6.5/10

Scream 3 : la crilogie est bouclée

La mise en abîme se fait de plus en plus explicite, et le ton de la saga vire à la comédie. Fin de trilogie pour Wes Craven et ses acteurs, qui ne se doutent pas encore que la résurrection viendra onze ans plus tard.

Dans Scream, les personnages étaient fans de cinéma, et regardaient Halloween. Dans Scream 2, certains étaient devenus étudiants en cinéma, et le film du moment était Stab, inspiré des évènements du premier épisode. Arrivés à Scream 3, les nouveaux protagonistes sont des acteurs, producteurs et réalisateurs, et l'un des survivants du casting d'origine est désormais consultant technique sur Stab 3. La "fiction de la fiction" a rattrapé la "réalité de la fiction", et c'est désormais sur les péripéties du film dans le
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film que s'appuient celles du film. Un scénario qui évoque L'inspecteur Harry est la dernière cible, rejoint les ersatz comme Urban Legend et permet d'enfoncer la saga Scream dans son ultime stade de mise en abîme. Ultime ? Oui, car à sa sortie en 2000, ce troisième opus est clairement envisagé comme le chapitre final d'une trilogie. Au point de faire édicter par un des personnages les règles d'or de la trilogie cinématographique (que l'on retrouvera appliquées de façon frappante dans les Spider-man de Sam Raimi, notamment !).

Scream 3 est marqué par le départ du scénariste Kevin Williamson, remplacé par un nouveau venu appelé Ehren Kruger ; cette substitution, souvent décriée par les fans et invoquée comme raison à la déconfiture de la série, est pourtant assez peu sensible à la vision du film : le mystère qui entoure l'identité de Ghostface est toujours aussi dense, la cinéphilie exacerbée des dialogues transparaît de manière identique (même si le seul film à être cité explicitement est Psychose – le grand-père du slasher, cité ici de manière directe et contextuelle)… Finalement, ce qui fait la différence entre cet épisode et les précédents, c'est plutôt le ton insufflé par le réalisateur Wes Craven, probablement lassé de toutes ces boucheries : remplaçant la satire, la comédie pure et simple pointe le bout de son nez à plusieurs reprises. Apparitions en clin d'œil de Roger Corman et du duo Jay & Silent Bob, prestation drolatique de Carrie Fisher, humour quasiment slapstick par moments : la distanciation devient telle qu'on se surprend à ne sursauter que grâce à l'usage du
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fameux "jump scare", qui consiste à faire surgir un personnage à l'écran en l'accompagnant d'un pic musical strident. Craven use et abuse de l'effet, au point de l'exposer (délibérément ?) comme un artifice facile de film d'horreur.

Pourtant, ce troisième volet s'avère plus agréable que le précédent, grâce au changement de décor et à la nouvelle approche qui en résulte. Nous sommes à Hollywood, les paillettes jonchent le sol, et les gens que vous croisez sont des clones de vous-mêmes (qui parfois, comme l'actrice incarnant Gail, prétendent être PLUS VOUS QUE VOUS). Il y a de quoi devenir fou, surtout quand l'intrigue vous réserve une conclusion capillotractée, qui a l'avantage d'être plus inventive que celle de Scream 2. Le casting est inégal, mais on y trouve le toujours sympa Lance Henriksen, la blonde Jenny McCarthy dans un numéro d'autodérision digne de Carmen Electra dans Scary Movie, et un Patrick Dempsey jeunot, pas encore titulaire du rôle de Docteur Mamour dans Grey's Anatomy. Neve Campbell, quant à elle, semble surtout pressée de quitter la série, contrairement à ses partenaires Courteney Cox et David Arquette, qui s'amusent d'autant plus ensemble qu'ils sont désormais mariés à la ville. Les trois reviendront onze ans plus tard dans Scream 4, bien que Cox et Arquette soient désormais séparés. L'un d'eux finira-t-il par se cacher derrière le masque du tueur ? La saga peut-elle encore faire frémir ? Réponse actuellement dans les salles obscures, là où tout le monde vous entend crier…

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Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

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