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Sam je suis Sam

Sam Dawson est un modeste employé de café, contraint d'élever seul sa fille depuis le départ attendu de la mère à sa naissance. Désormais, rien au monde ne compte plus qu'elle à ses yeux. Mais voici qu'après quelques années, les services sociaux lui retirent son droit de garde, le jugeant inapte à parfaire son éducation de jeune fille.

Seul au monde, Sam Dawson tente l'impossible pour regagner sa fille, ce qui l'amène à s'adresser à la célèbre Rita Harrison, une jeune avocate en pleine ébullition. Dans la douleur, celle-ci accepte de le défendre judiciairement sans lui réclamer la moindre somme d'argent. Progressivement et au-delà de tout préjugé, elle va découvrir la force exceptionnelle du lien qui unit Sam à Lucy.

Puisque Sam est mentalement déficient...

En chinois, il n'existe qu'un seul idéogramme pour désigner le coeur et l'esprit. En témoignent les paroles de ce couplet, extrait de la traduction occidentale d'un chant de Hsing Ming. La nature du coeur-esprit ne vient de nulle part. A quoi bon connaissance et idées ? Originellement, pas une seule vérité, Alors pourquoi parler de pratique ? Allées et venues sans fin, Chercher sans trouver, Autant ne rien faire...

Une poignée d'années d'études à caractère scientifique auront certainement quelque peu cartésianisé le cours de mes perceptions, mon mode de pensée actuelle. Si bien qu'à l'issue d'un tel acharnement, sous couvert d'un sentimentalisme délivré sans la moindre restriction, mon esprit d'analyse affiche une profonde insatisfaction face au malheureux Sam, qui n'est autre que lui-même. Tout y est à la fois quelconque et grossièrement esquissé et pourrait éventuellement se résumer à une série de clichés tous justes attendrissants. L'enfant n'est-il pas enlevé des bras de son père le jour même de son pas-beaucoup-ième anniversaire ?

Ma forte sensibilité est en revanche pleinement satisfaite. Ce n'est point l'esprit qui domine notre vie, c'est la vie qui sévit et souvent l'asservit. Vraie source de jouvence et d'ardeur juvénile, elle enferme l'esprit dans un état servile (Al Akkad, L'esprit et les sentiments). Si l'on admet une part de vérité en cette pensée, reconnaissons les qualités de l'apport de ce nouvel opus tragi-comique, dans lequel l'amour triomphe toujours des situations les plus invraisemblables. Ne pas aimer ce film serait ne rien aimer du tout. Qu'est ce que l'éducation sans amour, en fin de compte ? Mon coeur y perçoit d'étonnantes métaphores à ce sujet, que mon esprit en veilleuse a pris le parti d'ignorer. Il y perçoit également un certain nombre de références à l'univers des Beatles, à l'image du prénom de la ravissante Lucy... in the Sky with Diamonds. Enfin, il n'est pas insensible à la qualité des performances délivrées par Sean Penn et la jeune Dakota Fanning.

Le coeur et l'esprit m'assaillent de remarques toutes plus pertinentes les unes que les autres. Ce conflit interne fait suite au combat auquel se sont livrés et se livrent toujours amateurs et spécialistes au sujet de ce long métrage, fémininement signé Jessie Nelson et Kristine Johnson. Le fait est que l'expérience de son visionnage est d'un grand intérêt. Nul n'est prophète, et cætera. Cette chronique, délibérément inachevée, pourra sembler avare du moindre éclaircissement notable au sujet d'une telle controverse cinématographique. Pour purifier le coeur-esprit, encore faudrait-il le trouver. La vie ne se conçoit que par les sentiments et n'a nul besoin d'esprit ni d'arguments. Pour ma part, je penche donc en faveur de cet optimisme et de mon coeur sans exhiber le moindre commentaire subsidiaire.

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Ong-Bak

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