^^). Alors ouais, c'est à double tranchant car à plusieurs reprises, on peut avoir l'impression d'être devant une espèce édulcorée de Scary Movie (premier du nom, le reste c'est caca), mais sans la vulgarité, et plus intelligent et subtil dans son emploi décalé des codes du genre. En somme, Scream 4, ça fait pas peur du tout - ça n'a jamais été le but je crois ?, mais c'est assez drôle et pointu pour sa vision des productions de films avec un psychopathe fashion dedans. En plus, le final est une pépite d'hilarité, et le casting, vraiment sympa.

  • naweug

    14/04/2011 à 13h56

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    Ah ben ton avis me donne envie Gyzmo. Et oui, tu as raison, c'est une sorte de parodie Scream, loin du vulgaire Scary Movie, qui m'avait fait rire malgré tout

  • Guillaume

    02/05/2011 à 11h20

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    Ca se regarde plutôt bien.
    Du popcorn horror movie de qualité http://cinema.krinein.com/scream-4- ... 15876.html

  • enihprom

    02/05/2011 à 15h55

    Répondre

    C'est clair qu'on a là un divertissement horrifique tout ce qu'il y a de plus convenable !
    Alors que le cinéma de genre ne mise que sur le gore pur et dur (enfin, ce n'est qu'un avis très personnel sur le sujet et certaines prods s'en tirent bien comme Piranha 3D en mélangeant le tout avec de l'humour), Craven mise plutôt sur le "comique horrifique" (il suffit de voir l'introduction complètement allumée et cette fin !) et s'en sort habilement.
    Seul petit regret (que je n'ai pas mentionné dans la critique) -> l'usage un peu trop "saoulant" des jump scare. On les sent venir à des kilomètres à la ronde et n’amène rien d'autre qu'un cliché de base (enfin, c'était peutêtre voulu de la part de Wes Craven...).

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