9/10

Rumba, le film où l'on ne danse presque pas

Fiona et Dom partagent une passion pour la danse latino et sont très amoureux. Leur maison est pleine de trophées. Une nuit, de retour d'un concours, ils tentent d'éviter un suicidaire naïf, planté au milieu de la route et c'est l'accident. Fiona se retrouve alors amputée d'une jambe, et Dom affublé d'une amnésie rétrograde (l'amnésie la plus connue, qui est la perte de mémoire des évènements pré-traumatiques), mais aussi antérograde (la perte de mémoire dites à la Dori, ou de poisson rouge, où le sujet connait des difficultés à fixer de nouvelles information dans son cerveau)...


Le seul vrai moment de danse, au début du film


Ne pas croire d'entrée que dans ce film on danse tout le temps. Loin, très loin de là... A l'heure où les films font la part belle aux dialogues, un peu trop parfois (ils sont souvent trop bavards: combien de fois les héros s'en sortent parce que les méchants parlent trop ?) la découverte d'un film quasiment muet est un véritable bol d'air frais.
Les auteurs, à la fois réalisateurs et acteurs principaux, s'accaparent une multitude de références de façon formidable. Le film se regarde avec une légèreté déconcertante. L'humour décalé, parfois absurde et souvent cruel, et cette façon de raconter essentiellement par l'image peut très bien faire penser à Mister Bean, mais Rumba est bien plus qu'un film humoristique. Formellement superbe, quasiment chaque plan est un tableau coloré, où les décors pourtant simples sont transcendés, où des cages de handball dessinées sur le mur d'un gymnase peuvent devenir magnifiques et donner un aspect original à l'esthétique du film.

Si la mise en scène peut rappeler le théâtre ou même l'art de rue, Rumba reste néanmoins bien un film de cinéma pur et dur. En témoignent cette importance du cadre et certaines scènes au burlesque typiquement cinématographique.
Le ton, l'esthétique et l'univers narratif ne sont pas ses seules qualités: la relation entre les deux protagonistes principaux parvient à être aussi absurde que touchante. Rare sont les cinéastes qui parviennent à accomplir un tel film, où l'univers décalé et la légèreté ambiante n'empêchent pas l'émotion de filtrer, au contraire même ils la rendent encore plus touchante. Je pense à Kusturica, ou Fellini ... Rien de moins...


Je me materais bien L'iceberg maintenant, précédent film de la petite troupe...


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