3.5/10

Safari

La débâcle. Jeu poussif des acteurs, rythme haché, humour tombant à plat... Heureusement, on y voit un éléphant, un lion, une girafe, deux guépards et un costume de singe.

Dacier (Kad Merad) n'a pas le caractère bien trempé. Il se fait escroquer par la mafia lors d'une partie de poker, puis, pour payer sa dette, se trouve obligé de se lancer dans un safari africain qui doit le conduire à faire passer une mystérieuse mallette à un contact... Mais Dacier n'est pas un touriste ordinaire, il possède sa propre agence -en ruine- de safari et il n'est pas retourné dans la brousse depuis trente ans et a peur des animaux... Il va jouer le guide, avec le potentiel comique qu'on peut imaginer.

Le regard Dacier
Le regard Dacier
Ce fameux différentiel humoristique ne va cependant guère décoller tout au long de l'aventure. Les quelques bonnes vannes qui laisseront échapper un rire aux spectateurs sont bien trop absentes, et la plupart du temps l'humour tombe à plat. On sait que Kad Merad et Olivier Baroux, le réalisateur, ont une touche comique assez particulière qui ne plaît pas à tous, mais il ne s'agit même pas ici de discuter de cette qualité. Quand on place des pauses avant une chute, assez longues pour que celle-ci ait le temps d'être imaginée par le spectateur, on ne se contente que d'en voir la réalisation, sans penser à en rire. C'est du gâchis, au même titre qu'une bonne blague mal racontée peut être un désastre.

Cela laisse heureusement la place à quelques scènes où le rythme est suffisamment bien ciselé pour permettre d'être surpris par le décalage ou la référence implicite. C'est là on l'on s'amuse le plus. Le singe, muet forcément, qui s'appelle Bernardo, les références à d'autres films, etc. Autant de petits plaisirs vite éclipsés par l'allure inadéquate de l'ensemble.

Le retour de Rabbi Jacob ?
Le retour de Rabbi Jacob ?
L'aspect aventure pourrait sauver le film du naufrage, mais c'est sans compter des challenges inexistants et des rebondissements complètement hachés, qui font penser qu'on aurait pu monter le film dans le désordre, sans pour autant en faire une œuvre plus mauvaise.

Si encore on était réellement immergé dans l'histoire grâce au talent des acteurs, on pourrait être indulgent. Mais ce n'est pas ici que les comédiens révèlent leur don. Pour la plupart, on les a déjà vus meilleurs ailleurs. Quelqu'un a du les pousser à jouer sans naturel, en débitant des phrases sans réfléchir à leur sens. Mais qui se cache dans le costume de singe ?
Mais qui se cache dans le costume de singe ?
Ainsi, si Lionel Abelanski (Benoît) est acceptable dans son rôle d'ahuri, que Valérie Benguigui est bonne dans ses phases hystériques et que Frédérique Bel (Fabienne) sait jouer la suavité, Guy Lecluyse (Bertrand) est bien trop juste dans son costume de balourd et David Saracino (Rémi) carrément mauvais lors de ses tirades. On finit par se demander s'il ne s'agit pas d'un mauvais film amateur qui aurait réussi à récolter de gros budgets pour la réalisation.
Certes, on peut répliquer que la comédie doit se jouer de manière exagérée et peu réaliste pour être encore plus attrayante, mais ce serait oublier que la spontanéité doit alors y jouer un grand rôle.

Safari montre malgré tout quelques jolies images et une (courte) brochette d'animaux, mais c'est un bien maigre réconfort pour une telle déroute.

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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