4.5/10

ruines (Les)

Une bande de jeunes cools se rendent sur un lieu sacré et le paient cher. Un film d'horreur avec de belles plantes (dans tous les sens du termes) mais peu d'idées.

Il y a des films d'horreur qui révolutionnent le genre. Et puis il y a la masse des bobines interchangeables où une poignée d'adolescents se fait invariablement débiter en rondelles après avoir été mise en garde par un mystérieux  autochtone. Les ruines, premier long métrage d'un nommé Carter Smith, d'après un scénario de Scott B. Smith. Aucun lien de parenté (comme dans Piège de cristal !), mais le deuxième est déjà derrière le polar Un plan simple de Sam Raimi, qui date d'il y a déjà dix ans.

Bon, hop, le résumé : après avoir été mise en garde par un mystérieux autochtone, une poignée d'adolescents se fait débiter en rondelles par les esprits maléfiques qui protègent un temple maya. Le casting n'a rien pour faire friser les poils : Jonathan Tucker, aperçu dans un petit rôle du film de Paul Haggis Dans la vallée d'Elah ; Laura Ramsey, vue dans Le pacte du sang de Renny Harlin il y a deux ans ; et Shawn Ashmore, le frère Ashmore qui joue Bobby Drake dans la trilogie X-Men (par opposition à son jumeau Aaron, qui joue Jimmy Olsen dans Smallville). Un air de famille ?
Un air de famille ?
L'argument autour duquel la troupe se trouve réunie est bien mince, et malgré la jaquette référentielle et la présence de plantes vivantes (ce n'est pas un spoiler, c'est sur la jaquette en question), Les ruines n'a rien d'un nouvel Evil dead. Pas d'humour, pas de démesure à la Sam Raimi (tiens, le revoilà dans le texte, mais en fait non), le film de Carter Smith se prend au sérieux et entend bien filer les miquettes à son public. Malheureusement, et malgré une qualité technique irréprochable (Darius Khondji à l'image, dans un registre solaire qui l'emmène bien loin de Delicatessen et Seven), rien ici ne vient secouer le petit monde trop codé du film d'horreur ; les protagonistes n'inspirent pas d'empathie particulière, leur massacre progressif ne tire qu'un bâillement lassé, et les effets gore indispensables ne constituent qu'un ingrédient jeté négligemment dans un gâteau impersonnel. On sauvera le décor, pour peu qu'on apprécie l'architecture maya, mais le reste n'est que stéréotype et lieux communs. Dommage, les acteurs ont l'air d'y croire et s'appliquent à vociférer de leur mieux à chaque nouvel incident (sachant que la partie réellement surnaturelle ne se pointe qu'à la moitié du film, et que la seule pointe d'adrénaline ne montre son nez qu'à cinq minutes de la fin).

Si jeunes et déjà des ruines
Si jeunes et déjà des ruines
Avec ses allures de coup d'épée dans l'eau, Les ruines n'a pourtant rien de catastrophique pour la carrière de réalisateur de Carter Smith, ni pour l'avenir de producteur de Ben Stiller (qui intervient rapidement dans les bonus pour dire qu'il croit à fond au film) ; on attend simplement le prochain essai, en espérant un scénario plus original ou prenant.

Dans Entertainment Weekly, on apprend néanmoins qu'il s'agirait d'un des dix meilleurs films de 2008 selon Stephen King ; néanmoins, il n'est qu'en huitième place et rien n'interdit de penser que King n'a vu que dix ou onze films dans l'année...


Pour les amateurs qui voudraient se procurer le DVD, celui-ci fournit une palette correcte de bonus informatifs : la bande-annonce ; un commentaire du réalisateur et du monteur Jeff Betancourt (qui a également dirigé le tournage de la seconde équipe) ; une featurette promotionnelle de 14 minutes (Tournage) ; 15 minutes sur les effets spéciaux (La mort rampante, le titre kitsch par excellence) ; 6 minutes sur les décors (Construction des ruines) ; et quatre scènes coupées commentées, là aussi, par le réalisateur et le monteur.

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Louise-Michel

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3 commentaires

  • Lestat

    28/12/2008 à 12h11

    Répondre

    A défaut de révolutionner quelque chose (vive l'accroche racoleuse, en passant...), Les Ruines est un petit machin sympathique, qui propose un concept intéressant : le huis-clos à ciel ouvert, que Carter SMith gère plutôt bien.


     Sinon c'est assez gore, pas vraiment drôle -on se croitait dans un film italien d'il y a 20 ans- et la plante est digne d'une production Amicus.


    Un patchwork de tout un tas de chose -Hostel, la Plage, la Crypte...- qui ne mérite pas vraiment le mépris.

  • Anonyme

    28/12/2008 à 18h34

    Répondre

    "la pré­sence de plantes vi­vantes"... pourquoi, les autres sont des plantes mortes?





    L'adjectif aproprié n'aurait-il pas été "carnivores"?

  • Anonyme

    26/12/2009 à 06h52

    Répondre

    la critique n'est vraiment pas terrible


     


    c'est un très bon survival pour tous les amateurs du genre


     


    et comme le dis Lestat le 8 clos est très bien mené


     


    à voir

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