6/10

Running out of time - DVD

Critique du film et du DVD

LE FILM

Après avoir amené Fulltime Killer (2001) sur le territoire français, et ainsi y avoir posé une nouvelle pierre de la filmographie de Johnny To, CTV International récidive en piochant dans les films plus anciens (mais pas pour autant déméritant ) du réalisateur chinois et en les distribuant en double-DVD. Running Out Of Time ramène une nouvelle fois le chanteur - acteur Andy Lau, célébrité chinoise, sous la coupe de To, cette fois-ci opposé à une autre star du cinéma asiatique complètement méconnue du public français, Lau Ching-Wan, pour un classique face à face du flic contre le truand.

Peter Cheung se sait condamné par le cancer. Plus que quatre semaines à vivre. Pour ces derniers jours, il prend la décision de venger la mort de son père, en dérobant une rarissime pierre précieuse à l'assassin, et échafaude un plan pour le mettre définitivement sous les verrous. Pour se faire, l'assistance d'un policier compétent est fondamentale, et c'est ainsi qu'il attire l'inspecteur Ho Sheung-Sang dans un jeu de chat et souris qui durera trois jours...

Un nouveau polar chinois, oui, mais écrit par la main de deux français, Julien Carbon et Laurent Courtiaud, ce qui n'est pas forcément un gage de qualité (ils sont à l'origine du Talisman). Car l'histoire de Running Out Of Time, malgré un début plutôt alléchant, se montre rapidement très conventionnelle, dans le fond comme dans la forme. En extérieur, Johnny To se pose tranquillement sur ses acquis et filme son polar comme il l'a toujours fait, sans chercher véritablement à innover. Le réalisateur déplace sa caméra ici et là, multiplie les travellings et les excentricités sur la vitesse des mouvements de caméra (accélération / ralenti), et rythme son film sur les battements de coeur et les vomissements de son héros. Une grande qualité tout du moins : l'équilibre précaire sur lequel se tient Cheung en prend une autre saveur. Ou peut-être est-ce dû au charisme de Andy Lau, sobre et posé, qui insuffle à son personnage le standing nécessaire d'un homme au bout du chemin, qui n'a rien à perdre mais tout à gagner même s'il vit ces derniers jours. Ching-Wan lui réplique une bonne interprétation, mais perd un peu de son jeu dans les moments plus légers du film (comme ceux l'opposant à son supérieur). Car Running Out Of Time cultive également un humour particulièrement asiatique, dénaturant indéniablement le propos principal et l'empêchant d'être vraiment pris au sérieux, impression renforcée par un certain nombre de scènes d'action pas tellement réussies de surcroît. Et, d'une manière plus restreinte, le scénario implique une sentimentalité amoureuse quasi survolée mais pourtant très finement amenée, presque romantique, qui approndit le portrait d'un personnage pourtant dans ses grandes lignes très stéréotypé.

Un polar oscillant entre le assez bon et le moyen, souvent en manque de rythme et fourré d'un humour un peu hors de propos. Andy Lau et Lau Ching-Wan rivalise de talent, avec un certain avantage au criminel au grand coeur qui se montre tour à tour énigmatique, touchant, et romantique.

LE DVD

Une édition deux DVD, qui pêche principalement sur le côté sonore pour le film, puisque que le Dolby Digital 5.1 brille par son absence et se voit remplacé par un surround (format orignal du film) évidemment un brin décevant. Et ce, en français comme en mandarin. L'image, quant à elle, ne souffre que de quelques imperfections assez peu visibles, comme de petites craquelures blanches à certains moments du film, rien de bien sérieux.
Si le menu du premier DVD fait dans le classique, le second s'offre une petite originalité en ordonnant ses bonus selon une carte des métros de Hong-Kong.

LES BONUS (environ 4H)

- Commentaires audio des scénaristes Laurent Courtiaud et Julien Carbon.

- Hong-Kong Stories (51 mn)
Un reportage sur les deux co-scénaristes du film, les français Julien Carbon et Laurent Courtiaud, qui étalent leur culture du cinéma chinois avec une passion non mesurée, passant allégrement de Woo à Tsui Hark, le tout chemin faisant dans la ville de Hong-Kong. Ils n'hésitent pas à raconter quelques anecdotes de tournage (comme la scène du tramway de The Killer), des faits divers locaux (la mutilation d'une prostituée et les films qui en ont découlé), et même à exposer leur théorie sur l'homosexualité des héros des films d'actions chinois (et en l'occurrence, ceux de Running Out Of Time). Intéressant.

- Interviews de Johnny To (13 mn), des scénaristes Courtiaud et Carbon (22 mn), de Lau Ching Wang (25 mn), du compositeur Raymond Wong (27 mn), et de Andy Lau (sous forme de textes).
Le réalisateur Johnny To nous explique comment s'est déroulé la collaboration avec les scénaristes français, la chance qu'il a pu avoir de réunir deux acteurs très côtés du cinéma asiatique, et les difficultés qu'il a rencontré dans la production de Running Out Of Time. Courtiaud et Carbon reviennent sur les circonstances de leur rencontre et de leur collaboration avec Johnny To, les contraintes d'écriture d'un script réclamé sous dix jours et les concessions faites sur certaines scènes, et leurs relations avec les acteurs. Lau Ching Wang s'attarde sur sa collaboration indéniablement « professionnel » avec Andy Lau, sur les aspects de son personnage dans les deux Running Out Of Time, commente même quelques scènes du deuxième opus, et témoigne de la façon de travailler chez MilkyWay (la société de production de Johnny To). Raymong Wong conte les débuts de sa carrières, et expose ses différentes collaborations (Tsui Hark, Johnny To, etc) et travaux.
L'intégrale de ses interviews a été réalisé à l'ancienne, c'est à dire majoritairement en plan fixe, sans montage particulier, et surtout sans coupure promotionnelle. Si celles de Johnny To et de Lau Ching Wang passent plutôt bien, les autres entretiens sont nettement plus ennuyeux malgré un bon nombre d'informations intéressantes.

- Bandes-Annonces CTV International : Running Out Of Time (VO et VF), Volcano High, Memento Mori, Bangkok Haunted, 2009 Lost Memories, Fulltime Killer, Joint Security Area, Détour Mortel, Influences.

CONCLUSION

Un film pas foncièrement mauvais mais semble-t-il un peu trop conventionnel, valant néanmoins son poids de tickets de cinéma par la performance de ses deux acteurs principaux.
Un DVD correctement réalisé, qui souffre toutefois de l'absence d'un piste 5.1 (Stéréo Surrond sur les versions VF et VO).
Des bonus classiques, surtout focalisés sur le travail des scénaristes français, mais en quantité et qualité très acceptable.

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Paycheck

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